Pour lire l’image : Le clair-obscur conduit le regard vers la prière et l’espérance du Psaume 67.
Introduction au psaume
Le Psaume 67 est un prière de bénédiction et hymne missionnaire. Il déploie la bénédiction d’Israël destinée à faire connaître le salut de Dieu parmi toutes les nations. Sa prière porte l’expérience humaine devant le Dieu de l’alliance et conduit l’assemblée à recevoir sa parole, à lui répondre et à espérer son œuvre. Dans la liturgie, il convient particulièrement aux moments suivants : Adoration ; Intercession ; Bénédiction. Chacun de ces emplois doit respecter le mouvement entier du psaume et non isoler une formule rassurante de son contexte.
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Paroles
Version chantée du recueil ARC, Psaume 67.
1. Que Dieu nous bénisse et nous garde,
Lui dont la joie est de donner ;
Dans son amour qu’il nous regarde
Et nous serons illuminés.
Tous ceux qui espèrent
Verront sur la terre
S’ouvrir un chemin,
Car Dieu qui s’avance
Est la délivrance
De tous les humains.
2. Que tout pays lui rende grâce
Avec des chants, des cris de joie.
Il vient régner sur toute race
Et gouverner selon le droit.
La terre est féconde
Et ses fruits abondent
Car Dieu nous bénit.
Oh ! que Dieu bénisse
Ceux que sa justice
En tous lieux unit.
Le psaume dans le Psautier de Genève
Le Psaume 67 appartient au Psautier complet de Genève. Le recueil ARC en propose la pièce « Que Dieu nous bénisse » sous le numéro 67. Le répertoire canonique l’attribue à la tradition versifiée de Clément Marot et/ou Théodore de Bèze selon les données propres à cette pièce ; aucune attribution plus précise n’est ajoutée ici lorsqu’elle n’est pas établie. Le chant met la Parole biblique sur les lèvres de l’assemblée : il unit mémoire de l’alliance, prière commune et réponse croyante. Son usage liturgique principal relève de adoration ; intercession ; bénédiction. Lu dans l’unité de l’Écriture, le psaume conserve sa première portée en Israël et trouve son accomplissement en Jésus-Christ, Roi, juste, priant et Sauveur de son peuple.
Texte intégral du psaume – Louis Segond 1910
1. (67:1) Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume. Cantique. (67:2) Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, Qu’il fasse luire sur nous sa face, ‑Pause.
2. (67:3) Afin que l’on connaisse sur la terre ta voie, Et parmi toutes les nations ton salut !
3. (67:4) Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent.
4. (67:5) Les nations se réjouissent et sont dans l’allégresse ; Car tu juges les peuples avec droiture, Et tu conduis les nations sur la terre. ‑Pause.
5. (67:6) Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent.
6. (67:7) La terre donne ses produits ; Dieu, notre Dieu, nous bénit.
7. (67:8) Dieu, nous bénit, Et toutes les extrémités de la terre le craignent.
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Brève exégèse du texte
Le Psaume 67 doit être lu comme une unité poétique et théologique. Ses 7 versets ne juxtaposent pas des sentences indépendantes : ils conduisent le lecteur selon un mouvement de prière. L’ouverture – « (67:1) Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume. Cantique. (67:2) Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, Qu’il fasse luire sur nous sa face, ‑Pause. » – établit la situation, l’adresse ou l’appel initial. La conclusion – « (67:8) Dieu, nous bénit, Et toutes les extrémités de la terre le craignent. » – montre vers quelle confession, demande ou louange ce mouvement tend. Cette trajectoire commande l’interprétation : la bénédiction d’Israël destinée à faire connaître le salut de Dieu parmi toutes les nations.
Le genre du texte – prière de bénédiction et hymne missionnaire – détermine sa manière de parler. La poésie hébraïque avance par parallélismes, reprises, contrastes et intensifications. Une seconde ligne ne répète pas mécaniquement la première : elle la précise, l’élargit ou la porte à son accomplissement. Les changements de personne, les impératifs, les questions et les images signalent les articulations du poème. Il faut donc observer qui parle, à qui, devant quels témoins et à quel moment la plainte devient confiance, l’enseignement louange ou la mémoire espérance.
Le nom rendu par « l’Éternel » traduit le tétragramme YHWH et inscrit la prière dans l’alliance. Le psalmiste ne s’adresse pas à une puissance religieuse indéterminée, mais au Dieu qui s’est fait connaître, qui a délivré son peuple et qui demeure fidèle à sa promesse. Lorsque le psaume parle de bonté, de fidélité, de justice ou de salut, ces mots décrivent les actes du Dieu de l’alliance. La grâce n’efface donc ni la vérité ni le jugement : elle délivre le pécheur, restaure le peuple et ordonne une vie d’obéissance reconnaissante.
Les images du Psaume 67 donnent à cette confession une forme incarnée. Elles ne sont ni décoratives ni ésotériques. Elles traduisent dans le langage du corps, du chemin, de la maison, de la création, du combat ou du sanctuaire la manière dont Dieu rencontre son peuple. La réalité du mal n’est pas niée, mais elle n’est jamais souveraine. Le fidèle peut nommer la peur, la faute, l’injustice ou l’épuisement sans leur abandonner le dernier mot. La prière devient ainsi un acte de vérité devant Dieu et un refus des faux appuis.
La lecture canonique conduit à Jésus-Christ sans supprimer Israël ni transformer chaque détail en symbole arbitraire. Jésus a prié les psaumes, accompli l’obéissance qu’ils réclament et porté en sa passion la détresse du juste. Sa résurrection atteste la victoire du jugement et de la grâce. Les affirmations royales, sacerdotales, sapientielles ou pénitentielles trouvent en lui leur centre : il est le Roi fidèle, le Serviteur sans fraude et le Médiateur par lequel l’Église peut reprendre toute la prière inspirée.
La structure de l’alliance relie enfin l’individu et la communauté. Même lorsque le « je » domine, le priant appartient au peuple que Dieu rassemble ; même lorsque le « nous » parle, chaque fidèle est personnellement appelé à croire et à obéir. Le sanctuaire, Sion, la création, l’histoire d’Israël et les nations ne doivent donc pas être réduits à des états intérieurs. Ils inscrivent la prière dans l’œuvre publique de Dieu. Le Psaume 67 forme ainsi une conscience ecclésiale : la délivrance reçue devient témoignage, la justice demandée devient engagement, et la louange répond à une grâce qui précède toute œuvre humaine.
Martin Luther caractérise ce psaume par cet extrait exact : « A prayer for the enlargement of God’s kingdom, to the joy of the people, and the increase of ». Source vérifiée : Martin Luther, A Manual of the Book of Psalms, section « Psalm LXVII », traduction anglaise de Henry Cole, Londres, 1837, texte du domaine public, Project Gutenberg, livre numérique 75892 : https://www.gutenberg.org/cache/epub/75892/pg75892.txt. Cet extrait situe le Psaume 67 dans la prière et la doctrine de l’Église ; il ne dispense pas de suivre le texte verset par verset.
Pastoralement, le Psaume 67 n’offre ni technique de protection ni promesse de confort immédiat. Il apprend à porter toute l’existence devant Dieu, à distinguer la foi de l’optimisme et à recevoir l’espérance comme dépendance envers la parole divine. L’Église peut donc le chanter dans les moments de adoration ; intercession ; bénédiction, à condition de laisser sa progression complète former la prière. En Christ, elle confesse que Dieu demeure fidèle, que le mal sera jugé, que le pardon est réel et que l’obéissance reconnaissante est le fruit de la grâce.
Observation du texte
Relisez les 7 versets d’un seul tenant. Qui parle et à qui ? Quels mots, verbes, images ou noms divins reviennent ? Comment l’ouverture prépare-t-elle la conclusion ? Où se produit le principal changement de ton ? Quels parallélismes précisent ou intensifient la pensée ? Distinguez ce que le psaume affirme de Dieu, ce qu’il reconnaît de l’être humain et ce qu’il demande. Vérifiez enfin que votre lecture rend compte de l’ensemble et ne repose pas seulement sur un verset familier.
Interprétation théologique
Que révèle le Psaume 67 de la sainteté, de la justice, de la bonté et de la fidélité de Dieu ? Comment l’alliance éclaire-t-elle la bénédiction d’Israël destinée à faire connaître le salut de Dieu parmi toutes les nations ? Quelle place le texte donne-t-il au péché, au jugement, au pardon, à la providence et à l’espérance ? Comment Jésus-Christ assume-t-il et accomplit-il cette prière ? De quelle manière sa mort et sa résurrection empêchent-elles une lecture triomphaliste ou moraliste ? Que reçoit ici l’Église pour sa confession, son culte et son témoignage ?
Appropriation spirituelle
Quelle réalité personnelle ou communautaire peux-tu présenter à Dieu avec les mots du Psaume 67 ? Quel faux appui ou quelle résistance ce texte met-il en lumière ? Quel attribut de Dieu soutient l’attente et l’obéissance ? Choisis un verset à mémoriser sans l’arracher au mouvement du psaume. Formule ensuite une confession, une intercession et un acte concret de consécration. L’appropriation chrétienne ne consiste pas à se placer spontanément parmi les justes, mais à recevoir en Christ le pardon et la fidélité qui rendent possible une vie nouvelle.
Conclusion pastorale
Le Psaume 67 donne à l’Église des mots vrais pour la bénédiction d’Israël destinée à faire connaître le salut de Dieu parmi toutes les nations. Il nous apprend à prier sans feinte, à attendre sans passivité et à vivre de la fidélité de Dieu manifestée en Jésus-Christ.
