FICHE 08 – LA COLÈRE CONTRE DIEU
Document de travail – texte original, à contrôler avant intégration.
Situation et discernement
Une personne malade peut dire que Dieu est injuste, qu’il l’a abandonnée ou qu’elle ne veut plus prier. L’aumônier écoute sans condamner immédiatement. Il distingue la plainte adressée à Dieu, les questions sincères et l’affirmation délibérée que Dieu serait mauvais. Il ne prétend pas connaître la cause particulière de la maladie. Si la personne ne souhaite pas de lecture ou de prière, il respecte ce choix.
Lectures possibles : Psaume 13.2–6 ; Psaume 22.2–6 ; Job 38.1–7 ; Marc 15.33–39.
Méditation A – La plainte peut devenir une prière
Il arrive que la souffrance fasse naître une colère que nous n’osons pas exprimer. Nous voudrions savoir pourquoi Dieu permet cette maladie, pourquoi les traitements sont si difficiles, pourquoi la douleur persiste. Certains pensent qu’un croyant ne devrait jamais poser ces questions.
Pourtant, les psaumes contiennent des cris de détresse. Le Psaume 13 demande à plusieurs reprises jusqu’à quand le Seigneur semblera oublier son serviteur. Cette plainte n’est pas une formule polie. Elle vient d’un cœur éprouvé.
Il importe toutefois de remarquer à qui le psalmiste parle : il s’adresse à Dieu. Au lieu de cacher sa détresse, il la porte devant le Seigneur. La Bible nous apprend ainsi que nous pouvons prier avec des mots pauvres, avec des questions et même avec des larmes.
Nous n’avons pas à inventer une explication particulière à cette maladie. Nous ne savons pas pourquoi elle est survenue. Mais nous pouvons demander à Dieu de nous soutenir, de nous donner le secours nécessaire et de garder notre cœur de l’amertume.
En Jésus-Christ, Dieu n’est pas resté étranger à la souffrance humaine. Le Christ a souffert et il est ressuscité. Nous pouvons donc lui confier ce que nous ne comprenons pas, sans prétendre que notre épreuve est légère.
Prière A – Prononcée par l’aumônier
Seigneur notre Dieu, tu entends les paroles que nous peinons à prononcer. Tu vois la fatigue, la colère et les questions qui demeurent. Nous ne voulons pas déguiser cette souffrance sous des paroles faciles. Donne à cette personne le secours et le soulagement dont elle a besoin. Accorde aux soignants sagesse et attention. Préserve-nous de l’amertume qui enferme et apprends-nous à te présenter notre plainte avec vérité. Conduis-nous vers Jésus-Christ, qui a souffert et qui est vivant. Amen.
Méditation B – Lorsque les réponses manquent
Le livre de Job raconte l’épreuve d’un homme qui perd beaucoup et qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Ses amis proposent des explications. Ils veulent faire entrer sa souffrance dans un raisonnement simple : s’il souffre, c’est qu’il a nécessairement commis une faute particulière. Le livre montre combien cette manière de parler est injuste.
Nous devons nous garder d’une telle assurance. Une maladie ne nous autorise pas à désigner un péché précis qui en serait la cause. Devant la souffrance, il existe des questions auxquelles nous ne savons pas répondre.
Lorsque Dieu répond à Job, il ne lui remet pas une explication détaillée de chaque événement. Il lui révèle la grandeur de sa sagesse et les limites du regard humain. Cette réponse n’efface pas la douleur. Elle rappelle que nous ne sommes pas capables de juger toute la providence de Dieu à partir de ce que nous voyons aujourd’hui.
Le chrétien ne s’arrête pourtant pas à son ignorance. Il regarde à Jésus-Christ, en qui Dieu a manifesté sa justice et sa miséricorde. Nous ne savons pas tout de ce qui nous arrive, mais nous pouvons écouter ce que Dieu nous a révélé de lui-même dans son Fils.
Prière B – Prononcée par l’aumônier
Père céleste, nous reconnaissons que beaucoup de choses nous échappent. Pardonne nos paroles présomptueuses et garde-nous de juger trop vite les souffrances d’autrui. Accueille les questions de cette personne et donne-lui la liberté de les exprimer. Nous te demandons le soulagement de son mal et la présence attentive de ceux qui l’accompagnent. Par ta Parole et ton Esprit, conduis-nous vers Jésus-Christ, notre sagesse et notre espérance. Amen.
Option très brève
Lecture : Psaume 13.2–3.
Parole de l’aumônier : « La Bible donne aussi des mots à ceux qui ne comprennent plus. Nous pouvons dire à Dieu notre souffrance sans chercher aujourd’hui une explication. »
Prière : Seigneur, tu connais cette colère et cette fatigue. Accorde le secours nécessaire pour aujourd’hui. Donne-nous des paroles vraies et des personnes fidèles auprès de nous. Au nom de Jésus-Christ. Amen.
Indications pratiques
Ne pas assimiler automatiquement la plainte à une apostasie. Ne pas approuver pour autant toute accusation contre Dieu comme si elle était théologiquement juste. Éviter de citer Romains 8.28 comme une formule qui réglerait immédiatement la souffrance. Privilégier l’écoute et, lorsque la personne le souhaite, une lecture biblique courte. Renvoyer aux chapitres consacrés à la plainte, à la providence et à l’accompagnement de la souffrance.