Soldat en prière au combat

Servir le bien commun

« Recher­chez la paix de la ville où je vous ai emme­nés en cap­ti­vi­té, et priez l’Éternel en sa faveur ; parce que votre paix dépend de la sienne. »
Jéré­mie 29.7

Le sol­dat n’est pas appe­lé à ser­vir la vio­lence pour elle-même, ni à recher­cher la puis­sance pour la puis­sance. Dans la pers­pec­tive biblique, son ser­vice s’inscrit dans une res­pon­sa­bi­li­té plus large : contri­buer à la pro­tec­tion de la socié­té, à la défense des plus faibles et au main­tien d’un ordre juste. Le bien com­mun n’est pas une idée vague ; il désigne les condi­tions concrètes qui per­mettent à une com­mu­nau­té humaine de vivre en paix, dans la jus­tice et la sécu­ri­té. La Sainte Écri­ture invite donc à réflé­chir à la voca­tion mili­taire non comme à un simple métier de force, mais comme à une forme exi­geante de ser­vice du pro­chain.

Étude biblique

Textes bibliques

Ancien Tes­ta­ment
Jéré­mie 29.7

Épître
1 Pierre 2.13–17

Évan­gile
Mat­thieu 5.13–16

Pour­quoi ces trois textes ?

Jéré­mie 29.7 a été choi­si parce qu’il exprime avec une grande clar­té l’idée de recherche du bien de la cité. Même en terre étran­gère et en situa­tion d’exil, le peuple de Dieu reçoit l’ordre de tra­vailler à la paix de la ville. Ce texte offre un fon­de­ment biblique fort pour pen­ser le ser­vice du bien com­mun.

1 Pierre 2.13–17 pro­longe cette pers­pec­tive en rap­pe­lant le res­pect dû aux auto­ri­tés et la res­pon­sa­bi­li­té des croyants dans la socié­té. Le pas­sage per­met de réflé­chir à la place de l’autorité, de l’ordre public et du ser­vice ren­du à la com­mu­nau­té humaine sous le regard de Dieu.

Mat­thieu 5.13–16 a été rete­nu parce que Jésus y défi­nit la voca­tion de ses dis­ciples comme une pré­sence béné­fique dans le monde : sel de la terre, lumière du monde. Ce texte éclaire le thème en mon­trant que le chré­tien est appe­lé à exer­cer une influence juste, visible et utile au sein de la socié­té.


Exégèse

Pour com­prendre la por­tée du thème « Le sol­dat au ser­vice du bien com­mun », il est néces­saire de reve­nir d’abord au sens des textes bibliques eux-mêmes. L’exégèse per­met de situer chaque pas­sage dans son contexte his­to­rique et théo­lo­gique, d’expliquer les mots impor­tants dans les langues ori­gi­nales et de déga­ger le mes­sage cen­tral de l’Écriture.

Les trois textes rete­nus pro­viennent de contextes dif­fé­rents : l’exil d’Israël à Baby­lone, l’enseignement apos­to­lique adres­sé aux pre­mières com­mu­nau­tés chré­tiennes et l’enseignement direct de Jésus. Ensemble, ils offrent une pers­pec­tive cohé­rente sur la res­pon­sa­bi­li­té des croyants dans la socié­té et sur la recherche du bien com­mun.


Jérémie 29.7

« Recher­chez la paix de la ville où je vous ai emme­nés en cap­ti­vi­té, et priez l’Éternel en sa faveur ; parce que votre paix dépend de la sienne. »

Contexte du pas­sage

Le pro­phète Jéré­mie écrit cette parole aux Israé­lites dépor­tés à Baby­lone au VIᵉ siècle avant Jésus-Christ. Le peuple se trouve alors en situa­tion d’exil, loin de sa terre et sou­mis à une puis­sance étran­gère.

Cer­tains pro­phètes annon­çaient un retour rapide à Jéru­sa­lem et encou­ra­geaient une atti­tude de résis­tance pas­sive. Jéré­mie trans­met au contraire une parole sur­pre­nante : les exi­lés doivent s’installer dans la ville étran­gère, tra­vailler à sa pros­pé­ri­té et prier pour elle.

Sens des mots impor­tants

Paix – שָׁלוֹם (sha­lom)

Le mot hébreu sha­lom ne signi­fie pas seule­ment l’absence de guerre. Il désigne un état de bien-être glo­bal : sécu­ri­té, jus­tice, pros­pé­ri­té et har­mo­nie sociale. Cher­cher la paix de la ville signi­fie donc recher­cher son bien et sa sta­bi­li­té.

Recher­cher – דָּרַשׁ (darash)

Ce verbe signi­fie cher­cher acti­ve­ment, pour­suivre un objec­tif avec déter­mi­na­tion. Il implique une démarche volon­taire et constante. Les exi­lés ne doivent pas se conten­ter de subir leur situa­tion : ils doivent contri­buer acti­ve­ment au bien de la cité.

Ville – עִיר (ʿir)

La ville repré­sente ici l’ordre social et poli­tique dans lequel vivent les exi­lés. Même sous un pou­voir étran­ger, ils sont appe­lés à par­ti­ci­per à la vie col­lec­tive et à tra­vailler à la pros­pé­ri­té de la com­mu­nau­té.

Sens théo­lo­gique

Ce pas­sage enseigne un prin­cipe impor­tant : même dans une situa­tion poli­tique impar­faite, le peuple de Dieu est appe­lé à recher­cher le bien de la socié­té dans laquelle il vit.

La foi ne conduit pas au retrait du monde, mais à une res­pon­sa­bi­li­té active dans la vie de la cité.

Appli­ca­tion au thème

Dans la pers­pec­tive du ser­vice mili­taire, ce texte rap­pelle que le ser­vice du pays et la pro­tec­tion de la socié­té peuvent être com­pris comme une manière concrète de recher­cher le bien com­mun.

Le sol­dat ne sert pas seule­ment une ins­ti­tu­tion ou une auto­ri­té humaine. Son action par­ti­cipe à la pro­tec­tion de la paix civile, ce que la Bible appelle sha­lom.

Lien avec la théo­lo­gie de l’alliance

Dans la théo­lo­gie biblique de l’alliance, Dieu appelle son peuple à être une béné­dic­tion pour les nations (Genèse 12.3). Cher­cher la paix de la ville s’inscrit dans cette voca­tion : vivre dans le monde de manière à contri­buer à la jus­tice et à la sta­bi­li­té de la socié­té.


1 Pierre 2.13–17

« Soyez sou­mis, à cause du Sei­gneur, à toute auto­ri­té éta­blie par­mi les hommes, soit au roi comme sou­ve­rain, soit aux gou­ver­neurs comme envoyés par lui pour punir les mal­fai­teurs et pour approu­ver les gens de bien. Car c’est la volon­té de Dieu qu’en pra­ti­quant le bien vous rédui­siez au silence les hommes igno­rants et insen­sés. »

Contexte du pas­sage

La pre­mière épître de Pierre est adres­sée à des com­mu­nau­tés chré­tiennes vivant dans dif­fé­rentes pro­vinces de l’Empire romain. Ces croyants vivent dans une socié­té païenne où ils sont par­fois incom­pris, soup­çon­nés ou mar­gi­na­li­sés.

Dans ce contexte, l’apôtre Pierre donne des ins­truc­tions sur la manière dont les chré­tiens doivent vivre au sein de la socié­té. Il les encou­rage à adop­ter une conduite irré­pro­chable, afin que leur com­por­te­ment témoigne de leur foi.

Le pas­sage se situe dans une sec­tion de l’épître consa­crée à la vie sociale : rela­tion avec les auto­ri­tés, rela­tions entre maîtres et ser­vi­teurs, rela­tions fami­liales. L’objectif est de mon­trer que la foi chré­tienne trans­forme la manière de vivre dans toutes les dimen­sions de la socié­té.

Sens des mots impor­tants

Auto­ri­té – ἀνθρωπίνη κτίσις (anthrō­pinē kti­sis)

L’expression peut être tra­duite lit­té­ra­le­ment par « ins­ti­tu­tion humaine ». Elle désigne les struc­tures poli­tiques et admi­nis­tra­tives qui orga­nisent la vie col­lec­tive. Pierre recon­naît que ces ins­ti­tu­tions jouent un rôle dans l’ordre social.

Sou­mis – ὑποτάγητε (hypo­tagēte)

Le verbe signi­fie se pla­cer sous l’autorité, recon­naître un ordre éta­bli. Il ne s’agit pas d’une sou­mis­sion ser­vile ou abso­lue, mais d’une recon­nais­sance de l’ordre néces­saire au fonc­tion­ne­ment de la socié­té.

Punir les mal­fai­teurs – ἐκδίκησιν κακοποιῶν

L’expression sou­ligne la fonc­tion judi­ciaire et pro­tec­trice de l’autorité poli­tique : main­te­nir l’ordre en sanc­tion­nant le mal.

Sens théo­lo­gique

Ce texte affirme que les auto­ri­tés civiles jouent un rôle dans l’ordre vou­lu par Dieu pour la socié­té. Leur fonc­tion est de limi­ter le mal et de pro­té­ger ceux qui agissent bien.

L’apôtre ne pré­sente pas l’autorité comme par­faite ni abso­lue, mais comme une ins­ti­tu­tion néces­saire pour pré­ser­ver l’ordre social. Les croyants sont donc appe­lés à res­pec­ter cette auto­ri­té et à contri­buer au bien de la com­mu­nau­té par leur conduite.

Appli­ca­tion au thème

Dans le contexte mili­taire, ce pas­sage éclaire la notion de ser­vice du bien com­mun. L’autorité poli­tique et les ins­ti­tu­tions publiques existent notam­ment pour pré­ser­ver la jus­tice et la sécu­ri­té.

Le ser­vice mili­taire s’inscrit dans cette mis­sion : pro­té­ger la socié­té, défendre l’ordre public et garan­tir la sécu­ri­té des popu­la­tions.

Mais le texte rap­pelle aus­si que ce ser­vice doit être exer­cé « à cause du Sei­gneur ». Autre­ment dit, la res­pon­sa­bi­li­té civile et mili­taire est vécue sous le regard de Dieu et dans le res­pect de la conscience.

Lien avec la tra­di­tion réfor­mée

La tra­di­tion réfor­mée a sou­vent sou­li­gné ce prin­cipe. La Confes­sion de foi de La Rochelle (1559), article 39, affirme que Dieu a éta­bli les auto­ri­tés civiles pour main­te­nir la jus­tice et l’ordre dans la socié­té.

Ain­si, ser­vir la com­mu­nau­té et contri­buer à la pro­tec­tion de la socié­té peuvent être com­pris comme une res­pon­sa­bi­li­té légi­time dans l’ordre vou­lu par Dieu.


Matthieu 5.13–16

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui ren­dra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors et fou­lé aux pieds par les hommes.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une mon­tagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le bois­seau, mais on la met sur le chan­de­lier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la mai­son.
Que votre lumière luise ain­si devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glo­ri­fient votre Père qui est dans les cieux. »

Contexte du pas­sage

Ce pas­sage appar­tient au Ser­mon sur la mon­tagne (Mat­thieu 5–7), l’un des ensei­gne­ments les plus impor­tants de Jésus. Après les béa­ti­tudes, Jésus décrit la voca­tion de ses dis­ciples dans le monde.

Les dis­ciples ne sont pas appe­lés à se reti­rer de la socié­té, mais à y vivre de manière visible et béné­fique. Leur vie doit être un témoi­gnage concret qui mani­feste la jus­tice et la bon­té de Dieu.

Sens des mots impor­tants

Sel – ἅλας (halas)

Dans le monde antique, le sel avait plu­sieurs fonc­tions : il ser­vait à conser­ver les ali­ments et à leur don­ner du goût. L’image sug­gère une pré­sence qui empêche la cor­rup­tion et qui donne de la saveur à la vie.

Appli­quée aux dis­ciples, cette image signi­fie que leur pré­sence doit contri­buer à pré­ser­ver et à amé­lio­rer la socié­té.

Lumière – φῶς (phōs)

La lumière sym­bo­lise la véri­té, la jus­tice et la pré­sence de Dieu. Être lumière du monde signi­fie mani­fes­ter par sa conduite les valeurs du Royaume de Dieu.

Bonnes œuvres – καλὰ ἔργα (kala erga)

L’expression désigne des actions justes et visibles qui reflètent la volon­té de Dieu.

Sens théo­lo­gique

Jésus affirme que les dis­ciples ont une res­pon­sa­bi­li­té dans le monde. Leur vie doit être une pré­sence béné­fique pour la socié­té.

Ils ne sont pas appe­lés à domi­ner ou à impo­ser leur foi par la force, mais à agir de manière juste et visible afin que leurs actions glo­ri­fient Dieu.

Cette voca­tion concerne toutes les dimen­sions de la vie sociale.

Appli­ca­tion au thème

Dans le contexte mili­taire, ce pas­sage rap­pelle que la voca­tion chré­tienne ne dis­pa­raît pas dans l’exercice du ser­vice. Le sol­dat chré­tien reste appe­lé à agir avec droi­ture, à pro­té­ger les autres et à contri­buer à la jus­tice.

Être « sel de la terre » et « lumière du monde » signi­fie que la conduite per­son­nelle doit reflé­ter des valeurs telles que la jus­tice, la res­pon­sa­bi­li­té et la pro­tec­tion des plus faibles.

Lien avec la théo­lo­gie de l’alliance

Dans la théo­lo­gie biblique, le peuple de Dieu est appe­lé à être un témoi­gnage pour les nations. Cette voca­tion appa­raît déjà dans l’Ancien Tes­ta­ment, lorsque Dieu appelle Israël à être une béné­dic­tion pour le monde.

Dans l’enseignement de Jésus, cette voca­tion est reprise et élar­gie : les dis­ciples sont appe­lés à vivre dans le monde de manière visible et béné­fique.

Ain­si, la voca­tion chré­tienne peut aus­si s’exprimer dans le ser­vice du bien com­mun et dans la res­pon­sa­bi­li­té sociale.


Outils pédagogiques

Cette sec­tion pro­pose des pistes de réflexion per­met­tant d’appliquer les textes bibliques étu­diés à la vie mili­taire. L’objectif n’est pas seule­ment de com­prendre les pas­sages bibliques, mais aus­si de réflé­chir aux impli­ca­tions concrètes de la foi dans le ser­vice mili­taire.

Ces outils peuvent être uti­li­sés dans dif­fé­rents contextes : étude biblique en groupe, for­ma­tion morale, accom­pa­gne­ment pas­to­ral ou réflexion per­son­nelle.


Ques­tions pour com­prendre les textes

  1. Dans Jéré­mie 29.7, pour­quoi Dieu demande-t-il aux exi­lés de recher­cher la paix de la ville où ils vivent ?
  2. Que signi­fie le mot sha­lom dans ce pas­sage ? En quoi dépasse-t-il la simple idée d’absence de guerre ?
  3. Dans 1 Pierre 2.13–17, quel rôle l’apôtre Pierre attri­bue-t-il aux auto­ri­tés civiles ?
  4. Pour­quoi Pierre demande-t-il aux chré­tiens de pra­ti­quer le bien au sein de la socié­té ?
  5. Dans Mat­thieu 5.13–16, que signi­fie être « le sel de la terre » et « la lumière du monde » ?

Ques­tions pour réflé­chir à la voca­tion mili­taire

  1. En quoi le ser­vice mili­taire peut-il être com­pris comme un ser­vice du bien com­mun ?
  2. Quelles res­pon­sa­bi­li­tés par­ti­cu­lières repose sur ceux qui exercent la force publique ?
  3. Com­ment conci­lier obéis­sance à l’autorité et fidé­li­té à la conscience ?
  4. Com­ment un mili­taire chré­tien peut-il être « sel de la terre » et « lumière du monde » dans son uni­té ?

Lien avec le code du sol­dat

Le code du sol­dat rap­pelle que le mili­taire agit au ser­vice de la nation et qu’il pro­tège les popu­la­tions.

Ques­tions de réflexion :

– En quoi le ser­vice du sol­dat peut-il être com­pris comme une recherche du bien com­mun ?
– Com­ment le code du sol­dat rejoint-il cer­tains prin­cipes bibliques évo­qués dans les textes étu­diés ?


Lien avec le droit de la guerre et les conven­tions de Genève

Les conven­tions de Genève ont pour objec­tif de limi­ter les effets de la guerre et de pro­té­ger les per­sonnes qui ne par­ti­cipent pas direc­te­ment aux com­bats.

Ques­tions de réflexion :

– Pour­quoi est-il impor­tant de poser des limites à l’usage de la force ?
– En quoi la pro­tec­tion des civils et des bles­sés rejoint-elle les prin­cipes bibliques de jus­tice et de pro­tec­tion des plus faibles ?


Lien avec la tra­di­tion chré­tienne

Depuis les pre­miers siècles, les chré­tiens ont réflé­chi à la ques­tion de l’autorité et de la guerre.

Dans la tra­di­tion de la guerre juste, déve­lop­pée notam­ment par Augus­tin et Tho­mas d’Aquin, l’usage de la force peut être consi­dé­ré comme légi­time lorsqu’il vise à pro­té­ger la socié­té et à réta­blir la jus­tice.

Ques­tions de réflexion :

– Quelles condi­tions doivent être réunies pour que l’usage de la force soit mora­le­ment légi­time ?
– Com­ment un mili­taire peut-il exer­cer sa mis­sion tout en res­pec­tant la jus­tice et la digni­té humaine ?


Réfé­rences confes­sion­nelles

La tra­di­tion réfor­mée affirme que l’autorité civile a été ins­ti­tuée par Dieu pour main­te­nir l’ordre et la jus­tice dans la socié­té.

La Confes­sion de foi de La Rochelle (1559), article 39, enseigne que les auto­ri­tés civiles ont pour mis­sion de pré­ser­ver la paix publique et de punir le mal.

Ques­tions de réflexion :

– En quoi cette pers­pec­tive éclaire-t-elle la voca­tion du sol­dat ?
– Com­ment le ser­vice mili­taire peut-il être com­pris comme une res­pon­sa­bi­li­té dans l’ordre social vou­lu par Dieu ?


Exer­cice per­son­nel

Reli­sez les trois textes bibliques étu­diés.

Pre­nez quelques minutes pour réflé­chir à ces deux ques­tions :

– Com­ment ces textes éclairent-ils votre com­pré­hen­sion du ser­vice mili­taire ?
– Quelle atti­tude per­son­nelle ces textes vous invitent-ils à adop­ter dans votre mis­sion ?


Pour le culte

Les élé­ments sui­vants per­mettent d’utiliser ce thème dans le cadre d’un culte d’aumônerie mili­taire.


Méditation

« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde. »
Mat­thieu 5.13–14

Dans le Ser­mon sur la mon­tagne, Jésus ne parle pas d’abord de pou­voir, d’influence ou de domi­na­tion. Il parle de pré­sence : le sel et la lumière.

Le sel agit dis­crè­te­ment, mais il empêche la cor­rup­tion et donne de la saveur. La lumière ne fait pas de bruit, mais elle per­met de voir clair et d’avancer dans la bonne direc­tion.

Pour un mili­taire, ces images prennent un sens par­ti­cu­lier. Le ser­vice mili­taire place sou­vent au cœur de situa­tions com­plexes : res­pon­sa­bi­li­té, dan­ger, déci­sions dif­fi­ciles. Dans ces moments, la ques­tion n’est pas seule­ment ce que l’on fait, mais com­ment on le fait.

Jésus rap­pelle que ses dis­ciples sont appe­lés à être une pré­sence qui pro­tège, qui éclaire et qui agit avec droi­ture.

Dans la vie mili­taire, cela peut se tra­duire par des gestes simples mais essen­tiels : agir avec jus­tice, pro­té­ger les plus faibles, res­ter fidèle à sa conscience et ne pas céder à la bru­ta­li­té ou à l’injustice.

Être « sel de la terre » et « lumière du monde », ce n’est pas se croire meilleur que les autres. C’est vivre de manière à ce que les actions accom­plies contri­buent réel­le­ment au bien de la com­mu­nau­té.

Le ser­vice du bien com­mun devient alors une manière concrète de vivre sa voca­tion.

Dans les moments de ten­sion ou de res­pon­sa­bi­li­té, ces paroles du Christ peuvent deve­nir une prière simple :

Sei­gneur,
apprends-moi à agir avec droi­ture,
à pro­té­ger ceux qui en ont besoin
et à ser­vir avec fidé­li­té.

Amen.


Canevas de prédication

Thème : Le sol­dat au ser­vice du bien com­mun

Textes : Jéré­mie 29.7 ; 1 Pierre 2.13–17 ; Mat­thieu 5.13–16

Introduction

Dans la vie mili­taire, on parle sou­vent de mis­sion, de dis­ci­pline, de cou­rage. Mais der­rière ces mots se trouve une ques­tion plus fon­da­men­tale : pour­quoi ser­vons-nous ?

La Bible donne une réponse claire : le ser­vice humain doit contri­buer au bien de la com­mu­nau­té. L’action du sol­dat n’a de sens que si elle vise la pro­tec­tion de la socié­té et la recherche de la paix.

Les textes que nous venons d’entendre nous aident à com­prendre cette voca­tion.


1. Rechercher le bien de la cité (Jérémie 29.7)

Le pro­phète Jéré­mie s’adresse à des exi­lés vivant dans une ville étran­gère : Baby­lone. On pour­rait ima­gi­ner que Dieu leur demande de se reti­rer ou de résis­ter. Mais la parole de Dieu est sur­pre­nante :

« Recher­chez la paix de la ville… et priez l’Éternel en sa faveur. »

Le mot hébreu uti­li­sé ici est sha­lom, qui signi­fie bien plus que l’absence de guerre : il désigne la sécu­ri­té, la jus­tice, la pros­pé­ri­té et l’ordre de la socié­té.

Autre­ment dit, Dieu demande à son peuple de contri­buer au bien de la com­mu­nau­té dans laquelle il vit.

Cela éclaire aus­si la voca­tion du sol­dat. Ser­vir dans les forces armées n’est pas seule­ment accom­plir un métier : c’est par­ti­ci­per à la pro­tec­tion de la socié­té.

Le ser­vice mili­taire trouve son sens dans cette res­pon­sa­bi­li­té : pré­ser­ver la paix et pro­té­ger les autres.

Illus­tra­tion pos­sible :
Dans une opé­ra­tion, un mili­taire ne pense pas seule­ment à lui-même. Il pense à son uni­té, aux civils, à ceux qui dépendent de la sécu­ri­té que son enga­ge­ment contri­bue à garan­tir.


2. L’autorité au service de la justice (1 Pierre 2.13–17)

L’apôtre Pierre rap­pelle que les auto­ri­tés existent pour une rai­son pré­cise :

« punir les mal­fai­teurs et approu­ver les gens de bien ».

La Bible ne pré­sente pas l’autorité comme un pri­vi­lège per­son­nel, mais comme une res­pon­sa­bi­li­té.

Dans la tra­di­tion chré­tienne, cette idée a conduit à réflé­chir à la légi­ti­mi­té de l’usage de la force : la force n’est jamais jus­ti­fiée pour l’injustice ou la domi­na­tion, mais pour pro­té­ger et main­te­nir la jus­tice.

C’est pour­quoi le mili­taire agit dans un cadre pré­cis : la loi, la dis­ci­pline, les règles d’engagement, le droit de la guerre.

Ces limites ne sont pas une fai­blesse : elles rap­pellent que la force doit tou­jours être mise au ser­vice du bien com­mun.

Appli­ca­tion :
Un sol­dat ne sert pas la vio­lence. Il sert la pro­tec­tion de la socié­té.


3. Être sel de la terre et lumière du monde (Matthieu 5.13–16)

Dans l’Évangile, Jésus uti­lise deux images simples : le sel et la lumière.

Le sel empêche la cor­rup­tion.
La lumière per­met de voir clair.

Ces images nous rap­pellent que la voca­tion chré­tienne ne dis­pa­raît pas dans la vie pro­fes­sion­nelle, y com­pris dans le ser­vice mili­taire.

Être chré­tien dans l’armée signi­fie agir avec droi­ture, res­pec­ter la digni­té humaine et gar­der une conscience droite même dans les situa­tions dif­fi­ciles.

Le témoi­gnage ne passe pas seule­ment par des paroles, mais par la manière d’agir : loyau­té, jus­tice, res­pect des autres.

Illus­tra­tion :
Dans une uni­té, ce sont sou­vent les com­por­te­ments concrets – la manière de par­ler, d’agir, de trai­ter les autres – qui montrent ce que quelqu’un croit réel­le­ment.


Conclusion

Le ser­vice mili­taire peut être vécu comme une voca­tion exi­geante : pro­té­ger la socié­té, agir avec res­pon­sa­bi­li­té et contri­buer au bien com­mun.

Les textes bibliques nous rap­pellent que ce ser­vice doit tou­jours être exer­cé avec jus­tice et droi­ture.

Dans un monde mar­qué par les conflits, le chré­tien est appe­lé à être une pré­sence qui pro­tège, qui éclaire et qui agit avec fidé­li­té.

Comme le dit le psaume :

« L’Éternel est mon rocher, ma for­te­resse et mon libé­ra­teur. »

C’est en s’appuyant sur Dieu que l’on peut ser­vir avec cou­rage et avec conscience.


Liturgie

Thème : Le sol­dat au ser­vice du bien com­mun

Salutation

Que la grâce et la paix vous soient don­nées de la part de Dieu notre Père et du Sei­gneur Jésus-Christ.

Parole d’accueil

Frères et sœurs,
nous sommes réunis devant Dieu pour écou­ter sa Parole, cher­cher sa volon­té et renou­ve­ler notre confiance en lui.

Dans la vie mili­taire, nous sommes sou­vent confron­tés à des res­pon­sa­bi­li­tés impor­tantes et par­fois dif­fi­ciles. La Parole de Dieu nous rap­pelle que toute voca­tion humaine peut être vécue comme un ser­vice du bien com­mun et du pro­chain.

Deman­dons à Dieu de nous éclai­rer et de for­ti­fier notre foi.

Invocation

Sei­gneur notre Dieu,
toi qui es notre refuge et notre force,
viens au milieu de nous par ton Esprit.

Ouvre nos cœurs à ta Parole,
éclaire notre intel­li­gence
et for­ti­fie notre volon­té
afin que nous appre­nions à te ser­vir avec fidé­li­té.

Par Jésus-Christ notre Sei­gneur.
Amen.

Adoration

Écou­tons la Parole de Dieu :

« L’Éternel est bon et droit ;
c’est pour­quoi il montre aux pécheurs la voie.
Il conduit les humbles dans la jus­tice,
il enseigne aux humbles sa voie. »
Psaume 25.8–9

Ado­rons Dieu,
car il est juste, fidèle et plein de bon­té.

Psaume

Lec­ture ou chant d’un psaume
(par exemple : Psaume 20, prière pour ceux qui partent au com­bat).

Lecture de la Loi de Dieu

Écou­tons la volon­té de Dieu pour nos vies.

« Tu aime­ras le Sei­gneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pen­sée.
C’est le pre­mier et le plus grand com­man­de­ment.
Et voi­ci le second, qui lui est sem­blable :
tu aime­ras ton pro­chain comme toi-même. »
Mat­thieu 22.37–39

Confession des péchés

Sei­gneur notre Dieu,

nous recon­nais­sons devant toi
que nous ne recher­chons pas tou­jours la jus­tice et la paix.

Nous confes­sons nos manques de cou­rage,
nos paroles injustes,
nos pen­sées orgueilleuses
et nos actes qui ne servent pas le bien de notre pro­chain.

Par­donne-nous, Sei­gneur,
et renou­velle en nous un cœur droit.

Par Jésus-Christ.
Amen.

Déclaration du pardon

Écou­tons la pro­messe de la grâce de Dieu :

« Si nous confes­sons nos péchés,
il est fidèle et juste pour nous les par­don­ner
et pour nous puri­fier de toute ini­qui­té. »
1 Jean 1.9

En Jésus-Christ, nos péchés sont par­don­nés.
Rece­vons cette parole avec recon­nais­sance et confiance.

Confession de la foi

Confes­sons notre foi avec les paroles du Sym­bole des Apôtres.

Je crois en Dieu, le Père tout-puis­sant,
créa­teur du ciel et de la terre…

Prière d’illumination

Sei­gneur,
ouvre nos cœurs par ton Esprit
afin que nous rece­vions ta Parole avec foi
et qu’elle porte du fruit dans nos vies.

Amen.

Lectures bibliques

Pre­mière lec­ture
Nous lisons dans la pre­mière par­tie de la Bible :

Jéré­mie 29.7

Lec­ture de l’épître

Nous lisons dans les épîtres :

1 Pierre 2.13–17

Lec­ture de l’Évangile

Écou­tons l’Évangile de notre Sei­gneur Jésus-Christ :

Mat­thieu 5.13–16

Courte prière

Sanc­ti­fie-nous par la véri­té ;
ta Parole est la véri­té.

Prédication

(Cane­vas de pré­di­ca­tion sur le thème : Le sol­dat au ser­vice du bien com­mun)

Temps de silence

Pre­nons quelques ins­tants de silence pour médi­ter la Parole de Dieu.

Cantique

Can­tique ou psaume.

Prière d’intercession

Sei­gneur notre Dieu,

nous te prions pour ceux qui servent dans les armées,
pour ceux qui sont en mis­sion,
pour ceux qui se trouvent loin de leur famille.

Donne-leur cou­rage, sagesse et dis­cer­ne­ment.

Nous te prions aus­si pour notre pays
et pour toutes les nations :
accorde aux res­pon­sables la sagesse
et aux peuples la paix.

Pro­tège ceux qui souffrent de la guerre,
récon­forte les bles­sés et les endeuillés
et fais gran­dir dans le monde le désir de jus­tice et de paix.

Nous te prions au nom de Jésus-Christ.

Amen.

Exhortation

« Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Sei­gneur et non pour des hommes. »
Colos­siens 3.23

Que cette parole nous accom­pagne dans nos res­pon­sa­bi­li­tés et dans notre ser­vice.

Bénédiction

Que le Sei­gneur vous bénisse et vous garde.
Que le Sei­gneur fasse briller sa face sur vous et vous accorde sa grâce.
Que le Sei­gneur tourne sa face vers vous et vous donne la paix.

Amen.


Éti­quettes Word­Press
Bien com­mun, Ser­vice du pro­chain, Voca­tion du sol­dat, Éthique mili­taire, Auto­ri­té et res­pon­sa­bi­li­té, Paix et jus­tice, Conscience chré­tienne, Dis­ci­pline et devoir, Théo­lo­gie de l’alliance, Res­pon­sa­bi­li­té publique