Fiche pastorale 04 – Après l’annonce d’une maladie grave

Fiche pas­to­rale 04 – Après l’annonce d’une mala­die grave

Com­prendre la situa­tion

L’annonce d’une mala­die grave peut bou­le­ver­ser pro­fon­dé­ment une per­sonne. Cer­tains patients sou­haitent par­ler immé­dia­te­ment ; d’autres demeurent silen­cieux. Cer­tains posent des ques­tions sur l’avenir, tan­dis que d’autres ont sur­tout besoin de com­prendre ce qui vient de leur être annon­cé.

L’aumônier ne doit pas cher­cher à don­ner trop rapi­de­ment un sens à la mala­die. Il ne connaît ni toutes les cir­cons­tances médi­cales ni les des­seins par­ti­cu­liers de Dieu. Sa pre­mière res­pon­sa­bi­li­té consiste à écou­ter, à accueillir la parole du malade et à dis­cer­ner ce qui pour­rait lui être utile.

Il évi­te­ra les affir­ma­tions qui pré­sentent la mala­die comme une puni­tion divine ou qui pro­mettent une gué­ri­son cer­taine.

Il pour­ra deman­der sim­ple­ment :

« Sou­hai­tez-vous que nous pre­nions un moment pour lire un pas­sage de la Bible et prier ensemble ? »

Si la per­sonne accepte, plu­sieurs textes sont pos­sibles.

Lec­tures bibliques pro­po­sées : Psaume 46.2–4 ; Ésaïe 43.1–3 ; Romains 8.31–39.

Pre­mière médi­ta­tion – Un refuge lorsque tout vacille

Lec­ture : Psaume 46.2–4.

Il arrive qu’une seule nou­velle change notre manière de regar­der l’a­ve­nir.

Avant, nous avions des pro­jets. Nous pen­sions aux semaines et aux mois qui viennent. Nous ima­gi­nions que cer­taines choses allaient conti­nuer comme aupa­ra­vant.

Puis une mala­die grave est annon­cée, et beau­coup de cer­ti­tudes semblent dis­pa­raître.

La Bible ne nous demande pas de pré­tendre que cette nou­velle est sans impor­tance. Elle ne nous demande pas non plus de cacher notre inquié­tude.

Le Psaume 46 parle d’un monde qui semble perdre sa sta­bi­li­té. La terre chan­celle, les mon­tagnes sont ébran­lées. Pour­tant, au milieu de ce bou­le­ver­se­ment, le psal­miste confesse que Dieu demeure un refuge.

Cela ne signi­fie pas que nous connais­sons déjà l’is­sue de la mala­die. Nous ne pou­vons pas affir­mer que tout se dérou­le­ra comme nous le sou­hai­tons.

Mais nous pou­vons savoir que notre vie n’é­chappe pas au regard de Dieu.

En Jésus-Christ, Dieu s’est appro­ché de notre condi­tion humaine. Le Sei­gneur Jésus a connu la souf­france, les larmes et la mort. Il n’est pas étran­ger à notre fai­blesse.

Aujourd’­hui, nous pou­vons donc lui pré­sen­ter nos ques­tions, notre inquié­tude et même notre incom­pré­hen­sion.

Nous pou­vons deman­der la gué­ri­son. Nous pou­vons prier pour les méde­cins et pour les trai­te­ments. Nous pou­vons aus­si deman­der la force de tra­ver­ser chaque jour­née.

La foi ne consiste pas à nier ce qui nous arrive. Elle consiste à cher­cher notre refuge auprès du Sei­gneur, pré­ci­sé­ment lorsque nos propres forces ne suf­fisent plus.

Prière pro­non­cée par l’au­mô­nier

Sei­gneur notre Dieu,

Nous venons devant toi avec cette nou­velle qui bou­le­verse tant de choses.

Tu connais les inquié­tudes qu’elle fait naître, les ques­tions qui demeurent sans réponse et les craintes concer­nant l’a­ve­nir.

Nous te confions cette per­sonne et la mala­die qui vient de lui être annon­cée.

Accorde aux méde­cins la sagesse néces­saire pour pro­po­ser les soins appro­priés. Nous te deman­dons que ces soins soient effi­caces et qu’ils puissent appor­ter gué­ri­son ou sou­la­ge­ment.

Sou­tiens éga­le­ment ses proches, qui devront apprendre à tra­ver­ser cette épreuve à ses côtés.

Garde-nous de paroles faciles et de pro­messes que nous ne pou­vons pas faire.

Apprends-nous à vivre chaque jour­née avec confiance, sans dis­si­mu­ler la réa­li­té.

Que ta Parole nous rap­pelle que notre espé­rance repose en Jésus-Christ, mort et res­sus­ci­té.

C’est en son nom que nous te prions.

Amen.

Deuxième médi­ta­tion – Rien ne peut nous sépa­rer de l’a­mour de Dieu

Lec­ture : Romains 8.31–39.

Lorsque la mala­die sur­vient, nous pou­vons nous deman­der si Dieu nous a aban­don­nés.

Pour­quoi main­te­nant ? Pour­quoi cette épreuve ? Pour­quoi cette souf­france ?

Ces ques­tions ne sont pas néces­sai­re­ment le signe d’un manque de foi. Elles peuvent expri­mer la pro­fon­deur de notre détresse.

Dans sa lettre aux Romains, l’a­pôtre Paul évoque des souf­frances bien réelles. Il parle de détresse, d’an­goisse, de per­sé­cu­tion, de dan­ger et même de mort.

Il ne pré­sente pas la vie chré­tienne comme une exis­tence pro­té­gée de toute épreuve.

Mais il affirme que rien ne peut sépa­rer ceux qui appar­tiennent à Jésus-Christ de l’a­mour de Dieu mani­fes­té en lui.

Cette assu­rance ne repose pas sur notre état de san­té.

Elle ne dépend pas de notre capa­ci­té à res­ter cou­ra­geux, ni de la force de nos émo­tions.

Elle repose sur l’œuvre de Jésus-Christ.

Le Christ a don­né sa vie pour les pécheurs. Il est res­sus­ci­té. Il inter­cède pour ceux qui mettent leur confiance en lui.

Voi­là pour­quoi l’es­pé­rance chré­tienne demeure pos­sible, même lorsque nous ne savons pas ce que les pro­chains mois nous réservent.

Nous pou­vons deman­der au Sei­gneur de nous gué­rir. Nous pou­vons éga­le­ment lui deman­der de nous sou­te­nir si le che­min devient plus dif­fi­cile.

Et sur­tout, nous pou­vons cher­cher en Jésus-Christ une espé­rance plus pro­fonde que la seule pers­pec­tive de retrou­ver la san­té.

Prière pro­non­cée par l’au­mô­nier

Père céleste,

Nous te remer­cions pour l’a­mour que tu as mani­fes­té en Jésus-Christ.

Nous te pré­sen­tons aujourd’­hui cette mala­die, avec ses incer­ti­tudes et les souf­frances qu’elle pour­rait entraî­ner.

Donne à cette per­sonne la force de rece­voir les soins néces­saires, le cou­rage de poser ses ques­tions et la liber­té d’ex­pri­mer ce qu’elle res­sent.

Nous te deman­dons de lui accor­der gué­ri­son et sou­la­ge­ment.

Mais lorsque nos demandes demeurent sans réponse, garde-nous de croire que tu nous as aban­don­nés.

Par ton Saint-Esprit, conduis-nous vers Jésus-Christ et affer­mis notre confiance dans les pro­messes de ton Évan­gile.

Sou­tiens les proches, les soi­gnants et tous ceux qui accom­pa­gne­ront cette per­sonne.

Que ta grâce nous suf­fise pour aujourd’­hui.

Au nom de Jésus-Christ.

Amen.

Indi­ca­tions pra­tiques pour l’au­mô­nier

Ces deux médi­ta­tions ne doivent pas être pro­non­cées suc­ces­si­ve­ment par prin­cipe. L’au­mô­nier choi­si­ra celle qui convient à la situa­tion et à la dis­po­ni­bi­li­té de la per­sonne.

La pre­mière convient par­ti­cu­liè­re­ment lorsque l’an­nonce vient d’être faite et que le malade éprouve un sen­ti­ment de bou­le­ver­se­ment.

La seconde sup­pose que la per­sonne accepte d’en­tendre une pro­cla­ma­tion plus expli­cite de l’es­pé­rance chré­tienne. Il convient de dis­tin­guer l’as­su­rance biblique don­née à ceux qui appar­tiennent au Christ d’une assu­rance per­son­nelle que l’au­mô­nier ne peut attri­buer sans dis­cer­ne­ment à toute per­sonne ren­con­trée.

Si le patient sou­haite sur­tout par­ler, la médi­ta­tion peut être dif­fé­rée. Une pré­sence silen­cieuse, une écoute atten­tive et une prière très brève seront par­fois plus appro­priées.

Sta­tut édi­to­rial : pre­mier jet ori­gi­nal, à confron­ter aux res­sources exis­tantes de CULTE et aux cha­pitres du manuel avant inté­gra­tion.