La question de la loi de Dieu ne concerne pas seulement la vie personnelle du chrétien ou l’ordre interne de l’Église. Elle engage aussi la compréhension de la justice, de l’autorité et du bien commun dans la cité. Foedus revendique une position théonomiste modérée, enracinée dans la théologie réformée confessante, et explicitement inspirée par la pensée de Pierre Courthial. Cette position refuse à la fois le retrait spirituel hors du politique et la confusion entre Royaume de Dieu et pouvoir civil.
Définition générale
Par « théonomisme modéré », Foedus entend l’affirmation que la loi de Dieu demeure la norme ultime de justice, y compris pour la vie sociale et politique, sans pour autant imposer une transposition mécanique ou théocratique de la loi mosaïque dans les États contemporains.
Dieu est Seigneur de toute la réalité, y compris de la cité. La neutralité morale de l’ordre politique est une illusion.
Loi et Évangile : distinction sans séparation
Foedus affirme la distinction classique entre la Loi et l’Évangile, sans les opposer ni les dissocier.
La Loi révèle la volonté juste de Dieu ; l’Évangile révèle le salut par grâce en Jésus-Christ.
L’Évangile n’abolit pas la Loi comme norme morale ; il libère du légalisme et de la condamnation, tout en restaurant l’obéissance comme fruit de la foi.
Toute théologie qui neutralise la Loi au nom de la grâce appauvrit l’Évangile et désarme la conscience.
Les usages de la Loi
Dans la ligne réformée, Foedus confesse les usages classiques de la Loi :
– usage pédagogique (révéler le péché),
– usage normatif (règle de vie pour le croyant),
– usage civil (freiner le mal et promouvoir une justice minimale).
C’est ce troisième usage qui fonde la réflexion théonomiste sur la cité.
La Loi de Dieu et la cité
Foedus affirme que la loi civile ne peut être moralement autonome.
Toute législation repose sur une vision du bien, du mal, de l’homme et de la justice.
La loi de Dieu, exprimée notamment dans la loi morale (Décalogue), constitue une référence normative objective pour penser le droit, la justice et l’ordre social.
Cela ne signifie pas que l’État doive imposer la foi, mais qu’il ne peut légiférer contre l’ordre moral voulu par Dieu sans s’auto-détruire.
Lois judiciaires et sociales de l’Ancien Testament
Foedus rejette toute application littéraliste et mécanique des lois judiciaires mosaïques.
Cependant, ces lois ne sont pas arbitraires : elles expriment une sagesse juridique, sociale et morale, enracinée dans la justice de Dieu.
Elles doivent être étudiées pour en discerner les principes permanents :
– protection des faibles,
– proportionnalité des peines,
– responsabilité personnelle,
– limitation du pouvoir coercitif,
– primauté de la justice sur l’efficacité.
Ignorer ces lois, c’est se priver d’un trésor de sagesse politique biblique.
Œnologie biblique et ordre de la création
Foedus reconnaît que la Bible ne se limite pas à une morale abstraite, mais propose une vision concrète de la vie sociale, économique et culturelle, incluant la gestion du temps, du travail, de la propriété, de la fête et de la responsabilité communautaire.
Cette sagesse biblique ne dicte pas des politiques clés en main, mais elle éclaire profondément les débats contemporains.
Rôle régalien de l’État
Foedus affirme le rôle régalien de l’État :
– garantir la justice,
– punir le mal,
– protéger les personnes et les institutions fondamentales (famille, propriété, liberté de conscience).
L’État n’est ni sauveur, ni éducateur moral total, ni ingénieur social.
Il est serviteur de Dieu pour le bien commun, responsable devant une justice qui le dépasse.
Laïcité et ordre politique
Foedus distingue clairement la laïcité comme non-confessionnalité de l’État et le laïcisme comme exclusion de toute référence morale transcendante.
Une laïcité authentique ne peut exiger que la loi soit coupée de toute norme morale objective.
Exclure la loi de Dieu du débat public revient à imposer une autre théologie implicite, souvent individualiste ou matérialiste.
Église, État et mission
Foedus refuse toute confusion entre l’Église et l’État.
L’Église n’exerce pas le pouvoir politique ; elle annonce la Parole, forme les consciences et éclaire le discernement.
Mais l’Église ne peut se taire lorsque la loi civile contredit gravement la loi morale de Dieu.
Le silence ecclésial n’est pas neutralité : il est abdication.
Contre le théonomisme radical
Foedus se distingue clairement des formes radicales de théonomisme qui :
– absolutisent les lois pénales de l’Ancien Testament,
– identifient le Royaume de Dieu à un ordre politique,
– minimisent la distinction entre Israël ancien et les nations.
Notre position est principielle, non théocratique ; normative, non coercitive.
Position de Foedus
Foedus revendique une position théonomiste modérée, réformée confessante, dans la ligne de Pierre Courthial.
Nous affirmons la pertinence publique de la loi de Dieu, la nécessité d’une réflexion chrétienne sur la justice, le droit et l’État, et le refus d’une neutralité morale illusoire.
Nous rejetons à la fois le retrait piétiste et l’imposition autoritaire.
Finalité
Cette position vise à réhabiliter une pensée chrétienne de la cité, lucide, responsable et courageuse. Elle cherche à rappeler que la loi de Dieu n’est pas un fardeau archaïque, mais une sagesse ordonnée au bien commun, à la justice véritable et à la paix sociale, même dans un monde marqué par la chute.
Table comparative : théonomisme modéré / reconstructionnisme / laïcisme
| Axe | Théonomisme modéré (Foedus) | Reconstructionnisme | Laïcisme |
|---|---|---|---|
| Fondement ultime de la loi | Loi morale de Dieu comme norme objective | Loi mosaïque appliquée de manière extensive | Volonté humaine, consensus social |
| Rapport Loi / Évangile | Distinction sans séparation | Tendance au légalisme | Séparation radicale |
| Usage civil de la Loi | Oui, par principes et sagesse | Oui, par transposition détaillée | Non, exclusion explicite |
| Lois judiciaires bibliques | Étudiées pour leurs principes | Souvent appliquées ou normatives | Rejetées comme religieuses |
| Royaume de Dieu | Distinct de l’État | Parfois confondu avec l’ordre politique | Relégué au privé |
| Rôle de l’Église | Former les consciences, éclairer | Orientation normative directe | Réduite au silence public |
| Rôle de l’État | Régalien, serviteur de la justice | Exécuteur d’une loi biblique | Ingénieur social autonome |
| Laïcité | Non-confessionnalité respectueuse | Critiquée voire rejetée | Érigée en dogme |
| Liberté de conscience | Affirmée | Souvent secondaire | Redéfinie par l’État |
| Vision de l’homme | Créature morale responsable | Sujet sous loi divine | Individu autonome |
| Risque principal | Tensions culturelles | Théocratie, coercition | Relativisme, nihilisme |
Ligne Foedus : théonomisme modéré, réformé confessant, dans la continuité de Pierre Courthial.
FAQ – « Loi de Dieu et démocratie »
La Loi de Dieu est-elle compatible avec la démocratie ?
Oui, si l’on comprend la démocratie comme un mode de gouvernance et non comme une source ultime de la morale. La démocratie répond à la question qui gouverne, non à la question qu’est-ce qui est juste.
La Loi de Dieu impose-t-elle une théocratie ?
Non. Le théonomisme modéré ne cherche pas à instaurer un État religieux. Il affirme que toute loi repose sur une morale et que la loi de Dieu offre une norme de justice supérieure à l’arbitraire humain.
La neutralité morale de l’État est-elle possible ?
Non. Toute loi présuppose une vision du bien et du mal. La prétendue neutralité cache en réalité une morale implicite, souvent individualiste ou utilitariste.
L’État doit-il faire appliquer la Bible ?
Non. L’État doit exercer la justice civile, non prêcher l’Évangile. La Bible éclaire les principes de justice ; elle ne fournit pas un code politique clé en main.
Que faire des lois pénales de l’Ancien Testament ?
Elles ne sont pas à appliquer littéralement aujourd’hui. Elles doivent être étudiées pour en dégager les principes de justice, de proportionnalité et de protection des faibles.
La loi morale biblique n’est-elle pas « religieuse » ?
Elle est théologique dans son fondement, mais universelle dans sa portée. Le meurtre, le vol, le mensonge ou l’injustice ne deviennent pas bons parce qu’une société les vote.
Les chrétiens doivent-ils imposer leur vision morale ?
Ils doivent témoigner, argumenter et agir en conscience, comme tout citoyen. Défendre une vision morale n’est pas imposer une foi, mais participer au débat public.
La laïcité interdit-elle toute référence à Dieu ?
Non, sauf si elle devient laïcisme. Une laïcité authentique garantit la liberté de conscience et le pluralisme, elle n’impose pas l’athéisme comme norme.
La Loi de Dieu ne conduit-elle pas au légalisme ?
Le légalisme naît quand la Loi est séparée de l’Évangile. La foi réformée distingue clairement la justification par grâce et l’obéissance comme fruit de la foi.
Pourquoi cette question est-elle si importante aujourd’hui ?
Parce que lorsque la Loi de Dieu est évacuée, la loi humaine devient fluctuante, contradictoire et soumise aux rapports de force. Le résultat est l’insécurité juridique et morale.
Quelle est la position de Foedus en pratique ?
Former les consciences, éclairer les débats, rappeler les principes bibliques de justice, sans chercher à dominer politiquement ni à se retirer du monde.
FAQ – « Loi de Dieu et démocratie »
La Loi de Dieu est-elle incompatible avec la démocratie ?
Non. La démocratie est un mode de décision politique, non une source ultime de la vérité morale. Elle répond à la question qui décide, pas à la question qu’est-ce qui est juste. La Loi de Dieu fournit une norme morale objective, indépendante des majorités changeantes.
La démocratie ne suffit-elle pas à définir le bien commun ?
Non. Une majorité peut légaliser l’injustice. L’histoire le montre abondamment. Sans référence à une norme morale supérieure, la démocratie se réduit à un rapport de forces légalisé.
La Loi de Dieu impose-t-elle une théocratie ?
Non. La position de Foedus refuse toute confusion entre Église et État. L’Église n’exerce pas le pouvoir politique. La Loi de Dieu éclaire la justice ; elle ne remplace pas les institutions civiles.
L’État doit-il appliquer la Bible ?
Non au sens littéral et mécanique. Oui au sens principiel. La loi civile doit être réfléchie à la lumière de la loi morale de Dieu (justice, responsabilité, protection des faibles), sans transposition théocratique.
La laïcité interdit-elle toute référence à Dieu ?
Non. La laïcité comme non-confessionnalité de l’État est légitime. Le laïcisme, qui exclut toute référence morale transcendante du débat public, est une idéologie et non une neutralité.
La Loi de Dieu n’est-elle pas religieuse et donc privée ?
Elle est révélée, mais elle concerne l’homme en tant qu’homme. Interdire toute référence à la Loi de Dieu revient à imposer une autre morale implicite, souvent individualiste ou utilitariste.
Les chrétiens veulent-ils imposer leur foi par la loi ?
Non. Ils veulent participer au débat public comme citoyens responsables. Défendre une vision morale n’est pas imposer une conversion religieuse.
Que faire des lois pénales de l’Ancien Testament ?
Elles ne sont pas à appliquer telles quelles. Elles doivent être étudiées pour en dégager les principes durables de justice, de proportionnalité et de responsabilité.
La Loi de Dieu conduit-elle au légalisme politique ?
Elle y conduit si elle est séparée de l’Évangile. La foi réformée distingue clairement la justification par grâce et l’usage civil de la Loi.
Pourquoi cette question est-elle décisive aujourd’hui ?
Parce que lorsque toute norme morale transcendante disparaît, la loi devient instable, contradictoire et soumise aux idéologies dominantes.
Charte Foedus – Foi chrétienne et engagement politique
Foedus affirme que la foi chrétienne engage l’ensemble de la vie, y compris la réflexion politique et civique.
Nous croyons que Dieu est Seigneur de toute la réalité, personnelle et sociale, et que sa loi morale demeure une référence normative pour la justice et le bien commun.
Nous distinguons clairement l’Église et l’État.
L’Église n’exerce pas le pouvoir politique. Elle annonce l’Évangile, forme les consciences et éclaire le discernement moral.
L’État n’est ni sauveur ni éducateur total, mais serviteur de la justice, chargé de protéger les personnes et de contenir le mal.
Nous rejetons l’illusion d’une neutralité morale de l’ordre politique. Toute loi repose sur une vision de l’homme, du bien et du mal. Refuser la loi de Dieu, c’est toujours en adopter une autre.
Nous revendiquons une position théonomiste modérée, dans la ligne de Pierre Courthial, refusant à la fois le retrait piétiste hors de la cité et la théocratie coercitive.
Nous affirmons la légitimité d’une laïcité qui garantit la liberté de conscience, et rejetons le laïcisme qui exclut toute référence morale transcendante du débat public.
Nous encourageons les chrétiens à s’engager avec responsabilité, humilité et courage dans la vie civique, sans absolutiser le politique ni se taire face à l’injustice.
Nous confessons que la loi de Dieu, loin d’être oppressive, est une sagesse ordonnée à la justice, à la paix et à la protection des plus vulnérables.
Notre espérance ne repose pas sur un ordre politique parfait, mais sur le Royaume de Dieu.
Cette espérance ne justifie ni la fuite du monde ni la compromission avec lui.
