L’État-providence occupe une place centrale dans les sociétés contemporaines. Il est tour à tour présenté comme garant indispensable de la justice sociale ou dénoncé comme source de dépendance et d’irresponsabilité. Ces lectures opposées manquent souvent de discernement moral et théologique. Foedus adopte une position claire, réformée confessante, refusant à la fois la diabolisation simpliste et la sacralisation de l’État.
Clarification / définition
Par État-providence, on entend un modèle politique dans lequel l’État assume une responsabilité étendue dans la protection sociale, la redistribution économique et la prise en charge des vulnérabilités. Il convient de distinguer cette fonction d’une conception où l’État devient le pourvoyeur principal du sens, de la sécurité et de la solidarité. Le problème n’est pas l’aide publique en elle-même, mais sa transformation en substitut moral aux responsabilités personnelles, familiales et communautaires.
Fondements bibliques et théologiques
L’Écriture affirme la responsabilité première de l’homme devant Dieu, de la famille comme cellule fondamentale, et de la communauté dans la solidarité. L’autorité politique est instituée pour garantir l’ordre, la justice et la paix, non pour absorber toutes les fonctions sociales. Dans la théologie réformée, l’État a un rôle réel mais limité, inscrit dans l’ordre de la création et sous l’autorité souveraine de Dieu. L’alliance rappelle que la charité, la responsabilité et la justice ne peuvent être déléguées intégralement à une structure impersonnelle.
Analyse des dérives et erreurs
La sacralisation de l’État-providence conduit à une dépendance croissante, à l’effacement des solidarités naturelles et à la déresponsabilisation morale. Elle transforme l’aide en droit absolu et l’État en instance quasi salvatrice. À l’inverse, sa diabolisation nie les situations réelles de fragilité et justifie l’indifférence sous couvert de responsabilité individuelle. Dans les deux cas, le discernement moral est remplacé par des postures idéologiques.
Distinctions nécessaires
Foedus distingue solidarité et assistanat. Il refuse l’opposition entre justice sociale et responsabilité personnelle. Il tient ensemble devoir de secours et exigence de responsabilité. Il rejette le faux dilemme entre État omniprésent et abandon des plus faibles.
Position de Foedus
Foedus affirme que l’État-providence n’est ni un mal en soi ni un bien absolu. Foedus confesse que l’État peut légitimement exercer une fonction de protection et de régulation, dans des limites morales claires. Foedus rejette toute conception qui sacralise l’État comme pourvoyeur ultime ou qui détruit la responsabilité personnelle, familiale et communautaire.
Finalité
Cette position vise à promouvoir une vision ordonnée de la justice sociale, respectueuse de la dignité humaine et des responsabilités différenciées. Elle appelle à une solidarité enracinée dans la vérité, non déléguée sans discernement. Elle cherche à préserver la liberté sans abandonner les plus fragiles. Un État qui prétend tout prendre en charge finit par affaiblir ceux qu’il voulait protéger.
Optionnel
Une table comparative entre État minimal, État-providence et responsabilité subsidiaire.
Une fiche éthique sur solidarité, justice sociale et dépendance.
