Les Béatitudes proclamées

4ᵉ dimanche du temps ordinaire – Année A : Les Béatitudes : grâce de l’alliance et renversement des valeurs (Matthieu 5.1–12)

Dans le monde mili­taire, la force, la maî­trise et la capa­ci­té à déci­der occupent une place impor­tante. On attend d’un chef qu’il tienne dans l’épreuve et d’un équi­page qu’il accom­plisse sa mis­sion. Les Béa­ti­tudes peuvent dès lors sur­prendre : Jésus pro­clame heu­reux les pauvres en esprit, les doux, les affli­gés et ceux qui ont faim et soif de jus­tice.

Le Christ ne célèbre pas l’impuissance ni le renon­ce­ment au devoir. Il ren­verse notre manière de mesu­rer la valeur d’un homme. Aux yeux de Dieu, la gran­deur ne se confond ni avec le grade ni avec la répu­ta­tion. Le chef qui recon­naît ses limites peut être plus sage que celui qui feint de tout savoir. Celui qui refuse l’humiliation du plus faible peut mani­fes­ter davan­tage de cou­rage que celui qui impose le silence par la peur.

Les Béa­ti­tudes ne sont pas un pro­gramme pour se rendre digne de la grâce. Elles décrivent la vie de ceux que Dieu appelle à son Royaume. L’apôtre Paul rap­pelle que nul ne peut se glo­ri­fier devant lui : notre salut repose sur le Christ, non sur une per­for­mance humaine. La force spi­ri­tuelle naît pré­ci­sé­ment de cette dépen­dance.

Dans la vie des armes, cette véri­té donne sa juste place à l’autorité. Com­man­der n’autorise pas à mépri­ser ; obéir n’oblige pas à renon­cer à sa conscience. La jus­tice, la misé­ri­corde et la paix ne sont pas des fai­blesses oppo­sées au cou­rage. Elles en révèlent la fina­li­té.

Prière

Père céleste, délivre-nous de l’orgueil qui mesure les per­sonnes à leur puis­sance. Donne aux chefs la sagesse et l’humilité, aux subor­don­nés la digni­té et le cou­rage, et à tous la faim de ta jus­tice. Forme en nous le carac­tère de Jésus-Christ. Amen.