Évangiles

Résumé du contenu

Les quatre Évan­giles – Mat­thieu, Marc, Luc et Jean – consti­tuent le témoi­gnage cano­nique cen­tral ren­du à Jésus-Christ : sa per­sonne, son ensei­gne­ment, ses œuvres, sa mort et sa résur­rec­tion. Mat­thieu, Marc et Luc sont tra­di­tion­nel­le­ment appe­lés synop­tiques en rai­son de leurs nom­breux paral­lèles de struc­ture, d’épisodes et de for­mu­la­tion ; Jean orga­nise son témoi­gnage selon une archi­tec­ture et un voca­bu­laire propres, tout en confes­sant le même Sei­gneur.

Place dans le canon

Les quatre Évan­giles ouvrent la Tra­di­tion des Apôtres et consti­tuent les témoins cano­niques fon­da­men­taux de la per­sonne, du minis­tère, de la mort et de la résur­rec­tion de Jésus-Christ. Ils racontent une même his­toire selon quatre pers­pec­tives com­plé­men­taires et enra­cinent la pro­cla­ma­tion apos­to­lique dans les actes et les paroles de Jésus.

Importance des Évangiles

Les Évan­giles occupent une place unique dans le Nou­veau Tes­ta­ment parce qu’ils conduisent direc­te­ment au centre de la révé­la­tion chré­tienne : Jésus de Naza­reth, le Mes­sie pro­mis, le Fils de Dieu fait homme, cru­ci­fié et res­sus­ci­té. Ils ne sont pas de simples bio­gra­phies modernes ni de purs recueils de sou­ve­nirs. Ils sont des récits his­to­riques et théo­lo­giques qui pro­clament la bonne nou­velle de l’accomplissement des pro­messes de Dieu en Jésus-Christ.

Leur plu­ra­li­té n’est pas une fai­blesse du témoi­gnage apos­to­lique, mais une richesse cano­nique. Chaque évan­gé­liste sélec­tionne, ordonne et met en relief les tra­di­tions reçues selon une pers­pec­tive propre. Mat­thieu insiste par­ti­cu­liè­re­ment sur l’accomplissement des Écri­tures et l’identité mes­sia­nique de Jésus ; Marc conduit le lec­teur vers la recon­nais­sance du Christ cru­ci­fié ; Luc sou­ligne l’accomplissement du des­sein de Dieu dans l’histoire et l’extension du salut ; Jean déploie avec une pro­fon­deur par­ti­cu­lière l’identité divine du Fils, sa rela­tion au Père et le don de la vie éter­nelle.

Place dans la théologie de l’alliance

Les Évan­giles ne com­mencent pas une his­toire nou­velle déta­chée de l’Ancien Tes­ta­ment. Ils annoncent l’accom­plis­se­ment de l’alliance et des pro­messes don­nées aupa­ra­vant. Mat­thieu ouvre son récit en pré­sen­tant Jésus comme « fils de David » et « fils d’Abraham » (Mat­thieu 1.1) : le Mes­sie royal pro­mis à David est aus­si celui par qui la béné­dic­tion pro­mise à Abra­ham atteint les nations. Luc ins­crit Jésus dans l’histoire d’Israël et jusqu’à Adam. Marc ouvre son évan­gile par l’annonce de l’accomplissement pro­phé­tique. Jean reprend dès son pro­logue les caté­go­ries de la créa­tion, de la Parole, de la lumière, du taber­nacle et de la révé­la­tion divine.

Dans la théo­lo­gie réfor­mée de l’alliance, Jésus-Christ n’abolit pas le des­sein de Dieu : il en est le centre et l’accomplissement. Il est le véri­table Israël fidèle, le nou­vel Adam, le Fils de David, le pro­phète sem­blable à Moïse, le grand prêtre et le sacri­fice par­fait. Dans la der­nière Cène, Jésus inter­prète sa mort comme le sang de l’alliance ver­sé pour plu­sieurs et parle expli­ci­te­ment de la « nou­velle alliance » (Luc 22.20 ; cf. Jéré­mie 31.31–34). La croix et la résur­rec­tion consti­tuent ain­si le point où convergent les pro­messes, les sacri­fices, les figures et les ins­ti­tu­tions de l’ancienne éco­no­mie de l’alliance.

Les Évan­giles montrent éga­le­ment que l’accomplissement en Christ ouvre l’alliance aux nations sans déra­ci­ner l’Évangile de l’histoire d’Israël. La mis­sion uni­ver­selle pro­cède de l’accomplissement des pro­messes anciennes : toutes les nations sont appe­lées à deve­nir dis­ciples du Christ (Mat­thieu 28.18–20), et le salut annon­cé par Jésus s’étend « jusqu’aux extré­mi­tés de la terre » dans la conti­nui­té de Luc-Actes.

Origine, dates et contexte

Les data­tions des Évan­giles font l’objet de débats impor­tants. Il convient de dis­tin­guer les attri­bu­tions et data­tions tra­di­tion­nelles des recons­truc­tions cri­tiques modernes. La tra­di­tion ancienne attri­bue les quatre évan­giles à Mat­thieu, Marc, Luc et Jean et les rat­tache à la mémoire apos­to­lique ou à son entou­rage immé­diat.

  • Mat­thieu – tra­di­tion­nel­le­ment attri­bué à l’apôtre Mat­thieu. Dans une chro­no­lo­gie conser­va­trice, sa rédac­tion est sou­vent pla­cée entre les années 50 et 70 apr. J.-C. ; une grande par­tie de l’exégèse cri­tique moderne pro­pose plu­tôt les années 80–90.
  • Marc – tra­di­tion­nel­le­ment asso­cié à Jean-Marc et au témoi­gnage de l’apôtre Pierre. Il est fré­quem­ment daté des années 50–60 dans les lec­tures conser­va­trices ; beau­coup de cher­cheurs le situent autour de 65–70.
  • Luc – tra­di­tion­nel­le­ment attri­bué à Luc, com­pa­gnon de Paul et auteur des Actes. Une data­tion ancienne, avant la fin du livre des Actes et donc au début des années 60, demeure défen­due ; d’autres pro­po­si­tions le placent entre 70 et 85, voire plus tard.
  • Jean – attri­bué à l’apôtre Jean, fils de Zébé­dée, iden­ti­fié au « dis­ciple que Jésus aimait » et témoin ocu­laire dont l’Évangile affirme por­ter le témoi­gnage (Jean 21.24). Dans la pers­pec­tive tra­di­tion­nelle rete­nue par FOEDUS, l’Évangile est daté avant la des­truc­tion de Jéru­sa­lem en 70, dans la période apos­to­lique ; J. A. T. Robin­son pro­pose une four­chette de 40 à 65, tan­dis que d’autres chro­no­lo­gies hautes le situent encore plus tôt. La data­tion vers 90–100 demeure un repère cri­tique cou­rant, mais elle n’est pas rete­nue ici comme la data­tion prin­ci­pale.

Ces four­chettes ne doivent pas être pré­sen­tées comme des cer­ti­tudes mathé­ma­tiques. Elles dépendent notam­ment de la manière dont on com­prend les rela­tions entre les synop­tiques, la des­truc­tion de Jéru­sa­lem en 70, le témoi­gnage des Pères de l’Église et les indices internes propres à chaque livre. Pour FOEDUS, la prio­ri­té est de dis­tin­guer clai­re­ment ce qui relève du témoi­gnage ancien, de l’hypothèse his­to­rique et du consen­sus aca­dé­mique variable.

Thèmes principaux

  • Iden­ti­té de Jésus : Mes­sie, Fils de Dieu, Fils de l’homme, Sei­gneur, Verbe fait chair.
  • Royaume de Dieu : le règne de Dieu s’approche et se mani­feste dans la per­sonne, les paroles et les œuvres de Jésus.
  • Accom­plis­se­ment des Écri­tures : la vie et l’œuvre du Christ accom­plissent la loi, les pro­phètes et les pro­messes.
  • Nou­vel exode et salut : Jésus délivre du péché, de la puis­sance du mal et de la mort.
  • Dis­ci­pu­lat : suivre Jésus implique foi, repen­tance, obéis­sance, renon­ce­ment et per­sé­vé­rance.
  • Conflit et rejet : l’annonce du Royaume pro­voque oppo­si­tion, incom­pré­hen­sion et fina­le­ment condam­na­tion du Christ.
  • Croix et expia­tion : la mort de Jésus est pré­sen­tée comme néces­saire au des­sein de Dieu et comme acte rédemp­teur.
  • Résur­rec­tion : elle consti­tue la vic­toire de Dieu sur la mort et la confir­ma­tion de l’identité et de l’œuvre de Jésus.
  • Mis­sion : le témoi­gnage ren­du au Christ doit être por­té à Israël et aux nations.
  • Vie éter­nelle et com­mu­nion avec Dieu : par­ti­cu­liè­re­ment déve­lop­pées dans Jean, elles résument le salut comme connais­sance du Père par le Fils et par­ti­ci­pa­tion à sa vie.

Structure des quatre Évangiles

Matthieu

Mat­thieu s’ouvre par l’enfance de Jésus et son ins­crip­tion dans l’histoire d’Abraham et de David. Le minis­tère public alterne récits et grands ensembles d’enseignement, dont le Ser­mon sur la mon­tagne. Le récit pro­gresse de la Gali­lée vers Jéru­sa­lem, puis vers la Pas­sion et la résur­rec­tion, avant de s’achever sur l’envoi des dis­ciples auprès de toutes les nations.

Marc

Marc pos­sède un rythme rapide et une forte ten­sion nar­ra­tive. La pre­mière moi­tié conduit pro­gres­si­ve­ment à la confes­sion de Pierre : Jésus est le Christ (Marc 8.29). À par­tir de ce tour­nant, Jésus enseigne que le che­min mes­sia­nique passe néces­sai­re­ment par la souf­france, la croix et la résur­rec­tion. Le récit de la Pas­sion occupe ain­si une place dis­pro­por­tion­née et révèle para­doxa­le­ment l’identité du Fils de Dieu.

Luc

Luc com­mence par un pro­logue his­to­rio­gra­phique et les récits de l’enfance. Après le minis­tère en Gali­lée, une longue sec­tion orga­nise la marche de Jésus vers Jéru­sa­lem (Luc 9.51–19.27). La Pas­sion et la résur­rec­tion conduisent ensuite à l’Ascension. L’Évangile forme le pre­mier volet d’une œuvre en deux par­ties pour­sui­vie dans les Actes des Apôtres.

Jean

Jean s’ouvre par le pro­logue sur le Verbe éter­nel deve­nu chair. Les cha­pitres 1–12 pré­sentent les signes accom­plis par Jésus et la révé­la­tion de sa gloire au monde ; les cha­pitres 13–17 ras­semblent le der­nier repas et les dis­cours d’adieu ; les cha­pitres 18–20 racontent la Pas­sion et la résur­rec­tion ; le cha­pitre 21 consti­tue l’épilogue. L’ensemble vise expli­ci­te­ment à conduire le lec­teur à croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et à avoir la vie en son nom (Jean 20.31).

Pour aller plus loin

La sélec­tion pri­vi­lé­gie d’abord les réfé­rences réfor­mées confes­santes direc­te­ment utiles, puis les meilleurs tra­vaux évan­gé­liques per­ti­nents pour le cor­pus.

  • Jean Cal­vin, Com­men­taires sur l’harmonie évan­gé­lique et Com­men­taire sur Jean.
  • Bible d’étude de la foi réfor­mée, éd. R. C. Sproul, intro­duc­tions et notes sur les quatre Évan­giles.
  • Mat­thew Hen­ry, Com­men­taire biblique, sec­tions consa­crées aux Évan­giles.
  • Daniel M. Doria­ni, Mat­thew, 2 vol., Refor­med Expo­si­to­ry Com­men­ta­ry.
  • R. C. Sproul, Mark, St. Andrew’s Expo­si­tio­nal Com­men­ta­ry.
  • Sin­clair B. Fer­gu­son, Let’s Stu­dy Mark.
  • Phi­lip Gra­ham Ryken, Luke, 2 vol., Refor­med Expo­si­to­ry Com­men­ta­ry.
  • R. T. France, The Gos­pel of Mat­thew, NICNT.
  • R. T. France, The Gos­pel of Mark, NIGTC.
  • James R. Edwards, The Gos­pel accor­ding to Mark, PNTC.
  • Dar­rell L. Bock, Luke, 2 vol., BECNT.
  • I. Howard Mar­shall, The Gos­pel of Luke, NIGTC.
  • D. A. Car­son, The Gos­pel accor­ding to John, PNTC.
  • Her­man Rid­der­bos, The Gos­pel of John : A Theo­lo­gi­cal Com­men­ta­ry.
  • Craig S. Kee­ner, The Gos­pel of John : A Com­men­ta­ry, 2 vol.

L’ensemble et Jésus-Christ

Les Évan­giles ne parlent pas seule­ment du Christ : ils le pré­sentent direc­te­ment comme accom­plis­se­ment des pro­messes d’Israël, Fils de David, Fils de Dieu, Ser­vi­teur, Fils de l’homme et Sei­gneur. Leur centre nar­ra­tif est la croix et la résur­rec­tion, à par­tir des­quelles l’identité et la mis­sion de Jésus sont plei­ne­ment mani­fes­tées.

Résumé du contenu

Les quatre Évan­giles – Mat­thieu, Marc, Luc et Jean – consti­tuent le témoi­gnage cano­nique cen­tral ren­du à Jésus-Christ : sa per­sonne, son ensei­gne­ment, ses œuvres, sa mort et sa résur­rec­tion. Mat­thieu, Marc et Luc sont tra­di­tion­nel­le­ment appe­lés synop­tiques en rai­son de leurs nom­breux paral­lèles de struc­ture, d’épisodes et de for­mu­la­tion ; Jean orga­nise son témoi­gnage selon une archi­tec­ture et un voca­bu­laire propres, tout en confes­sant le même Sei­gneur.

Place dans le canon

Les quatre Évan­giles ouvrent la Tra­di­tion des Apôtres et consti­tuent les témoins cano­niques fon­da­men­taux de la per­sonne, du minis­tère, de la mort et de la résur­rec­tion de Jésus-Christ. Ils racontent une même his­toire selon quatre pers­pec­tives com­plé­men­taires et enra­cinent la pro­cla­ma­tion apos­to­lique dans les actes et les paroles de Jésus.

Importance des Évangiles

Les Évan­giles occupent une place unique dans le Nou­veau Tes­ta­ment parce qu’ils conduisent direc­te­ment au centre de la révé­la­tion chré­tienne : Jésus de Naza­reth, le Mes­sie pro­mis, le Fils de Dieu fait homme, cru­ci­fié et res­sus­ci­té. Ils ne sont pas de simples bio­gra­phies modernes ni de purs recueils de sou­ve­nirs. Ils sont des récits his­to­riques et théo­lo­giques qui pro­clament la bonne nou­velle de l’accomplissement des pro­messes de Dieu en Jésus-Christ.

Leur plu­ra­li­té n’est pas une fai­blesse du témoi­gnage apos­to­lique, mais une richesse cano­nique. Chaque évan­gé­liste sélec­tionne, ordonne et met en relief les tra­di­tions reçues selon une pers­pec­tive propre. Mat­thieu insiste par­ti­cu­liè­re­ment sur l’accomplissement des Écri­tures et l’identité mes­sia­nique de Jésus ; Marc conduit le lec­teur vers la recon­nais­sance du Christ cru­ci­fié ; Luc sou­ligne l’accomplissement du des­sein de Dieu dans l’histoire et l’extension du salut ; Jean déploie avec une pro­fon­deur par­ti­cu­lière l’identité divine du Fils, sa rela­tion au Père et le don de la vie éter­nelle.

Place dans la théologie de l’alliance

Les Évan­giles ne com­mencent pas une his­toire nou­velle déta­chée de l’Ancien Tes­ta­ment. Ils annoncent l’accom­plis­se­ment de l’alliance et des pro­messes don­nées aupa­ra­vant. Mat­thieu ouvre son récit en pré­sen­tant Jésus comme « fils de David » et « fils d’Abraham » (Mat­thieu 1.1) : le Mes­sie royal pro­mis à David est aus­si celui par qui la béné­dic­tion pro­mise à Abra­ham atteint les nations. Luc ins­crit Jésus dans l’histoire d’Israël et jusqu’à Adam. Marc ouvre son évan­gile par l’annonce de l’accomplissement pro­phé­tique. Jean reprend dès son pro­logue les caté­go­ries de la créa­tion, de la Parole, de la lumière, du taber­nacle et de la révé­la­tion divine.

Dans la théo­lo­gie réfor­mée de l’alliance, Jésus-Christ n’abolit pas le des­sein de Dieu : il en est le centre et l’accomplissement. Il est le véri­table Israël fidèle, le nou­vel Adam, le Fils de David, le pro­phète sem­blable à Moïse, le grand prêtre et le sacri­fice par­fait. Dans la der­nière Cène, Jésus inter­prète sa mort comme le sang de l’alliance ver­sé pour plu­sieurs et parle expli­ci­te­ment de la « nou­velle alliance » (Luc 22.20 ; cf. Jéré­mie 31.31–34). La croix et la résur­rec­tion consti­tuent ain­si le point où convergent les pro­messes, les sacri­fices, les figures et les ins­ti­tu­tions de l’ancienne éco­no­mie de l’alliance.

Les Évan­giles montrent éga­le­ment que l’accomplissement en Christ ouvre l’alliance aux nations sans déra­ci­ner l’Évangile de l’histoire d’Israël. La mis­sion uni­ver­selle pro­cède de l’accomplissement des pro­messes anciennes : toutes les nations sont appe­lées à deve­nir dis­ciples du Christ (Mat­thieu 28.18–20), et le salut annon­cé par Jésus s’étend « jusqu’aux extré­mi­tés de la terre » dans la conti­nui­té de Luc-Actes.

Origine, dates et contexte

Les data­tions des Évan­giles font l’objet de débats impor­tants. Il convient de dis­tin­guer les attri­bu­tions et data­tions tra­di­tion­nelles des recons­truc­tions cri­tiques modernes. La tra­di­tion ancienne attri­bue les quatre évan­giles à Mat­thieu, Marc, Luc et Jean et les rat­tache à la mémoire apos­to­lique ou à son entou­rage immé­diat.

  • Mat­thieu – tra­di­tion­nel­le­ment attri­bué à l’apôtre Mat­thieu. Dans une chro­no­lo­gie conser­va­trice, sa rédac­tion est sou­vent pla­cée entre les années 50 et 70 apr. J.-C. ; une grande par­tie de l’exégèse cri­tique moderne pro­pose plu­tôt les années 80–90.
  • Marc – tra­di­tion­nel­le­ment asso­cié à Jean-Marc et au témoi­gnage de l’apôtre Pierre. Il est fré­quem­ment daté des années 50–60 dans les lec­tures conser­va­trices ; beau­coup de cher­cheurs le situent autour de 65–70.
  • Luc – tra­di­tion­nel­le­ment attri­bué à Luc, com­pa­gnon de Paul et auteur des Actes. Une data­tion ancienne, avant la fin du livre des Actes et donc au début des années 60, demeure défen­due ; d’autres pro­po­si­tions le placent entre 70 et 85, voire plus tard.
  • Jean – attri­bué à l’apôtre Jean, fils de Zébé­dée, iden­ti­fié au « dis­ciple que Jésus aimait » et témoin ocu­laire dont l’Évangile affirme por­ter le témoi­gnage (Jean 21.24). Dans la pers­pec­tive tra­di­tion­nelle rete­nue par FOEDUS, l’Évangile est daté avant la des­truc­tion de Jéru­sa­lem en 70, dans la période apos­to­lique ; J. A. T. Robin­son pro­pose une four­chette de 40 à 65, tan­dis que d’autres chro­no­lo­gies hautes le situent encore plus tôt. La data­tion vers 90–100 demeure un repère cri­tique cou­rant, mais elle n’est pas rete­nue ici comme la data­tion prin­ci­pale.

Ces four­chettes ne doivent pas être pré­sen­tées comme des cer­ti­tudes mathé­ma­tiques. Elles dépendent notam­ment de la manière dont on com­prend les rela­tions entre les synop­tiques, la des­truc­tion de Jéru­sa­lem en 70, le témoi­gnage des Pères de l’Église et les indices internes propres à chaque livre. Pour FOEDUS, la prio­ri­té est de dis­tin­guer clai­re­ment ce qui relève du témoi­gnage ancien, de l’hypothèse his­to­rique et du consen­sus aca­dé­mique variable.

Thèmes principaux

  • Iden­ti­té de Jésus : Mes­sie, Fils de Dieu, Fils de l’homme, Sei­gneur, Verbe fait chair.
  • Royaume de Dieu : le règne de Dieu s’approche et se mani­feste dans la per­sonne, les paroles et les œuvres de Jésus.
  • Accom­plis­se­ment des Écri­tures : la vie et l’œuvre du Christ accom­plissent la loi, les pro­phètes et les pro­messes.
  • Nou­vel exode et salut : Jésus délivre du péché, de la puis­sance du mal et de la mort.
  • Dis­ci­pu­lat : suivre Jésus implique foi, repen­tance, obéis­sance, renon­ce­ment et per­sé­vé­rance.
  • Conflit et rejet : l’annonce du Royaume pro­voque oppo­si­tion, incom­pré­hen­sion et fina­le­ment condam­na­tion du Christ.
  • Croix et expia­tion : la mort de Jésus est pré­sen­tée comme néces­saire au des­sein de Dieu et comme acte rédemp­teur.
  • Résur­rec­tion : elle consti­tue la vic­toire de Dieu sur la mort et la confir­ma­tion de l’identité et de l’œuvre de Jésus.
  • Mis­sion : le témoi­gnage ren­du au Christ doit être por­té à Israël et aux nations.
  • Vie éter­nelle et com­mu­nion avec Dieu : par­ti­cu­liè­re­ment déve­lop­pées dans Jean, elles résument le salut comme connais­sance du Père par le Fils et par­ti­ci­pa­tion à sa vie.

Structure des quatre Évangiles

Matthieu

Mat­thieu s’ouvre par l’enfance de Jésus et son ins­crip­tion dans l’histoire d’Abraham et de David. Le minis­tère public alterne récits et grands ensembles d’enseignement, dont le Ser­mon sur la mon­tagne. Le récit pro­gresse de la Gali­lée vers Jéru­sa­lem, puis vers la Pas­sion et la résur­rec­tion, avant de s’achever sur l’envoi des dis­ciples auprès de toutes les nations.

Marc

Marc pos­sède un rythme rapide et une forte ten­sion nar­ra­tive. La pre­mière moi­tié conduit pro­gres­si­ve­ment à la confes­sion de Pierre : Jésus est le Christ (Marc 8.29). À par­tir de ce tour­nant, Jésus enseigne que le che­min mes­sia­nique passe néces­sai­re­ment par la souf­france, la croix et la résur­rec­tion. Le récit de la Pas­sion occupe ain­si une place dis­pro­por­tion­née et révèle para­doxa­le­ment l’identité du Fils de Dieu.

Luc

Luc com­mence par un pro­logue his­to­rio­gra­phique et les récits de l’enfance. Après le minis­tère en Gali­lée, une longue sec­tion orga­nise la marche de Jésus vers Jéru­sa­lem (Luc 9.51–19.27). La Pas­sion et la résur­rec­tion conduisent ensuite à l’Ascension. L’Évangile forme le pre­mier volet d’une œuvre en deux par­ties pour­sui­vie dans les Actes des Apôtres.

Jean

Jean s’ouvre par le pro­logue sur le Verbe éter­nel deve­nu chair. Les cha­pitres 1–12 pré­sentent les signes accom­plis par Jésus et la révé­la­tion de sa gloire au monde ; les cha­pitres 13–17 ras­semblent le der­nier repas et les dis­cours d’adieu ; les cha­pitres 18–20 racontent la Pas­sion et la résur­rec­tion ; le cha­pitre 21 consti­tue l’épilogue. L’ensemble vise expli­ci­te­ment à conduire le lec­teur à croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et à avoir la vie en son nom (Jean 20.31).

Pour aller plus loin

La sélec­tion pri­vi­lé­gie d’abord les réfé­rences réfor­mées confes­santes direc­te­ment utiles, puis les meilleurs tra­vaux évan­gé­liques per­ti­nents pour le cor­pus.

  • Jean Cal­vin, Com­men­taires sur l’harmonie évan­gé­lique et Com­men­taire sur Jean.
  • Bible d’étude de la foi réfor­mée, éd. R. C. Sproul, intro­duc­tions et notes sur les quatre Évan­giles.
  • Mat­thew Hen­ry, Com­men­taire biblique, sec­tions consa­crées aux Évan­giles.
  • Daniel M. Doria­ni, Mat­thew, 2 vol., Refor­med Expo­si­to­ry Com­men­ta­ry.
  • R. C. Sproul, Mark, St. Andrew’s Expo­si­tio­nal Com­men­ta­ry.
  • Sin­clair B. Fer­gu­son, Let’s Stu­dy Mark.
  • Phi­lip Gra­ham Ryken, Luke, 2 vol., Refor­med Expo­si­to­ry Com­men­ta­ry.
  • R. T. France, The Gos­pel of Mat­thew, NICNT.
  • R. T. France, The Gos­pel of Mark, NIGTC.
  • James R. Edwards, The Gos­pel accor­ding to Mark, PNTC.
  • Dar­rell L. Bock, Luke, 2 vol., BECNT.
  • I. Howard Mar­shall, The Gos­pel of Luke, NIGTC.
  • D. A. Car­son, The Gos­pel accor­ding to John, PNTC.
  • Her­man Rid­der­bos, The Gos­pel of John : A Theo­lo­gi­cal Com­men­ta­ry.
  • Craig S. Kee­ner, The Gos­pel of John : A Com­men­ta­ry, 2 vol.

L’ensemble et Jésus-Christ

Les Évan­giles ne parlent pas seule­ment du Christ : ils le pré­sentent direc­te­ment comme accom­plis­se­ment des pro­messes d’Israël, Fils de David, Fils de Dieu, Ser­vi­teur, Fils de l’homme et Sei­gneur. Leur centre nar­ra­tif est la croix et la résur­rec­tion, à par­tir des­quelles l’identité et la mis­sion de Jésus sont plei­ne­ment mani­fes­tées.