Exécution de Louis Capet XVIme du nom, le 21 janvier 1793.

La Révolution française et les révolutions (Jean-Marc Berthoud) – AUDIO

Vincent Bru, 11 janvier 2026

Texte de synthèse argumentée (texte d’appui à l’écoute de la conférence)

Le présent texte reprend les principaux axes d’une conférence consacrée à l’interprétation chrétienne des révolutions modernes, en particulier la Révolution française, mises en perspective avec les révolutions russe, anglaise et américaine. Il ne se substitue pas à l’écoute de l’enregistrement audio, qui demeure nécessaire pour en saisir toute la portée, mais vise à en proposer une lecture structurée, intelligible et pédagogique.

Le point de départ de l’exposé est historiographique. L’orateur souligne l’importance du tournant opéré par des historiens comme Pierre Chaunu, qui ont contribué à desserrer l’emprise de l’interprétation républicaine officielle de la Révolution française. Ce renouvellement historiographique a permis de rouvrir des dossiers longtemps disqualifiés a priori, notamment ceux relatifs à la Terreur, à la Vendée ou à la violence structurelle du projet révolutionnaire. Cette révision ne procède pas d’un simple conservatisme nostalgique, mais d’un effort pour affronter les faits historiques dans leur brutalité réelle.

Cependant, l’exposé met en garde contre une illusion  : celle de croire qu’une historiographie simplement révisée suffirait à comprendre en profondeur le phénomène révolutionnaire. Toute lecture de l’histoire repose sur des présupposés. Comme le reconnaissait Chaunu lui-même, il n’existe pas d’histoire neutre : l’historien opère toujours un tri, et ce tri suppose des critères. La question décisive devient alors : quels sont les a priori légitimes pour interpréter l’histoire ?

C’est ici que la conférence introduit une critique fondamentale : sans théologie biblique de l’histoire, les analyses restent incomplètes. Même lorsqu’elles décrivent correctement les mécanismes révolutionnaires, elles échouent à en saisir la racine profonde. La révolution moderne est interprétée comme une révolte contre toute transcendance, contre l’ordre créationnel, contre la loi de Dieu. Elle substitue à la loi divine une législation purement immanente, issue de la volonté humaine, incarnée dans l’État devenu souverain absolu.

Jean-Henri Merle d’Aubigné : une historiographie confessionnellement assumée

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’œuvre de Jean-Henri Merle d’Aubigné, dont l’Histoire de la Réformation du seizième siècle constitue l’une des expressions les plus achevées d’une historiographie confessionnellement assumée. Dès la préface de son œuvre monumentale, Merle d’Aubigné pose un principe méthodologique fondamental : l’histoire n’est intelligible que si Dieu y est reconnu comme acteur souverain.

« Dieu est dans l’histoire.
L’histoire du monde doit être racontée comme les annales du gouvernement du Roi des rois. »
(Histoire de la Réformation du seizième siècle, Préface générale, Livre I, éd. Fischbacher, Paris, 1835).

Cette affirmation n’est ni décorative ni pieuse : elle fonde une lecture théologique du devenir des nations. Contre une historiographie positiviste qui se contente d’aligner des faits, Merle d’Aubigné dénonce une cécité volontaire à l’égard de la providence divine :

« On a vu les actions des hommes et des peuples se succéder avec fracas ;
on a entendu le choc des armes ;
mais on n’a point aperçu la main de Dieu qui dirige tout. »
(ibid., Préface).

L’histoire ainsi conçue n’est pas un chaos livré au hasard ni une mécanique impersonnelle ; elle possède une structure, une direction et une finalité. Merle d’Aubigné recourt à une image particulièrement forte pour exprimer cette conviction :

« L’histoire n’est point un chaos livré au hasard.
Elle est un temple majestueux que la main de Dieu élève pour sa gloire. »
(ibid.).

Ces affirmations donnent à l’historiographie réformée sa cohérence propre : les événements historiques sont compris comme l’expression visible de conflits spirituels plus profonds. Cette grille de lecture rejoint la perspective biblique du conflit entre le Royaume de Dieu et les puissances qui s’y opposent (cf. Daniel, Apocalypse), sans jamais réduire l’histoire à un simple dualisme simpliste.

C’est précisément cette absence de théologie explicite de l’histoire qui, selon Berthoud, limite les apports pourtant réels de l’historiographie révisionniste contemporaine sur la Révolution française. Décrire la violence révolutionnaire, la Terreur ou la centralisation étatique ne suffit pas : encore faut-il en comprendre la source idéologique et spirituelle. Sans référence à la loi de Dieu, à l’ordre créationnel et à la chute de l’homme, l’analyse demeure partielle.


La Révolution française comme matrice des révolutions modernes

Dans cette perspective, la Révolution française est présentée comme la matrice des révolutions modernes. Elle inaugure un type de pouvoir qui s’arroge des prérogatives quasi divines : créer des droits ex nihilo, redéfinir l’homme abstraitement, reconstruire la société après destruction. Cette logique conduit inévitablement à la Terreur, non comme accident, mais comme conséquence interne du projet. Il existe ainsi un lien organique entre idéologie des droits de l’homme abstraits et violence politique systémique.

La comparaison avec la Révolution russe renforce cette analyse. Malgré des différences doctrinales, les deux révolutions partagent des traits fondamentaux : rejet explicite de Dieu, substitution d’une idéologie rationaliste (scientifique ou philosophique) à la loi morale, centralisation extrême de l’État, mépris du passé et volonté de refondation totale de la société. Dans les deux cas, l’État devient une puissance sans frein, affranchie de toute norme transcendante.

La révolution puritaine anglaise comme une résistance chrétienne à l’absolutisme politico-religieux

À l’inverse, la conférence distingue soigneusement ces révolutions des mouvements anglais et américains. La révolution puritaine anglaise n’est pas présentée comme une revendication idéologique de droits abstraits, mais comme une résistance chrétienne à l’absolutisme politico-religieux. Elle procède d’un renouveau spirituel préalable, fondé sur la prédication, la discipline morale et l’obéissance à la Parole de Dieu. La transformation politique est secondaire et découle d’une réforme des consciences.

De même, la révolution américaine apparaît comme une défense de droits historiques concrets, enracinés dans une tradition juridique et religieuse, et non comme une entreprise de refondation anthropologique. Les colons ne cherchent pas à créer un homme nouveau, mais à préserver des libertés héritées. Cette différence explique l’absence de terreur révolutionnaire et la stabilité institutionnelle relative qui s’ensuit.

L’arrière-plan théologique de l’ensemble de la conférence repose sur une lecture biblique de l’histoire inspirée notamment d’Agrippa d’Aubigné et de la tradition réformée. L’histoire est comprise comme le théâtre d’un conflit entre deux royaumes : le Royaume de Dieu et celui de l’Antichrist. Ce conflit ne se limite pas au spirituel au sens étroit, mais engage aussi les structures politiques, juridiques et sociales. Un État qui refuse la loi de Dieu se divinise lui-même et bascule nécessairement dans la tyrannie.

La conférence se conclut par une exhortation explicite : la crise contemporaine des nations occidentales, et de la France en particulier, ne pourra être comprise ni surmontée sans un retour lucide à cette grille de lecture théologique. Il n’existe pas de synthèse durable entre l’Évangile et un humanisme athée d’État. Le choix est radical : ou la reconnaissance de la souveraineté de Dieu, ou la poursuite de la logique révolutionnaire jusqu’à ses conséquences ultimes.


Berthoud rapporte que, peu avant sa mort, le pasteur Hauffmann adressa à la France une exhortation solennelle affirmant que :

– la déchristianisation avancée du pays se manifeste jusque dans le langage politique,
– l’effacement des références chrétiennes n’est pas neutre mais prépare une intolérance accrue,
– l’État qui rejette explicitement la loi de Dieu devient moralement permissif et politiquement violent,
– aucune coexistence durable n’est possible entre l’Évangile et un humanisme d’État athée,
– la nation est placée devant un choix décisif : reconnaître ou refuser l’autorité du Christ.


Section critique – Providence historique : convergences et tensions entre Merle d’Aubigné, Augustin, Calvin et Van Til

La théologie de l’histoire développée par Jean-Henri Merle d’Aubigné s’inscrit clairement dans une lignée chrétienne classique, mais elle mérite d’être confrontée aux grands cadres doctrinaux qui l’ont précédée et structurée. Trois références s’imposent : Augustin, Jean Calvin et Cornelius Van Til.

Chez Augustin, notamment dans La Cité de Dieu, l’histoire est comprise comme le théâtre du conflit entre deux cités irréductibles : la Cité de Dieu et la cité terrestre. Ce conflit traverse les empires, les institutions et les cultures, sans jamais s’identifier totalement à l’une d’elles. Augustin insiste sur la souveraineté absolue de Dieu, mais refuse toute lecture triomphaliste ou immédiatement lisible de l’histoire : la providence est réelle, mais souvent opaque. La victoire de la Cité de Dieu n’est pleinement manifeste qu’à l’eschaton. Merle d’Aubigné reprend clairement cette structure binaire du conflit spirituel, mais il tend parfois à lire l’histoire moderne de manière plus directement polarisée, au risque de réduire la complexité augustinienne du déjà / pas encore.

Chez Calvin, la providence historique est encore plus fermement ancrée dans la souveraineté divine. Dans l’Institution de la religion chrétienne (I, 16–18), Calvin affirme que rien n’advient sans la volonté de Dieu, y compris les actions des impies et des tyrans. Toutefois, cette souveraineté n’abolit ni la responsabilité humaine ni l’opacité partielle du dessein divin. Calvin se montre extrêmement prudent face à toute prétention à « lire » directement les jugements de Dieu dans les événements politiques. Comparé à Calvin, Merle d’Aubigné adopte une posture plus narrative et pédagogique : il cherche à manifester la cohérence providentielle de l’histoire, parfois au prix d’une moindre retenue doctrinale. Sa théologie de l’histoire est authentiquement réformée, mais moins systématiquement encadrée par une doctrine du mystère que chez Calvin.

C’est précisément ce point que radicalise Cornelius Van Til. Pour Van Til, l’histoire n’est intelligible qu’à partir de la révélation biblique présupposée comme autorité ultime. Toute prétention à une neutralité historiographique est une illusion issue de l’autonomie de la raison déchue. Sur ce point, Van Til rejoint pleinement l’intuition de Merle d’Aubigné : une histoire sans Dieu est nécessairement faussée. Cependant, Van Til se montre plus méfiant à l’égard des reconstructions historiques globales. Il insiste sur l’antithèse spirituelle fondamentale, mais refuse toute « théologie de l’histoire » qui prétendrait cartographier de manière trop assurée les desseins divins dans le détail des événements.

Ainsi, Merle d’Aubigné se situe à un carrefour : plus affirmatif qu’Augustin sur la lisibilité historique du conflit spirituel, moins prudent que Calvin sur l’interprétation des événements, et moins épistémologiquement radical que Van Til sur la question des présupposés. Sa force réside dans sa capacité à rendre visible la dimension théologique de l’histoire contre le positivisme moderne ; sa limite potentielle tient au risque d’une lecture trop directement démonstrative de la providence.

Cette confrontation ne disqualifie nullement son apport. Elle permet au contraire de le situer avec précision : Merle d’Aubigné ne fournit pas une théologie systématique de l’histoire, mais une historiographie confessionnelle militante, profondément enracinée dans la foi réformée, et destinée à réveiller une conscience chrétienne anesthésiée par le mythe moderne de la neutralité historique.


Outils pédagogiques

Questions de compréhension

  1. Pourquoi l’historiographie officielle de la Révolution française est-elle jugée insuffisante ?
  2. En quoi une lecture purement descriptive de l’histoire est-elle nécessairement incomplète ?
  3. Quel lien est établi entre rationalisme, droits de l’homme abstraits et Terreur ?
  4. Quelles différences fondamentales séparent les révolutions française et puritaine ?
  5. Pourquoi la dimension théologique est-elle jugée indispensable pour interpréter l’histoire ?

Questions de réflexion critique

  1. Peut-on penser une neutralité axiologique de l’historien ?
  2. Une société peut-elle durablement fonder le droit sans référence transcendante ?
  3. La distinction entre droits abstraits et droits historiques est-elle opérante aujourd’hui ?
  4. La grille « Royaume de Dieu / Royaume de l’Antichrist » est-elle heuristique ou réductrice ?

Pistes de travail collectif
– Comparaison de la Déclaration des droits de l’homme et de textes puritains (Westminster).
– Étude de la notion d’État souverain chez Hobbes et chez les révolutionnaires.
– Analyse d’un épisode de la Terreur à la lumière de la théologie politique présentée.

Au sujet de l’historiographie réformée

Objectifs pédagogiques

À l’issue du travail, les participants doivent être capables :
– d’identifier les présupposés théologiques d’une lecture de l’histoire,
– de distinguer historiographie réformée, positivisme historique et historiographie idéologique,
– de comprendre la notion de providence historique sans tomber dans le providentialisme simpliste,
– de situer la Révolution française dans une lecture théologique de l’histoire,
– de comparer les approches de Jean-Henri Merle d’Aubigné, Augustin, Jean Calvin et Cornelius Van Til.


Notions-clés à maîtriser

– Providence
– Souveraineté de Dieu
– Présupposés historiographiques
– Neutralité historique (mythe)
– Royaume de Dieu / cité terrestre
– Loi divine et ordre créationnel
– Antithèse spirituelle
– Droits abstraits / droits historiques
– Historiographie confessionnelle


Questions de compréhension (niveau fondamental)

  1. Pourquoi l’historiographie réformée refuse-t-elle l’idée d’une histoire neutre ?
  2. En quoi Merle d’Aubigné considère-t-il que Dieu est acteur de l’histoire ?
  3. Quelle différence existe-t-il entre décrire les faits et en interpréter le sens ?
  4. Pourquoi la Révolution française pose-t-elle un problème théologique spécifique ?
  5. Quelle est la place de la loi de Dieu dans la lecture réformée de l’histoire ?

Questions de réflexion critique (niveau avancé)

  1. Une historiographie confessionnelle est-elle nécessairement biaisée ?
  2. La prudence augustinienne face à la providence est-elle un correctif nécessaire à Merle d’Aubigné ?
  3. Calvin permet-il une lecture politique directe des jugements de Dieu dans l’histoire ?
  4. Van Til a-t-il raison de refuser toute prétention à une lecture globale de l’histoire ?
  5. Peut-on critiquer l’État moderne sans retomber dans une sacralisation du politique ?

Exercice comparatif (travail écrit ou oral)

Comparer, en 2 à 3 pages, les approches suivantes de l’histoire :

– Merle d’Aubigné : histoire comme théâtre visible de la providence
– Augustin (La Cité de Dieu)  : conflit des deux cités, lisibilité partielle
– Calvin (Institution, I, 16–18)  : souveraineté absolue et mystère providentiel
– Van Til : antithèse, présuppositions, impossibilité de neutralité

Indiquer pour chacune :
– le présupposé théologique central,
– la force principale,
– le risque ou la limite.


Étude de texte guidée

Texte proposé : Préface de l’Histoire de la Réformation du seizième siècle de Merle d’Aubigné.

Axes d’analyse :
– conception de Dieu dans l’histoire,
– critique implicite du positivisme,
– rapport entre foi et méthode historique,
– finalité morale et spirituelle de l’histoire.


QCM de validation (exemples)

  1. Pour l’historiographie réformée, l’histoire est :
    a) une suite d’événements aléatoires
    b) un processus autonome de progrès
    c) le lieu de l’action souveraine de Dieu
    d) une pure construction idéologique

Bonne réponse : c

  1. Chez Calvin, la providence implique :
    a) une lisibilité immédiate des desseins de Dieu
    b) l’abolition de la responsabilité humaine
    c) la souveraineté divine sur tous les événements
    d) une théocratie politique

Bonne réponse : c


Pistes d’actualisation

– Comment l’historiographie réformée permet-elle de lire les idéologies contemporaines ?
– En quoi le refus de la transcendance transforme-t-il le rapport au passé ?
– L’État moderne peut-il être neutre religieusement ?


Critère d’évaluation pédagogique

Un travail est jugé satisfaisant s’il :
– identifie clairement les présupposés théologiques,
– distingue faits, interprétation et jugement moral,
– évite le providentialisme naïf comme le relativisme historique,
– articule foi réformée et rigueur intellectuelle.


Notice bibliographique indicative (ouvrages cités ou évoqués)

Pierre Chaunu
Essais sur la Réforme et la Contre-Réforme, Fayard.

Reynald Secher
Le Génocide franco-français, PUF.

Augustin Cochin
Les Sociétés de pensée et la démocratie, Plon.

Friedrich Julius Stahl
La Philosophie du droit, trad. Française partielle.

Alexis de Tocqueville
De la démocratie en Amérique, Gallimard.

Edmund Burke
Réflexions sur la Révolution de France, GF Flammarion.

Agrippa d’Aubigné
Histoire universelle, éditions critiques.

Merle d’Aubigné
Histoire de la Réformation au XVIe siècle, plusieurs éditions.


Jean G. H. Hoffmann — Pasteur et professeur (XXᵉ siècle)

Pasteur et professeur, actif notamment depuis la Seconde Guerre mondiale, rassemblant des documents et témoignant des situations de chrétiens sous nazisme et communisme.1

Il existe un ouvrage biographique consacré à ce pasteur :

🔹 Le pasteur et professeur Jean G. H. Hoffmann : grande figure du protestantisme du XXᵉ siècle
– Collectif (ouvrage biographique, 106 pp.), présentant sa vie et son ministère protestant.

📌 Cet ouvrage semble être la principale documentation imprimée disponible en français spécifiquement sur ce pasteur, mais il n’est manifestement pas largement diffusé et difficile à trouver en bibliothèque ou index académique.

Éléments connexes utiles

🔹 Sur les publications liées à La Revue réformée, certains fascicules externalisés ou adaptations font référence à des travaux d’après J. G. H. Hoffmann :
– des adaptations ou présentations comme « Mémoire et manuscrits dans le judaïsme rabbinique et le christianisme primitif » (adaptation d’après J. G. H. Hoffmann) ou « Présentation de J. G. H. Hoffmann » figurent dans les fascicules disponibles des éditions Kerygma (La Revue réformée).

🔹 Le directeur Pierre Charles Marcel fut fondateur de La Revue réformée et l’équipe de rédaction autour de lui incluait Hoffmann selon des recensions historiques du protestantisme français.

Numéro 122 (1980/2) de La Revue réformée mentionne Jean G.H. Hoffmann parmi les contributeurs : il figure avec Jean-Marc Daumas, William Edgar, Pierre Berthoud et Pierre Marcel comme auteur ou intervenant sur ce numéro spécifique.

  1. https://e-librairie.leclerc/author/jean-georges-henri-hoffmann/17276 ↩︎

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