La hiérarchie des vérités

La notion de hiérarchie des vérités est souvent invoquée pour apaiser les tensions doctrinales ou favoriser l’unité. Mal comprise, elle devient soit un levier de relativisation doctrinale, soit un outil de nivellement dogmatique. Ces deux dérives affaiblissent la confession de foi et la transmission. Foedus adopte une position claire, réformée confessante, qui distingue sans dissoudre et affirme sans rigidifier.

Clarification / définition
Par hiérarchie des vérités, on entend l’idée selon laquelle toutes les doctrines chrétiennes n’ont pas le même poids, la même centralité ni la même fonction. Il faut distinguer cette affirmation légitime d’un relativisme doctrinal où certaines vérités deviennent optionnelles ou négociables. Le problème n’est pas de reconnaître des degrés d’importance, mais d’en faire un prétexte pour évacuer des enseignements clairs de l’Écriture.

Fondements bibliques et théologiques
L’Écriture elle-même établit des centres de gravité doctrinaux : l’Évangile du Christ, la justification par la foi, l’autorité de la Parole, la Trinité. Dans la théologie réformée, toutes les vérités bibliques sont vraies, mais elles ne jouent pas le même rôle structurant. L’alliance de grâce fournit un cœur doctrinal à partir duquel les autres enseignements prennent sens, cohérence et ordre, sans être rendus secondaires au sens d’accessoires.

Analyse des dérives et erreurs
Le relativisme doctrinal utilise la hiérarchie des vérités pour marginaliser des doctrines jugées embarrassantes ou culturellement coûteuses. À l’inverse, le dogmatisme plat refuse toute distinction et traite chaque point doctrinal comme également central, produisant rigidité, conflits inutiles et perte de discernement. Dans les deux cas, la confession devient soit floue, soit invivable, et l’enseignement ecclésial perd en clarté et en hiérarchie.

Distinctions nécessaires
Foedus distingue centralité et vérité. Il refuse l’opposition entre unité de la foi et richesse doctrinale. Il tient ensemble un noyau évangélique clair et une confession complète et cohérente. Il rejette le faux dilemme entre fidélité doctrinale et discernement pastoral, comme entre fermeté et hiérarchisation.

Position de Foedus
Foedus affirme qu’il existe une hiérarchie des vérités sans relativisation des doctrines. Foedus confesse que certaines vérités sont fondatrices et structurantes, sans que les autres deviennent secondaires ou facultatives. Foedus rejette à la fois le relativisme doctrinal et le dogmatisme indifférencié.

Finalité
Cette position vise à servir la clarté doctrinale, l’unité ecclésiale et la transmission fidèle de la foi. Elle appelle à confesser l’essentiel sans appauvrir le tout. Elle cherche à former des chrétiens capables de discerner ce qui fonde, ce qui structure et ce qui découle. Une foi sans hiérarchie se dilue ; une hiérarchie sans vérité se vide.


Cette page exprime une position doctrinale de Foedus. Elle engage le projet éditorial dans la ligne de la foi réformée confessante.

Pour situer cette position dans l’ensemble doctrinal de Foedus, voir la page Positions.