Fiche pastorale 05 – Lorsque la douleur ne cesse pas
Comprendre la situation
La douleur persistante est une épreuve particulière. Elle peut devenir une présence presque constante, qui occupe les pensées, interrompt le sommeil et réduit les forces disponibles pour les gestes les plus simples.
Une personne qui souffre depuis longtemps peut avoir entendu beaucoup de paroles encourageantes sans en avoir reçu de véritable consolation. Elle peut aussi éprouver de la colère, du découragement ou le sentiment de ne plus être comprise.
L’aumônier ne doit pas chercher à expliquer trop rapidement cette souffrance. Il ne connaît pas les raisons particulières pour lesquelles Dieu permet cette épreuve. Il ne peut pas davantage promettre que la prière entraînera nécessairement la disparition de la douleur.
Son rôle consiste à écouter, à prendre au sérieux ce que la personne exprime et à lui rappeler, lorsqu’elle le souhaite, les promesses de l’Évangile.
Comment aborder la personne
L’aumônier commence par demander comment se déroule la journée et si la personne dispose de suffisamment de forces pour recevoir une visite.
Il peut lui demander ce qui est actuellement le plus difficile : la douleur elle-même, la fatigue, le manque de sommeil, l’incertitude ou le sentiment d’isolement.
Il ne met pas en doute la douleur rapportée. Si la personne indique qu’elle souffre beaucoup ou que son traitement ne la soulage pas, il peut l’encourager à en parler à l’équipe soignante et, avec son accord, faciliter cette communication.
Il évite notamment de suggérer que la persistance de la douleur révélerait une foi insuffisante.
Une lecture biblique courte peut être préférable à un développement prolongé. Si la personne ne peut plus se concentrer, quelques versets et une prière suffiront.
Lectures bibliques proposées : Psaume 13.2–6 ; 2 Corinthiens 12.7–10 ; Hébreux 4.14–16.
Première méditation – Jusqu’à quand, Seigneur ?
Lecture : Psaume 13.2–6.
Il existe des souffrances qui semblent ne jamais vouloir finir.
Lorsque la douleur dure depuis des jours, des semaines ou des mois, il devient difficile de penser à autre chose. Les forces diminuent. Le sommeil ne répare plus suffisamment. Même les paroles de consolation peuvent devenir pénibles à entendre.
Dans ces circonstances, une question peut monter du cœur : jusqu’à quand ?
Cette question se trouve dans la Bible.
Le Psaume 13 commence précisément par la plainte d’un homme qui ne comprend plus pourquoi son épreuve se prolonge. David demande à Dieu combien de temps il devra encore attendre.
Ce qui est remarquable, c’est que cette plainte fait partie de la prière.
David ne cesse pas de s’adresser au Seigneur. Il lui apporte son trouble, son impatience et son sentiment d’abandon.
La Bible nous apprend ainsi qu’il n’est pas nécessaire de dissimuler notre souffrance pour nous approcher de Dieu.
Nous pouvons lui dire que nous avons mal. Nous pouvons lui confier notre fatigue. Nous pouvons même lui avouer que nous ne comprenons pas pourquoi cette épreuve dure si longtemps.
Dieu n’a pas besoin de paroles artificiellement rassurantes.
À la fin du psaume, David retrouve une expression de confiance dans la bonté du Seigneur. Cela ne signifie pas que toutes ses difficultés ont immédiatement disparu. Le texte ne nous donne pas cette assurance.
Mais il montre qu’une personne éprouvée peut continuer à chercher Dieu, même lorsqu’elle ne comprend pas ce qui lui arrive.
Cette confiance trouve son fondement le plus profond en Jésus-Christ.
Le Seigneur Jésus a lui-même connu la souffrance. Il a été rejeté, frappé et crucifié. Il n’est donc pas un Sauveur étranger à la condition humaine.
Et parce qu’il est ressuscité, la souffrance et la mort n’auront pas le dernier mot pour ceux qui lui appartiennent.
Aujourd’hui, nous pouvons demander à Dieu le soulagement de cette douleur. Nous pouvons également lui demander de nous soutenir lorsque le soulagement tarde.
La prière peut être très simple : Seigneur, tu vois ma souffrance. Viens à mon secours.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur notre Dieu,
Nous venons devant toi avec cette douleur qui dure et qui épuise.
Tu connais les nuits difficiles, les journées trop longues, la fatigue qui s’accumule et le découragement qui peut gagner le cœur.
Nous te demandons d’accorder à cette personne un véritable soulagement.
Donne aux médecins et aux soignants la sagesse nécessaire pour comprendre sa souffrance et rechercher les moyens appropriés de l’apaiser.
Soutiens-la lorsque ses forces diminuent.
Garde-la de l’isolement et permets qu’elle trouve auprès d’elle des personnes attentives et fidèles.
Seigneur, nous ne prétendons pas comprendre toutes les raisons de cette épreuve.
Mais nous savons que nous pouvons t’apporter nos plaintes et nos demandes.
Par ton Saint-Esprit, tourne nos regards vers Jésus-Christ, qui a connu la souffrance et qui est vivant pour toujours.
Accorde-nous le secours nécessaire pour aujourd’hui.
Au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur.
Amen.
Deuxième méditation – Ma grâce te suffit
Lecture : 2 Corinthiens 12.7–10.
L’apôtre Paul raconte qu’il a connu une épreuve particulièrement pénible, qu’il appelle une écharde dans sa chair.
Nous ne savons pas avec certitude quelle était la nature de cette souffrance. Il serait donc imprudent d’affirmer qu’il s’agissait d’une maladie précise.
Mais nous savons qu’elle était suffisamment éprouvante pour que Paul demande à plusieurs reprises au Seigneur d’en être délivré.
Il a prié pour que cette épreuve disparaisse.
Et pourtant, le Seigneur ne lui a pas accordé la délivrance qu’il demandait.
Il lui a répondu que sa grâce lui suffisait et que sa puissance s’accomplissait dans la faiblesse.
Cette parole doit être entendue avec beaucoup de délicatesse.
Elle ne signifie pas que la souffrance serait bonne en elle-même. Elle ne signifie pas non plus qu’il faudrait renoncer aux soins ou cesser de demander la guérison.
Paul lui-même avait demandé à être délivré.
Mais il a découvert que la fidélité du Christ ne dépendait pas de la disparition immédiate de son épreuve.
Il est possible de demeurer faible et d’être soutenu par la grâce de Dieu.
Il est possible de ne plus avoir la force de prier longuement et de continuer pourtant à appartenir au Seigneur.
Il est possible d’être découragé sans que l’amour du Christ ait disparu.
Lorsque nous souffrons, nous voudrions naturellement retrouver nos forces. Nous pouvons et devons demander le soulagement.
Mais notre espérance chrétienne ne repose pas sur notre capacité à devenir forts.
Elle repose sur Jésus-Christ, qui nous a aimés jusque dans la mort et qui est ressuscité.
C’est pourquoi nous pouvons lui demander aujourd’hui non seulement de soulager notre souffrance, mais aussi de nous garder dans sa grâce.
Prière prononcée par l’aumônier
Seigneur Jésus-Christ,
Nous venons à toi dans notre faiblesse.
Tu connais cette douleur persistante et les forces qu’elle retire à cette personne.
Nous te demandons de la soulager.
Bénis les soins qui lui sont apportés. Donne aux professionnels de santé la compétence et l’attention nécessaires pour rechercher les traitements les mieux adaptés.
Lorsque la fatigue devient trop grande, soutiens-la par ta grâce.
Lorsqu’elle ne trouve plus les mots pour prier, rappelle-lui qu’elle peut simplement se tourner vers toi.
Garde-nous de croire que ta fidélité dépend de notre force.
Tu es le Sauveur crucifié et ressuscité.
Apprends-nous à recevoir de toi le secours nécessaire pour traverser cette journée.
Nous te remettons aussi les proches de cette personne, afin qu’ils puissent l’accompagner avec patience et amour.
À toi soient la gloire et la louange, maintenant et toujours.
Amen.
Troisième possibilité – Lorsque la personne est trop épuisée pour écouter une méditation
Lecture très brève : Hébreux 4.15–16.
L’aumônier peut simplement dire :
Jésus-Christ connaît la souffrance humaine. Nous pouvons nous approcher de lui avec confiance et lui demander secours. Nous n’avons pas besoin de trouver beaucoup de mots.
Prière brève
Seigneur Jésus-Christ,
Tu connais cette souffrance et cette fatigue.
Nous te demandons le soulagement, le repos et la force nécessaire pour aujourd’hui.
Soutiens cette personne par ta grâce et bénis ceux qui la soignent.
Amen.
Indications pratiques
Les deux méditations principales sont des alternatives. Il ne convient pas de les lire successivement à une personne épuisée.
La première est particulièrement adaptée lorsque le malade exprime sa lassitude, sa colère ou son incompréhension devant une souffrance qui se prolonge.
La seconde convient davantage lorsque la personne se demande si sa faiblesse est compatible avec la foi ou si Dieu l’a abandonnée.
La troisième proposition est destinée aux moments où l’attention est très limitée.
L’aumônier peut également proposer de revenir un autre jour. Une visite brève, respectueuse et renouvelée sera parfois plus utile qu’une intervention longue.
Renvois internes à prévoir : prière pour les malades ; accompagnement dans la souffrance ; prière biblique et psaumes ; méditations brèves pour la visite hospitalière ; culte hospitalier consacré à la souffrance persistante.
Statut éditorial : texte original de travail. Références bibliques et articulation avec les chapitres existants à contrôler avant intégration au manuscrit.