Fiche pastorale 13 – Accompagner une personne en soins palliatifs
Comprendre la situation
L’entrée dans une démarche de soins palliatifs peut susciter des réactions très différentes.
Certaines personnes y voient la possibilité d’être mieux soulagées et accompagnées. D’autres l’interprètent comme l’annonce d’une mort prochaine ou comme le signe que les médecins les abandonnent.
Il importe de rappeler que les soins palliatifs ne sont pas réservés aux dernières heures de la vie. Ils visent notamment à prévenir et à soulager les souffrances, à préserver autant que possible la qualité de vie et à accompagner la personne ainsi que ses proches. Ils peuvent être associés à d’autres traitements selon la situation médicale.
L’aumônier ne doit pas présenter les soins palliatifs comme un renoncement à prendre soin.
La personne demeure un être humain à part entière, avec son histoire, ses convictions, ses relations et ses préoccupations.
Elle peut avoir besoin de parler de sa maladie, mais aussi de ses enfants, de son travail, de ses souvenirs ou de ses projets.
L’accompagnement pastoral ne doit pas réduire son existence à la perspective de la mort.
Comment aborder la personne
L’aumônier peut commencer par une question ouverte :
« Comment vivez-vous les soins et l’accompagnement qui vous sont proposés aujourd’hui ? »
Cette formulation permet à la personne de parler librement de ce qu’elle comprend et de ce qu’elle ressent.
Si elle exprime des inquiétudes concernant les traitements, la douleur ou les décisions médicales, l’aumônier l’aide à formuler ses questions auprès de l’équipe compétente.
Si elle craint d’être abandonnée, il peut rappeler que l’accompagnement et le soulagement demeurent des objectifs essentiels des soins.
Si elle souhaite parler de sa foi, du pardon, de la mort ou de la résurrection, il ouvre les Écritures avec elle.
Il veille à ne pas transformer chaque visite en préparation explicite à la mort.
Lectures bibliques proposées : Psaume 23.1–6 ; Ésaïe 46.3–4 ; 2 Corinthiens 4.16–18 ; Jean 14.1–6 ; Apocalypse 21.1–5.
Première méditation – Une vie précieuse jusqu’au bout
Lecture : Ésaïe 46.3–4.
La maladie peut modifier profondément notre manière de vivre.
Des gestes autrefois simples deviennent difficiles. Nous avons besoin d’aide pour nous déplacer, nous nourrir ou accomplir certains actes de la vie quotidienne.
Cette dépendance peut être douloureuse.
Nous pouvons avoir l’impression de ne plus être la personne que nous étions.
Il arrive même que nous nous demandions si notre vie possède encore la même valeur.
La Bible nous rappelle pourtant que notre dignité ne dépend pas de notre force physique, de notre autonomie ou de notre capacité à être utiles.
L’être humain a été créé à l’image de Dieu.
Sa valeur ne disparaît pas lorsque son corps s’affaiblit.
Dans le livre d’Ésaïe, Dieu rappelle à son peuple qu’il l’a porté depuis ses origines et qu’il continuera à le soutenir jusque dans la vieillesse.
Cette promesse est adressée à Israël, dans le cadre de l’alliance.
Elle révèle la fidélité de Dieu envers ceux qu’il a pris en charge.
Elle nous invite également à considérer la vie humaine autrement que selon les critères de performance et d’indépendance.
Nous ne cessons pas d’être des personnes lorsque nous avons besoin de soins.
Nous ne perdons pas notre dignité lorsque nous dépendons de l’aide d’autrui.
Et nous ne devenons pas un fardeau dépourvu de valeur parce que nos forces diminuent.
Jésus-Christ a manifesté cette vérité dans son ministère.
Il s’est approché des malades, des personnes affaiblies et de celles que la société tendait à marginaliser.
Il les a regardées avec compassion.
Il leur a parlé et les a traitées comme des personnes dignes d’attention.
Aujourd’hui, même si beaucoup de choses ont changé dans votre existence, votre vie demeure précieuse.
Vous avez encore une histoire, des relations, des paroles à partager et de l’affection à recevoir.
Nous pouvons demander au Seigneur de nous aider à vivre le temps présent avec confiance, sans prétendre connaître ce que seront les jours à venir.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur notre Dieu,
Tu es le Créateur de la vie.
Tu connais cette personne, son histoire, ses joies, ses peines et les épreuves qu’elle traverse.
Nous te remercions pour la dignité que tu as donnée à chaque être humain.
Aide-nous à ne jamais mesurer la valeur d’une personne à sa force, à son autonomie ou à son utilité.
Nous te demandons de soulager ses souffrances et de bénir les soins qui lui sont apportés.
Donne aux médecins et aux soignants la sagesse, la compétence et l’humanité nécessaires.
Soutiens ses proches et aide-les à demeurer présents avec amour.
Seigneur Jésus-Christ, tu t’es approché des personnes malades et affaiblies.
Apprends-nous à manifester cette même compassion.
Accorde à cette personne la force nécessaire pour aujourd’hui.
Amen.
Deuxième méditation – Quand le corps s’affaiblit
Lecture : 2 Corinthiens 4.16–18.
Notre corps est fragile.
Nous le savons en théorie, mais la maladie nous le rappelle d’une manière très concrète.
Les forces diminuent. La fatigue devient plus importante. Nous ne pouvons plus toujours faire ce que nous aimerions.
Cette expérience peut être décourageante.
L’apôtre Paul connaissait lui aussi la faiblesse humaine.
Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, il parle de l’homme extérieur qui se détruit et de l’homme intérieur qui se renouvelle.
Il ne cherche pas à nier la réalité de la souffrance.
Il ne prétend pas non plus que le corps serait sans importance.
Au contraire, la foi chrétienne annonce la résurrection du corps.
Dieu ne nous promet pas simplement une existence spirituelle détachée de toute réalité corporelle.
Il promet une vie nouvelle, dans laquelle la mort et la corruption auront été vaincues.
Cette espérance repose sur Jésus-Christ.
Il a véritablement souffert. Il est véritablement mort. Et il est ressuscité corporellement.
Sa résurrection annonce la victoire définitive de Dieu sur la mort.
C’est pourquoi le chrétien peut regarder sa faiblesse présente sans considérer qu’elle constitue le dernier mot sur son existence.
Cela ne signifie pas que nous devions minimiser la douleur.
Cela ne signifie pas non plus que nous devions renoncer à demander le soulagement ou la guérison.
Nous pouvons continuer à recevoir les soins nécessaires.
Nous pouvons exprimer nos besoins.
Nous pouvons demander à Dieu de nous soutenir.
Mais notre espérance ultime ne repose pas sur la possibilité de retrouver toutes nos forces dans cette vie.
Elle repose sur Jésus-Christ, qui est ressuscité.
Ceux qui lui appartiennent attendent la résurrection et la vie éternelle.
Lorsque notre corps s’affaiblit, nous pouvons donc demander au Seigneur de renouveler notre foi.
Nous pouvons lui confier nos inquiétudes et chercher auprès de lui la force nécessaire pour vivre chaque journée.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur Jésus-Christ,
Tu as connu la souffrance et la faiblesse de notre condition humaine.
Tu as donné ta vie pour les pécheurs et tu es ressuscité d’entre les morts.
Nous te confions cette personne dont les forces diminuent.
Accorde-lui le repos, le soulagement et les soins dont elle a besoin.
Soutiens son courage lorsque la fatigue devient lourde.
Aide ses proches à demeurer présents avec patience et affection.
Par ton Saint-Esprit, fais entendre la vérité de ton Évangile.
Conduis cette personne à se confier en toi.
Que l’espérance de la résurrection éclaire les jours difficiles, sans nous détourner des responsabilités et des soins d’aujourd’hui.
Nous remettons notre vie entre tes mains.
Amen.
Troisième possibilité – Une prière au chevet
Lecture proposée : Psaume 23.1–4.
Lorsque la personne est très fatiguée, l’aumônier peut lire quelques versets du Psaume 23 et prononcer une prière courte.
Prière brève
Seigneur notre Dieu,
Tu connais cette personne et ses souffrances.
Accorde-lui le repos et le soulagement.
Donne aux soignants la sagesse nécessaire pour l’accompagner.
Soutiens ses proches et garde-les dans l’amour.
Seigneur Jésus-Christ, bon Berger, fais entendre ta Parole et conduis cette personne dans ta grâce.
Nous remettons cette journée entre tes mains.
Amen.
Indications pratiques pour l’aumônier
L’aumônier ne doit pas assimiler automatiquement les soins palliatifs à une mort imminente.
Il respecte les informations médicales communiquées par les professionnels et n’annonce pas lui-même de pronostic.
Il veille à distinguer les questions spirituelles des décisions médicales. Il peut aider la personne à exprimer ses préoccupations, mais ne prescrit pas de traitement et ne se substitue pas aux professionnels compétents.
Lorsque le patient parle de son désir de mourir, il convient d’écouter attentivement ce qu’il exprime. Ces paroles peuvent recouvrir des réalités différentes : souffrance insuffisamment soulagée, peur, sentiment d’être un poids, solitude ou souhait explicite de hâter sa mort. L’aumônier ne doit pas en déduire seul la signification clinique. Il sollicite les professionnels compétents selon les procédures institutionnelles applicables.
Il ne faut pas non plus imposer à la personne un discours religieux sur la mort lorsqu’elle souhaite simplement parler de sa vie quotidienne.
La présence pastorale demeure un ministère auprès des vivants.
L’aumônier accompagne une personne réelle, et non une catégorie médicale.
Renvois internes à prévoir : accompagnement des derniers jours ; soins palliatifs ; dignité humaine ; souffrance et soulagement ; espérance de la résurrection ; prières au chevet.
Statut éditorial : texte original de travail, à harmoniser avec le manuscrit MAH avant intégration.