Fiche pastorale 06 – Lorsque la mort fait peur
Comprendre la situation
La peur de mourir n’est pas toujours exprimée directement. Une personne peut parler de ses enfants, de son conjoint, de la douleur qu’elle redoute ou de ce qui arrivera lorsqu’elle ne sera plus là. Derrière ces préoccupations se trouve parfois une angoisse profonde devant la mort.
Certaines personnes craignent surtout les souffrances de la fin de vie. D’autres redoutent la séparation d’avec leurs proches. D’autres encore s’interrogent sur Dieu, le jugement, le pardon de leurs péchés et ce qui les attend après la mort.
L’aumônier ne doit pas supposer que toutes ces inquiétudes sont identiques.
Comment aborder la personne
Il convient d’abord de laisser la personne parler, sans chercher immédiatement à la rassurer.
L’aumônier peut lui demander :
« Lorsque vous pensez à la mort, qu’est-ce qui vous inquiète le plus ? »
La réponse orientera l’entretien.
Si la personne craint de souffrir, l’aumônier reconnaîtra cette inquiétude et pourra l’aider à en parler à l’équipe soignante, notamment pour que ses besoins de soulagement soient entendus.
Si elle redoute de quitter ses proches, il l’aidera à exprimer ce qui compte pour elle : les paroles qu’elle voudrait transmettre, les relations qu’elle souhaite préserver, les personnes qu’elle aimerait revoir.
Si elle exprime une inquiétude spirituelle, l’aumônier pourra ouvrir les Écritures et annoncer l’Évangile.
Il évitera deux erreurs opposées : laisser croire que la mort serait insignifiante pour le chrétien, ou utiliser l’angoisse de la personne pour exercer une pression religieuse.
Lectures bibliques proposées : Psaume 23.1–4 ; Jean 11.17–27 ; Jean 14.1–6 ; Romains 8.31–39.
Première méditation – Même dans la vallée de l’ombre de la mort
Lecture : Psaume 23.1–4.
Il existe des moments où l’avenir devient difficile à regarder.
Nous ne savons pas combien de temps il nous reste. Nous pensons à ceux que nous aimons. Nous nous demandons comment se dérouleront les jours à venir.
La peur peut alors devenir très présente.
Le Psaume 23 ne nie pas cette réalité.
David parle d’une vallée de l’ombre de la mort. Il ne prétend pas que cette vallée n’existe pas. Il ne dit pas non plus que celui qui appartient au Seigneur ne la traversera jamais.
Mais il affirme qu’au milieu de cette vallée, Dieu demeure son berger.
Cette image est précieuse.
Un berger connaît ses brebis. Il les conduit, veille sur elles et les accompagne lorsque le chemin devient dangereux.
Dans l’Évangile selon Jean, Jésus se présente lui-même comme le bon Berger. Il annonce qu’il donne sa vie pour ses brebis.
Le Christ n’est donc pas un spectateur lointain de notre souffrance.
Il est entré dans notre condition humaine. Il a connu l’angoisse, la souffrance et la mort.
Mais il est ressuscité.
C’est pourquoi l’espérance chrétienne ne repose pas sur l’idée que nous serions suffisamment courageux pour affronter la mort.
Elle repose sur Jésus-Christ, le Sauveur vivant.
Nous pouvons avoir peur et nous tourner néanmoins vers lui.
Nous pouvons lui demander de nous soutenir dans les jours qui viennent, de soulager nos souffrances et de nous donner la force de vivre ce qui nous reste à vivre.
Nous pouvons aussi lui confier ceux que nous aimons.
La foi ne supprime pas nécessairement toute inquiétude. Mais elle nous donne une raison de chercher notre secours auprès du Seigneur.
Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de trouver beaucoup de mots.
Nous pouvons simplement prier : Seigneur Jésus, sois mon Berger. Conduis-moi dans ta vérité et garde-moi dans ta grâce.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur notre Dieu,
Nous venons devant toi avec nos inquiétudes et nos questions.
Tu connais la peur de souffrir, la tristesse de devoir quitter ceux que nous aimons et l’angoisse que peut susciter la perspective de la mort.
Nous te confions cette personne.
Accorde-lui les soins et le soulagement dont elle a besoin.
Donne aux médecins et aux soignants la sagesse et l’attention nécessaires pour préserver sa dignité et apaiser ses souffrances.
Soutiens également ses proches.
Aide-les à trouver les paroles et les gestes qui exprimeront leur affection.
Seigneur Jésus-Christ, tu as connu la souffrance et tu as vaincu la mort par ta résurrection.
Fais entendre ta Parole à cette personne et conduis-la vers toi.
Que ton Saint-Esprit lui donne la lumière, la confiance et l’espérance.
Nous remettons entre tes mains ce que nous ne pouvons pas maîtriser.
Au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.
Deuxième méditation – Je suis la résurrection et la vie
Lecture : Jean 11.17–27.
Lorsque Jésus arrive auprès de Marthe, son frère Lazare est mort.
La famille est dans le deuil.
Marthe aurait voulu que Jésus soit présent plus tôt. Elle sait qu’il aurait pu intervenir.
Sa parole exprime à la fois sa peine et sa confiance.
Jésus ne commence pas par lui expliquer toutes les raisons de cette mort.
Il lui annonce une promesse extraordinaire : son frère ressuscitera.
Puis il prononce une parole qui se trouve au cœur de l’espérance chrétienne : il est lui-même la résurrection et la vie.
Il ne se présente pas simplement comme un maître capable de nous enseigner quelque chose sur la mort.
Il se présente comme celui en qui se trouve la vie.
Cette affirmation prend tout son sens à la lumière de sa propre mort et de sa résurrection.
Jésus-Christ a été crucifié. Il est véritablement mort. Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts.
La résurrection du Christ est donc le fondement de l’espérance chrétienne.
Cela ne signifie pas que les chrétiens ne meurent pas.
Cela signifie que la mort n’aura pas le dernier mot pour ceux qui appartiennent à Jésus-Christ.
L’Évangile annonce une vie que nous ne pouvons pas nous donner nous-mêmes.
Cette vie est reçue par la foi en Jésus-Christ.
C’est pourquoi, devant la mort, la question la plus importante n’est pas de savoir si nous avons accompli suffisamment de bonnes œuvres pour mériter le ciel.
La question est celle de notre relation avec Jésus-Christ.
Avons-nous placé notre confiance en lui ?
Reconnaissons-nous en lui le Sauveur qui a porté le péché et vaincu la mort ?
Nous n’avons pas à nous présenter devant Dieu en invoquant nos propres mérites.
L’Évangile nous appelle à nous confier en Jésus-Christ, qui sauve par grâce ceux qui viennent à lui avec foi.
Même lorsque nos forces diminuent, cette invitation demeure.
Nous pouvons nous tourner vers le Christ et lui demander son pardon, sa grâce et la vie qu’il promet.
La mort reste une réalité grave. Elle demeure un ennemi.
Mais Jésus-Christ est ressuscité.
Et c’est en lui que se trouve notre espérance.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur Jésus-Christ,
Tu es la résurrection et la vie.
Tu as connu la mort et tu en es sorti victorieux.
Nous venons devant toi avec notre faiblesse et notre besoin de salut.
Tu connais cette personne, son histoire, ses inquiétudes et les questions qu’elle porte.
Nous te demandons de lui faire entendre la vérité de ton Évangile.
Par ton Saint-Esprit, conduis-la à reconnaître en toi le Sauveur.
Accorde-lui de se confier en ta grâce et de recevoir avec foi la promesse de la vie éternelle.
Nous te demandons également de soulager ses souffrances et de lui donner le repos dont elle a besoin.
Soutiens ses proches et garde-les dans la vérité et dans l’amour.
Que notre espérance ne repose pas sur nos mérites, mais sur ton œuvre accomplie à la croix et sur ta résurrection.
À toi soient la gloire et la louange.
Amen.
Troisième possibilité – Lorsque la personne ne peut presque plus parler
Lecture proposée : Jean 14.1–3.
L’aumônier peut dire simplement :
Jésus-Christ appelle ceux qui se confient en lui à ne pas laisser leur cœur se troubler. Il a ouvert, par sa mort et sa résurrection, le chemin de la vie auprès du Père.
Nous pouvons lui remettre nos inquiétudes et lui demander de nous garder dans sa grâce.
Prière brève
Seigneur Jésus-Christ,
Tu connais cette personne et ce qu’elle traverse.
Accorde-lui le soulagement et le repos.
Fais-lui entendre ta Parole.
Conduis-la dans la vérité de ton Évangile.
Soutiens ceux qui l’aiment et qui demeurent auprès d’elle.
Nous remettons cette journée entre tes mains.
Amen.
Indications pratiques pour l’aumônier
La première méditation convient particulièrement lorsque la personne exprime une peur générale de mourir, sans nécessairement poser de questions doctrinales.
La deuxième convient lorsqu’elle souhaite parler de la vie éternelle, de la foi, du pardon et de l’espérance chrétienne. L’aumônier peut alors annoncer explicitement l’appel à la foi en Jésus-Christ, sans supposer que la personne est déjà croyante.
La troisième proposition convient lorsque la fatigue ou l’état physique ne permet plus une longue conversation.
Si la personne exprime la peur de souffrir, la réponse pastorale ne doit pas se substituer à une prise en charge médicale appropriée. L’aumônier peut faciliter le dialogue avec l’équipe soignante.
Il ne doit pas non plus affirmer que la personne est sauvée sur la seule base d’une émotion, d’une formule prononcée ou d’un silence interprété comme une adhésion.
Enfin, il convient de ne pas faire de chaque visite une confrontation avec la mort. Une personne gravement malade demeure une personne vivante, avec ses relations, ses désirs, ses préoccupations et sa dignité.
Renvois internes à prévoir : C20 – Accompagner les derniers jours ; prières au chevet ; accompagnement des proches ; espérance de la résurrection ; culte hospitalier au seuil de la mort.
Statut éditorial : texte original de travail, à harmoniser avec le chapitre C20 et les formulaires existants avant intégration.