Matthieu 25.31–46 : Le jugement des nations – Vincent Bru (prédication)

Mat­thieu 25.31–46 : Le juge­ment des nations – Pré­di­ca­tion du pas­teur Vincent Bru

Dimanche 26 novembre 2023 – N’Djaména (Tchad)

Vous vous rap­pe­lez qu’on a par­lé dimanche der­nier de cette fameuse para­bole des talents et du triste sort qui est réser­vé au troi­sième ser­vi­teur, celui qui, contrai­re­ment aux deux pre­miers qui ont su faire fruc­ti­fier les biens que le maître leurs avait confiés, a enter­ré son talent dans un trou, celui donc qui n’a pas aimé, qui n’a pas œuvré pour le royaume, qui est res­té inac­tif, impro­duc­tif, inutile, car la foi sans les œuvres est morte, celui sur­tout qui n’a pas su, qui n’a pas vou­lu savoir que tout est grâce, mais encore faut-il se sai­sir de cette grâce, la faire sienne, se l’ap­pro­prier !

Alors oui, de celui-ci il est dit – et le juge­ment peut sem­bler sévère ?!

« Et le ser­vi­teur inutile, jetez le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grin­ce­ments de dents. »

Mat­thieu 25.30

Jugement dernier

Alors bien sûr on com­prend tout de suite quand on lit ça, qu’avec le Sei­gneur, quand vient le moment du Juge­ment der­nier, alors ça ne rigole plus, et que la vision que nous en avons par­fois, notre vision du Sei­gneur, de Jésus-Christ n’est qu’une cari­ca­ture de qui il est véri­ta­ble­ment.

Parce que l’on se sou­vient du petit Jésus de la crèche de notre enfance, mais l’on oubli par­fois, il faut bien l’avouer, le Christ Pan­to­cra­tor, Créa­teur et Sei­gneur de l’Univers, vrai Dieu et vrai homme à la fois, à qui « tout pou­voir a été don­né dans le ciel et sur la terre », selon la finale de l’évangile de Mat­thieu, le Christ Roi.

Nous conce­vons un dieu à notre image, un petit dieu, qui pense et qui rai­sonne de la même manière que les hommes.

Alors on s’en fait une image com­mode, un peu trop com­mode pour être le Dieu véri­table, la véri­table image de Dieu, car la véri­table image de Dieu, c’est Jésus-Christ.

Or, c’est bien Jésus-Christ qui nous parle ici, qui nous dit qui il est et ce qu’il va faire quand le moment sera venu, c’est bien lui qui nous parle dans ces cha­pitres de l’évangile de Mat­thieu, dans ces para­boles, qui éta­blissent bel et bien une dif­fé­rence radi­cale entre les bons et les méchants, entre les vierges sages et les vierges folles, entre les ser­vi­teurs utiles, les bons ser­vi­teurs, qui tra­vaillent dur pour le royaume et qui font fruc­ti­fier leurs talents, et le ser­vi­teur inutile, infi­dèle, mau­vais, qui n’a pas sa place dans le royaume des cieux.

Ce Jésus-Christ qui est amour, qui nous a mon­tré l’exemple en lavant les pieds de ses dis­ciples, qui a don­né sa vie par amour pour nous, pour nous déli­vrer de l’esclavage du péché, ce même Jésus-Christ est aus­si, il ne faut sur­tout pas l’ou­blier, le « Roi des rois et le Sei­gneur des sei­gneurs », comme aus­si notre sou­ve­rain Juge, le Juge des nations, quand le moment sera venu.

Certes, il est déjà là, main­te­nant, aus­si, le Roi et le Juge, mais il est d’abord, aujourd’hui, le Sau­veur, tan­dis que quand il revien­dra dans sa gloire, alors là, il sera le Juge de tous. Point fini.

« Il vien­dra de là pour juger les vivants et les morts » !

C’est ce que nous confes­sons dans le Cre­do !

Nous vivons aujourd’hui le temps de la patience de Dieu, le temps de la grâce, du salut, du par­don, mais quand ce temps-là tou­che­ra à sa fin, alors ce sera tout autre chose, et il fau­dra bien que le Sei­gneur de l’univers exerce plei­ne­ment son office de Juge, de Roi, et non plus seule­ment celui de Prêtre et de Pro­phète.

Car en théo­lo­gie clas­sique, Jésus-Christ est bel et bien, tout à la fois Pro­phète, Prêtre et Roi.

Il est le sou­ve­rain Pro­phète, qui nous révèle le Père.

Il est le sou­ve­rain Prêtre, qui offre sa vie en sacri­fice pour le péché.

Et il est le sou­ve­rain Roi, qui règne véri­ta­ble­ment sur l’É­glise, comme aus­si sur le monde, et sur l’u­ni­vers tout entier.

Le bon grain et l’ivraie

En tant que Juge il est écrit qu’il sépa­re­ra le bon grain de l’ivraie, pour reprendre l’image de cette autre para­bole que nous connais­sons bien : la para­bole de l’ivraie.

Il y a dans le champ de ce monde de la mau­vaise herbe. Cela, nous le savons tous. Le mal existe ! Ce n’est pas une illu­sion.

Le mal existe d’abord en nous-mêmes, et il nous faut lut­ter contre lui, et il existe à l’extérieur de nous-mêmes, dans les actions mau­vaises des hommes, comme aus­si chez l’Ennemi de Dieu, Satan, et les démons.

Donc l’ivraie existe, dans le champ du monde. Il y a le bon grain, et l’ivraie, la mau­vaise herbe.

Nous pour­rions être ten­tés d’arracher l’ivraie, mais voi­là que le Sei­gneur nous dit que ce n’est pas à nous de le faire, que cela lui appar­tient, à lui seul, et que cela se fera cer­tai­ne­ment quand il revien­dra, le jour du Juge­ment der­nier, au moment de la Parou­sie.

Des brebis et des boucs !

Force est de consta­ter que ce hia­tus, cette rup­ture entre deux caté­go­ries d’individus qui sont repré­sen­tés dans notre para­bole par les bre­bis et les boucs, ou dans cette autre para­bole entre le bon grain et l’ivraie, cette oppo­si­tion franche ne nous est plus si fami­lière que cela.

Force est de consta­ter en effet qu’il devient dif­fi­cile aujourd’­hui de rai­son­ner d’une manière qui soit véri­ta­ble­ment chré­tienne, pour peu que nous n’ayons pas été cor­rec­te­ment ni suf­fi­sam­ment caté­chi­sés, évan­gé­li­sés, ins­truits dans la foi chré­tienne.

Car on nous dit, jusque dans la chan­son popu­laire que vous connais­sez sans doute, que : « Nous irons tous au para­dis » !

Eh bien non ! Selon la Parole de Dieu, nous n’irons pas tous au Para­dis !

Et voi­là que notre para­bole d’aujourd’hui vient confir­mer cette grande et belle, et dure, et dif­fi­cile véri­té que tous ne seront pas sau­vés à la fin, que tous n’hériteront pas du royaume de Dieu.

Car voi­ci que notre texte nous parle d’un roi qui à son retour fera le tri entre les bre­bis et les boucs, et qu’il met­tra les pre­miers à sa droite, et les seconds à sa gauche : ce n’est pas la même chose que d’être à la droite du Sei­gneur, ou bien à sa gauche ! Car des pre­miers il est dit qu’ils sont les « bénis de son Père » (ver­set 34), tan­dis que des seconds il est dit, je lis à par­tir du ver­set 41 :

41Re­ti­rez-vous de moi, mau­dits, allez dans le feu éter­nel pré­pa­ré pour le diable et pour ses anges. 42Car j’ai eu faim, et vous ne m’a­vez pas don­né à man­ger ; j’ai eu soif, et vous ne m’a­vez pas don­né à boire. 43J’étais étran­ger, et vous ne m’a­vez pas recueilli ; nu, et vous ne m’a­vez pas vêtu ; malade et en pri­son, et vous ne m’a­vez pas visi­té. 44Alors ils répon­dront eux aus­si : Sei­gneur, quand t’a­vons-nous vu ayant faim ou soif, étran­ger, ou nu, ou malade, ou en pri­son, et ne t’a­vons-nous pas ren­du ser­vice ? 45Alors il leur répon­dra : En véri­té, je vous le dis, dans la mesure où vous n’a­vez pas fait cela à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’a­vez pas fait. 46Et ceux-ci iront au châ­ti­ment éter­nel, mais les justes à la vie éter­nelle.

Vous voyez donc qu’il est ques­tion de deux choses ici, de deux pos­si­bi­li­tés quant au sort qui nous attend dans l’é­ter­ni­té : le châ­ti­ment éter­nel, ou bien la vie éter­nelle.

Le châ­ti­ment ou bien la vie.

C’est soit l’un, soit l’autre.

Ça ne peut pas être l’un et l’autre à la fois.

« Fils de l’homme » / « Berger »

Mais reve­nons au début de notre texte, les ver­sets 31 et sui­vants, qui posent tout de suite le décors : Il s’agit de la Parou­sie, à n’en pas dou­ter, du retour en gloire du Christ, selon sa pro­messe, et du Juge­ment der­nier dont il est aus­si ques­tion au cha­pitre 24 du même évan­gile, la mini Apo­ca­lypse, comme aus­si bien évi­dem­ment dans l’Apocalypse de l’apôtre Jean. Je lis au ver­set 31 :

31 Lorsque le Fils de l’homme vien­dra dans sa gloire, avec tous les anges, il s’as­sié­ra sur son trône de gloire. 32Toutes les nations seront assem­blées devant lui. Il sépa­re­ra les uns d’a­vec les autres, comme le ber­ger sépare les bre­bis d’a­vec les boucs, 33et il met­tra les bre­bis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

Le décors est donc posé : Toutes les nations de la terre sont ras­sem­blées devant le trône du Christ, qui nous est pré­sen­té ici à la foi comme le « Fils de l’homme », nous y revien­drons, et comme « le ber­ger du trou­peau », de son trou­peau, et com­ment ne pas pen­ser ici à la para­bole du bon ber­ger de Jean 10 :

7 Jésus leur dit encore : En véri­té, en véri­té, je vous le dis, moi, je suis la porte des bre­bis. 8Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bri­gands ; mais les bre­bis ne les ont pas écou­tés. 9Moi, je suis la porte ; si quel­qu’un entre par moi, il sera sau­vé ; il entre­ra et sor­ti­ra et trou­ve­ra des pâtu­rages. 10Le voleur ne vient que pour voler et tuer et détruire ; moi, je suis venu, afin que les bre­bis aient la vie et qu’elles l’aient en abon­dance.

11 Moi, je suis le bon ber­ger. Le bon ber­ger donne sa vie pour ses bre­bis.

Jean 10.7–11

Nous pen­sons aus­si bien sûr à notre pre­mière lec­ture dans le livre du pro­phète Ézé­chiel 34.11–12.15–17 [Bible de Jéru­sa­lem]

11 Ain­si parle le SEIGNEUR Dieu.

Voi­ci que moi-même, je m’occuperai de mes bre­bis,

et je veille­rai sur elles.

12 Comme un ber­ger veille sur les bre­bis de son trou­peau

quand elles sont dis­per­sées,

ain­si je veille­rai sur mes bre­bis,

et j’i­rai les déli­vrer dans tous les endroits

où elles ont été dis­per­sées

un jour de nuages et de sombres nuées.

15 C’est moi qui ferai paître mon trou­peau,

et c’est moi qui le ferai repo­ser,

- oracle du SEIGNEUR Dieu !

16 La bre­bis per­due, je la cher­che­rai ;

l’é­ga­rée, je la ramè­ne­rai.

Celle qui est bles­sée, je la pan­se­rai.

Celle qui est malade, je lui ren­drai des forces.

Celle qui est grasse et vigou­reuse,

je la gar­de­rai, je la ferai paître selon le droit.

17 Et toi, mon trou­peau,

- ain­si parle le SEIGNEUR Dieu,

voi­ci que je vais juger entre bre­bis et bre­bis,

entre les béliers et les boucs.

Cette image du bon ber­ger nous est, il est vrai, fami­lière et fort sym­pa­thique, car elle évoque la bien­veillance du Sei­gneur envers son peuple, sa pro­vi­dence active, tou­jours agis­sante, jamais en som­meil, pour nous déli­vrer des mains de l’adversaire, des pro­jets mal­veillants de tous les loups qui nous veulent du mal, qui veulent du mal à son peuple.

Il nous faut dire aus­si un mot sur la figure du « Fils de l’homme » dont il est aus­si ques­tion dans notre texte.

La figure du « Fils de l’homme » évoque dans les évan­giles la per­sonne même de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, mais en tant que Juge, et non pas d’abord, en tant que Sau­veur.

Ici il est ques­tion du Juge.

A chaque fois qu’il est ques­tion du « Fils de l’homme », vous pou­vez être assu­rés que « ça va chauf­fer » !

Car à chaque fois qu’il en est ques­tion, nous avons une des­crip­tion plus ou moins détaillée, comme c’est le cas notam­ment dans le Livre de l’Apocalypse, du Juge­ment der­nier, c’est-à-dire du juge­ment des nations (Daniel 7.9–10 ; Luc 12.8 ; Marc 3.1 ; Actes 7.55–56 ; Apo­ca­lypse 1.12–19).

Or quel est selon vous le sujet de notre texte d’aujourd’hui ? Et bien, notre texte nous parle du juge­ment des nations, ni plus, ni moins, à la fin des temps.

Atten­tion, il ne s’agit pas seule­ment ici du juge­ment per­son­nel, qui nous concerne tous en tant qu’individu, bien sûr.

L’apôtre Paul ne dit-il pas que « nous com­pa­rai­trons tous devant le tri­bu­nal de Dieu ? »

2 Corin­thiens 5.10, et je lis à par­tir du ver­set 9 :

9C’est pour cela aus­si que nous nous effor­çons de lui être agréables, soit que nous demeu­rions dans ce corps, soit que nous le quit­tions. 10Car il nous faut tous com­pa­raître devant le tri­bu­nal de Christ, afin que cha­cun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps.

2 Corin­thiens 5.10

Notez bien l’expression : « selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps » !

Comme je vous le disais tout à l’heure, quand le Fils de l’homme appa­rait, alors ça ne rigole pas ! On passe aux choses sérieuses.

Car l’Évangile, avec un grand E, c’est quelque chose de sérieux ! On n’est pas ici pour s’amuser, pour plai­san­ter, pour par­ler de ces choses de façon légère.

Il y a une gra­vi­té, car c’est bien de notre salut éter­nel qu’il est ques­tion ici !

Où pas­se­rons-nous l’éternité ? A la droite du Christ ou bien à sa gauche ? Au Para­dis ? Ou bien en Enfer ?

Bien sûr l’homme moderne donne sou­vent l’impression de n’en avoir que faire de tout cela, tout cela qu’il consi­dère d’ailleurs, sou­vent, comme des contes pour enfants.

Les athées se prennent pour des « esprits forts » : pen­sez donc !

« Man­geons et buvons car de main nous mour­rons ! » – Vous connais­sez le pro­verbe ?!

Man­ger et boire est une chose, mais le salut, la rédemp­tion, ça c’est quelque chose !

Notre texte nous invite à nous inter­ro­ger sur ce qui fait l’essence même de notre exis­tence, ce qui lui donne un sens, un but, une direc­tion, car nous vivons tous pour quelque chose, pour un idéal, pour un objec­tif que l’on cherche à atteindre.

Cer­tains cherchent à deve­nir riches, tou­jours plus, d’autres à fon­der un foyer, et c’est très bien !

D’autres encore à se réa­li­ser pro­fes­sion­nel­le­ment, à faire car­rière, d’autres à deve­nir plus forts, plus mus­clés, plus beaux ou plus belles…

Et puis il y a ceux pour qui seuls comptent le sexe, le pou­voir et l’argent… On dit que c’est ça qui mène le monde ! Il y a du vrai là-dedans.

Mais voi­là que le Christ nous parle de tout autre chose.

Nous devons ici-bas, durant notre vie ter­restre qui n’est qu’un pas­sage, éphé­mère, un court pas­sage sur ce globe ter­restre, dans cet uni­vers si grand et si effrayant, nous devons nous pré­oc­cu­per d’abord de l’avènement du royaume de Dieu, sans jamais cher­cher à faire obs­tacle à celui-ci.

C’est ce que nous dit notre texte, dans lequel il est ques­tion du juge­ments des nation en fonc­tion de l’at­ti­tude de celles-ci vis-à-vis de l’E­glise et des chré­tiens, des dis­ciples du Christ auquel Jésus s’i­den­ti­fie ici :

40Et le roi leur répon­dra : En véri­té, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’a­vez fait.

Mat­thieu 25.40

« Frères de Jésus »

Ne nous nous y trom­pons pas ! Si l’on s’arrête comme nous devons le faire, aux paroles du Sei­gneur dans notre texte, il est bel et bien ques­tion, non pas des hommes en géné­ral, dans les­quels le Christ se recon­nai­trait, avec notam­ment les plus petits d’entre eux, les plus dému­nis, ceux qui souffrent, mais bien des témoins de l’Évangile, comme l’atteste l’expression qu’il ne faut pas mécom­prendre « les plus petits de mes frères ».

Je lis au ver­set 34 et sui­vants :

34Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; rece­vez en héri­tage le royaume qui vous a été pré­pa­ré dès la fon­da­tion du monde. 35Car j’ai eu faim et vous m’a­vez don­né à man­ger ; j’ai eu soif et vous m’a­vez don­né à boire ; j’é­tais étran­ger et vous m’a­vez recueilli ; 36nu et vous m’a­vez vêtu, j’é­tais malade et vous m’a­vez visi­té, j’é­tais en pri­son et vous êtes venus vers moi. 37Alors les justes lui répon­dront : Sei­gneur, quand t’a­vons-nous vu avoir faim, et t’a­vons-nous don­né à man­ger ; ou avoir soif, et t’a­vons-nous don­né à boire ? 38Quand t’a­vons-nous vu étran­ger, et t’a­vons-nous recueilli ; ou nu, et t’a­vons-nous vêtu ? 39Quand t’a­vons-nous vu malade, ou en pri­son, et sommes-nous allés vers toi ? 40Et le roi leur répon­dra : En véri­té, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’a­vez fait.

Mat­thieu 25.34–40

Il faut main­te­nant s’arrêter suf­fi­sam­ment sur cette expres­sion dont dépend tous les sens de notre texte : « l’un de ces plus petits de mes frères ».

Une cer­taine vision, disons, uni­ver­sa­liste et sans doute très géné­reuse vou­drait que lorsque Jésus parle ici des ses frères il parle de tous ceux qui souffrent, des petits, de tous ceux qui sont vic­times de l’injustice des hommes.

Alors oui il faut être de leur côté, il faut leur don­ner à man­ger s’ils ont faim et à boire s’ils ont soif, sans cher­cher à se détour­ner d’eux. C’est une véri­té, aus­si.

Peut-on pen­ser ici aux Res­tau­rants du cœur ? Ou à la Fon­da­tion de l’Abbé Pierre par exemple ? Emmaüs ? A toutes ces asso­cia­tions d’entraides pro­tes­tantes ou autres, à toutes ces ONG qui viennent en aide aux immi­grés, j’en passe et des meilleurs.

Tout ceci est très bien, car faire le bien, c’est aus­si cela : prendre soin de, venir en aide à, sou­te­nir la veuve et l’orphelin.

Pour autant, ici, notre texte ne parle pas de cette réa­li­té là. Il parle d’autre chose.

L’expression « l’un de ces plus petits de mes frères » ren­voie, exé­gé­ti­que­ment, aux dis­ciples du Christ.

Or il faut bien s’attacher ici à ce que Jésus dit, pas à ce que nous avons envie qu’il ait dit.

Nous devons faire de l’exégèse, pas de l’eisésèse…

Nous ne devons pas pla­quer sur la Parole de Dieu nos propres idées, voire idéo­lo­gies.

Vous savez que cer­tains théo­lo­giens au siècle der­nier ont cher­ché à réin­ter­pré­ter toute la Bible à la lumière du mar­xisme et de la lutte des classes…

Un cer­tain pas­teur que j’ai ren­con­tré d’ailleurs tan­dis que j’étais étu­diant à la Facul­té Jean Cal­vin, a même pro­po­sé une nou­velle tra­duc­tion du Nou­veau Tes­ta­ment où les dis­ciples du Christ sont appe­lés « cama­rades »…

Les dis­ciples sont les cama­rades de l’utopie com­mu­niste… mais alors, il ne s’agit plus de l’Évangile du Christ !

« Mon royaume n’est pas de ce monde » a dit Jésus.

Alors il faut bien faire atten­tion avec nos folies !

« La sagesse de Dieu est plus sage que les hommes » dit l’apôtre Paul.

Atten­tion avec nos pré­ten­dues sagesses qui ne sont que folies !

Écou­tons Dieu, chers amis. Écou­tons-le, Lui, plu­tôt que les pré­ten­dus sages de ce monde, selon ce monde !

Que veut dire cette expres­sion de frère, « les plus petit de mes frères » ? Et qui sont donc ces « petits » dont Jésus parle ici ?

S’agit-il des indi­gents ? Des pauvres ? Les chô­meurs ? Les SDF ? Les migrants ?

Ou bien petit dans le sens cor­po­rel ? Ceux qui mesurent moins d’1,50 mètre ?

Nous avons enten­du mille fois ce genre d’évangile pré­sen­té à par­tir de la para­bole du juge­ment des nations, en Mat­thieu 25 : on est sau­vé si on est pauvre et oppri­mé… C’est Karl Marx qui l’a dit ! Alors ça doit être vrai, il doit y avoir du vrai là-dedans ?!

On connaît le refrain.

Avec une logique du même ordre — le salut par la souf­france ou par le sta­tut social —, la per­sonne malade, par exemple, peut être regar­dée comme étant au béné­fice d’une sorte d’exonération : ne doit-elle pas être d’emblée aimée, par­don­née, accep­tée, sau­vée ?

Je ne parle pas ici de l’empathie à laquelle, en tant que chré­tiens, et même en tant qu’être humain, nous sommes tous appe­lés : souf­frir avec ceux qui souffrent, bien sûr !

Mais il ne faut pas tout confondre !

L’Évangile ne doit pas être confon­du par exemple avec l’évangile de la libé­ra­tion, qui consiste en une sorte de salut poli­tique, comme si la déli­vrance d’une situa­tion d’injustice sociale, de la pau­vre­té, de la tyran­nie était le salut chré­tien.

Le salut chré­tien est beau­coup plus que cela !

Ce n’est pas d’abord la déli­vrance de l’esclavage du pays d’Égypte, mais bien d’abord et avant tout, même si pas exclu­si­ve­ment, la déli­vrance de l’esclavage du péché.

Le mal est d’abord et avant tout d’ordre spi­ri­tuel et théo­lo­gique et regarde notre rela­tion avec Dieu : sommes-nous oui ou non récon­ci­liés avec Dieu ?! Voi­là la ques­tion !

Disons le tout net, le sens du mot « petit » dans la Bible n’est pas lié au phy­sique, à l’é­co­no­mique, au social… mais à la situa­tion spi­ri­tuelle de l’homme devant Dieu, telle que décrite, notam­ment, dans les Béa­ti­tudes : le petit, c’est celui ou celle qui se met à genoux devant Dieu, dans l’hu­mi­li­té et la foi : « Heu­reux les pauvres en esprit – autre­ment dit ceux qui recon­naissent leur pau­vre­té spi­ri­tuelle devant Dieu, car le royaume des cieux est à eux ! » (Mat­thieu 5.2)

« Les plus petits de mes frères » dit Jésus.

Dans la Bible, sont appe­lés « frères » ceux qui ont un même Père – les enfants de Dieu – et à part quelques cas où il est ques­tion des frères d’une même famille de sang, il n’y a pas d’ex­cep­tion à cette règle.

C’est là le sens de notre para­bole dite « du juge­ment des nations », en Mat­thieu 25, si sou­vent men­tion­née pour jus­ti­fier on ne sait quel salut par les œuvres, et on ne sait quel chris­tia­nisme social – autre­ment dit un chris­tia­nisme réduit à cette dimen­sion sociale – : « Toutes les fois que vous avez fait ces choses à un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’a­vez fait » (v. 40).

Qui sont les frères de Jésus ?

Les textes paral­lèles le montrent sans ambi­guï­té :

40 Qui vous reçoit me reçoit, et qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. 41Qui reçoit un pro­phète en qua­li­té de pro­phète obtien­dra une récom­pense de pro­phète, et qui reçoit un juste en qua­li­té de juste obtien­dra une récom­pense de juste. 42Quiconque don­ne­ra à boire même un seul verre d’eau froide à l’un de ces petits en qua­li­té de dis­ciple, en véri­té je vous le dis, il ne per­dra point sa récom­pense.

Mat­thieu 10.40–42

4C’est pour­quoi, qui­conque se ren­dra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. 5Et qui­conque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. 6Mais si quel­qu’un était une occa­sion de chute pour un de ces petits qui croient en moi, il serait avan­ta­geux pour lui qu’on sus­pende à son cou une meule de mou­lin, et qu’on le noie au fond de la mer.

Mat­thieu 18.4–6

40En effet, celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 41Et qui­conque vous don­ne­ra à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous êtes au Christ, en véri­té, je vous le dis, il ne per­dra point sa récom­pense.

42 Mais si quel­qu’un était une occa­sion de chute, pour l’un de ces petits qui croient, il vau­drait mieux pour lui qu’on lui mette autour du cou une meule de mou­lin, et qu’on le jette dans la mer.

Marc 9.40–42

Le mot « frère », dans la Bible, désigne tou­jours les membres du peuple de Dieu : Israël, l’É­glise, et ce que l’on fait à un membre du corps de Christ, on le fait à Christ.

Les réfé­rences bibliques attes­tant ce prin­cipe sont innom­brables, évo­quant des gestes néga­tifs : « Lorsque quel­qu’un (du peuple) péche­ra et com­met­tra une infi­dé­li­té envers l’É­ter­nel en men­tant à son pro­chain… » (Lévi­tique 5.21) ou posi­tifs : « Dieu n’est pas injuste pour oublier votre tra­vail et l’a­mour que vous avez mon­tré pour son nom, ayant ren­du et ren­dant encore des ser­vices aux saints. » (Hébreux 6.10)

Pour autant, il va sans dire que l’é­ga­li­té de condi­tion « en huma­ni­té » doit aus­si être rap­pe­lée, sans res­tric­tion aucune, comme le fait l’a­pôtre Pierre par exemple qui affirme la valeur très grande qui doit être recon­nue à chaque être humain – on peut par­ler ici du res­pect de la vie en géné­ral :

« Hono­rez tout le monde, aimez les frères, crai­gnez Dieu, hono­rez le roi. »

1 Pierre 2.17

Ce ver­set est fort ins­truc­tif car il indique tout à la fois que per­sonne ne doit être négli­gé, et que des regards appro­priés sont requis qui ne sont pas équi­va­lents pour tous car ils cor­res­pondent à des sphères de com­mu­nion, de res­pon­sa­bi­li­té et d’es­pé­rance dif­fé­rentes : « tout le monde », « les frères », « le roi » et enfin « Dieu »… Pre­mier ser­vi (comme disait Jeanne d’Arc).

Dynamique de priorités

Il y a bel et bien dans la Bible une sorte de dyna­mique de prio­ri­tés, et com­prendre cette dyna­mique per­met d’éviter de som­brer dans une espèce d’huma­nisme social confon­du avec l’Évangile du Christ d’une part, et d’autre part, dans une atti­tude exclu­sive où l’on se dépréoc­cu­pe­rait tout à fait du sort de l’humanité dans son ensemble, des pauvres, des petits…, pour ne plus s’intéresser vrai­ment qu’au bien-être des seuls chré­tiens, de la seule Église de Jésus-Christ :

« Nous nous sommes conduits avec sain­te­té et pure­té devant Dieu, dans le monde, et sur­tout envers vous » (2 Corin­thiens 1.12).

« Pra­ti­quons le bien envers tous, sur­tout envers les frères en la foi » (Galates 6.10).

Évi­dem­ment, est-il néces­saire de le dire ici ? Mais peut-être que oui ?

Dieu se sou­cie aus­si de l’en­semble des hommes, car il est le Créa­teur de tous.

La théo­lo­gie réfor­mée a recours à la notion de la grâce géné­rale de Dieu en faveur de tout ce qui vit (Gn 9.8–17 ; Ps 145.16 ; Ac 14.16–17), comme quand Jésus dit qu’il « fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, qu’il fait pleu­voir sur les justes et sur les injustes » (Mat­thieu 5.45)

Je pense aus­si ici à ce texte si signi­fi­ca­tif qui dit que « Dieu est le sau­veur de tous les hommes, plus par­ti­cu­liè­re­ment des croyants » (1 Timo­thée 4.10)

C’est d’ailleurs en ver­tu de cet amour englo­bant, géné­ral de Dieu envers toute l’humanité que les chré­tiens que nous sommes sont exhor­tés à prier et à œuvrer pour le bien com­mun, et pas uni­que­ment pour celui de l’Église.

Deux textes bibliques sont sou­vent cités pour rap­pe­ler que le peuple de Dieu doit aus­si se sou­cier de la cité dans laquelle il vit et recher­cher son bien.

« Recher­chez le bien de la ville où je vous ai menés en cap­ti­vi­té et priez Dieu en sa faveur, car votre bon­heur dépend du siens » (Jéré­mie 29.7).

« Priez pour tous les hommes, pour les rois et pour ceux qui sont éle­vés en digni­té, afin que nous menions une vie tran­quille, en toute pié­té et hon­nê­te­té » (1 Timo­thée 2.1–2).

Pour autant, cet amour géné­ral et uni­ver­sel envers tous ne doit pas nous faire oublier qu’il y a aus­si une grâce par­ti­cu­lière qui concerne uni­que­ment le peuple des rache­tés, les élus du Sei­gneur, le peuple de Dieu, l’Église, et c’est là que notre texte d’aujourd’hui nous inter­pelle.

Ce sont là deux dimen­sions indis­so­ciables, car Dieu est la source de l’une et de l’autre, mais non pas iden­tiques car la fina­li­té n’est pas la même dans les deux cas.

La grâce com­mune n’est pas la grâce spé­ciale, et l’amour géné­ral de Dieu envers tous les hommes n’exclut pas son amour par­ti­cu­lier envers les sau­vés, les dis­ciples de Jésus-Christ, les plus petits des frères de Jésus selon l’expression de notre texte.

Cette foca­li­sa­tion de l’a­mour du Sei­gneur pour son Église est com­pa­rable à celle de l’a­mour qu’un homme porte à son épouse, d’une manière exclu­sive.

Cela ne signi­fie pas que cet homme n’a pas aus­si de la consi­dé­ra­tion, du res­pect et des obli­ga­tions envers les autres femmes, mais en aucune manière il ne leur devra ce qu’il doit à sa femme et à elle seule­ment.

« C’est ain­si que les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Jamais per­sonne n’a haï sa propre chair ; mais il la nour­rit et en prend soin, comme Christ le fait pour l’É­glise, parce que nous sommes membres de son corps… Ce mys­tère est grand ; je dis cela par rap­port à Christ et à l’É­glise. »

Ep 5.25ss. Cf. Os 2.18, 21–22

Le jugement des nations

Alors reve­nons à notre texte main­te­nant, puisque nous avons appor­té cet éclai­rage néces­saire sur la signi­fi­ca­tion de l’expressions emblé­ma­tique « les plus petits de mes frères » qui désigne les dis­ciples du Christ.

Je vous rap­pelle quand même que, dans notre texte, il s’agit du juge­ment des nations, qui seront jugées en fonc­tion de leur atti­tude à l’é­gard des dis­ciples du Christ et de l’É­glise.

Il faut bien com­prendre ce que la Bible nous enseigne à ce sujet, au sujet des nations, de la place des nations dans le des­sein de Dieu.

La nation est une ins­ti­tu­tion divine depuis la Créa­tion, au même titre que la famille ou que le mariage.

C’est une enti­té à la fois juri­dique et ter­ri­to­riale – car qui dit nation dit fron­tières , qui regroupe un cer­tain nombre d’individus, qui font corps, qui font his­toire com­mune, qui font culture et qui font civi­li­sa­tion.

Et ces nations sont appe­lées à ser­vir le Sei­gneur, selon les paroles du Christ dans les der­niers ver­sets de l’évangile de Mathieu :

« Tout pou­voir m’a été don­né dans le ciel et sur la terre. 19Allez, faites de toutes les nations des dis­ciples, bap­ti­sez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20et ensei­gnez-leur à gar­der tout ce que je vous ai pres­crit. Et voi­ci, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Mat­thieu 28.18–20

Notez bien l’expression : « tout pou­voir m’a été don­né ».

C’est dire la sou­ve­rai­ne­té du Christ.

Ver­set 19 : « Faites de toutes les nations des dis­ciples » !

Jésus ne dit pas : « Faites dans toutes les nations des dis­ciples », mais bien « de toutes les nations ».

C’est très dif­fé­rent.

Alors on com­prend mieux le sens de notre texte d’aujourd’hui, sachant cela.

Le pro­jet de Dieu c’est de faire des nations des dis­ciples du Christ.

Il fut un temps où la France était consi­dé­rée comme « la fille ainée de l’Église ».

Vous voyez ? La fille ainée de l’Église, autre­ment dit il fût un temps où la France était une fidèle dis­ciple du Christ.

Vous me répon­drez sans doute que les choses ne sont pas aus­si simples, et que bien des infi­dé­li­tés ont été com­mises par ceux qui se pré­ten­daient pour­tant des chré­tiens, et qui ont com­mis toutes sortes d’injustices, jusqu’à défi­gu­rer par­fois le visage de l’Église. Cela est arri­vé déjà, plu­sieurs fois. Bien sûr.

Mais il n’empêche, qu’à cer­taines époques de son his­toire, la France s’est mon­trée plus ou moins atta­chée aux valeurs de l’Évangile, et à Jésus-Christ même, et je parle de la France mais on doit pou­voir en dire autant de bien d’autres pays dans le monde. Bien sûr.

Ce sont les nations qui dans notre texte se retrouvent devant le tri­bu­nal du Christ, et c’est en tant que nations que cer­taines sont dites être pla­cées à la droite du Christ, tan­dis que d’autres, les boucs, sont pla­cées à sa gauche.

Peut-être devons-nous ici prendre très au sérieux la réa­li­té de ce qui est signi­fié dans notre texte, à savoir que toutes les nations ne se valent pas au regard de leur atti­tude vis-à-vis du Christ et de son royaume.

Toutes les nations, en tout cas, n’ont pas, à la fin, le même sort, la même des­ti­née : les bre­bis à sa droite, les boucs à sa gauche.

Alors il nous faut évan­gé­li­ser les nations, il nous faut prier et œuvrer pour l’évangélisation du monde, et pour le salut du monde.

Il y a quelques chose qui relève de l’urgence ici, et qui fait appel à notre res­pon­sa­bi­li­té.

Parce que c’est bien de notre res­pon­sa­bi­li­té que le sort des nations dépend, en un sens !

Sommes-nous de ceux qui lorsqu’un ser­vi­teur de Dieu est venu frap­per à la porte, l’avons accueilli comme si c’était Jésus-Christ lui-même, l’avons-nous sou­te­nu, l’avons-nous encou­ra­gé plu­tôt que per­sé­cu­té ?

Car il y a des pays dans le monde aujourd’hui encore où les chré­tiens sont per­sé­cu­tés, nous le savons bien.

Parce que ce que nous avons fait ici à l’égard « du plus petit des frères de Jésus », c’est à Jésus lui-même que nous l’avons fait !

Je cite ici un com­men­taire de Mat­thieu 25 qui dit la même chose, avec d’autres mots :

« Dieu juge les nations, juifs ou païens, qui ont mépri­sés ces petits, frères du Christ.

Dans l’évangile, nous avons plu­sieurs fois enten­du com­bien les dis­ciples sont assi­mi­lés aux pro­phètes justes mais mépri­sés, bafoués, per­sé­cu­tés (Mt 5.1–12).

Au temps de Mat­thieu, des chré­tiens vivent dans une cer­taine injus­tice, reje­tés, mépri­sés y com­pris au sein de la syna­gogue qu’ils fré­quentent, comme au sein de leur propre famille.

La para­bole vient affir­mer que le Sei­gneur et frère, leur rend jus­tice ain­si qu’à ceux qui les défendent.

Cette inter­pré­ta­tion est ren­for­cée par la men­tion du diable dans les ver­sets sui­vants. Ce même mot nous ren­voie aux ten­ta­tions de Jésus au désert (Mt 4.41.5.8.11), où le diable s’oppose à l’humble mis­sion du Christ refu­sant toute domi­na­tion, afin de révé­ler l’amour et le règne du Père. » (Fran­çois Bes­son­net)

Fin de cita­tion !

Conclusion

Alors en conclu­sion je dirai ceci.

Notre texte nous invite à prendre très au sérieux les exhor­ta­tions du Christ à œuvrer acti­ve­ment pour le royaume, en atten­dant le grand jour du Juge­ment der­nier, à tou­jours avoir de l’huile pour notre lampe, à faire fruc­ti­fier les dons du Sei­gneur en nous, par l’annonce de l’évangile, le témoi­gnage, et par l’exemple aus­si d’une vie sainte, qui honore vrai­ment Dieu.

Il s’a­git véri­ta­ble­ment d’é­van­gé­li­ser les nations, de dis­ci­pu­ler les nations, de faire de toutes la nations de la terre des dis­ciples du Christ.

Et com­ment hono­rer d’avantage le Sei­gneur et témoi­gner de notre appar­te­nance à son royaume si ce n’est en nous aimant les uns les autres, véri­ta­ble­ment ?

Car nous serons juger sur l’amour !

Le salut par la foi seule ne nous dis­pense pas d’aimer.

La foi qui doit néces­sai­re­ment s’illustrer par des œuvres de cha­ri­té, afin que le monde croit.

Amen

Pas­teur Vincent Bru


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