Islam et judéo-christianisme

Islam et christianisme : Christologie comparée

La différence entre islam et christianisme n’est pas d’abord morale, culturelle ou politique. Elle est christologique. La question centrale est simple : qui est Jésus ?

Ce point ne relève pas d’un détail secondaire. Il structure toute la théologie, la compréhension du salut, et la vision de Dieu.

  1. Jésus dans le Coran

Dans le Coran, Jésus (ʿĪsā) est :
– né d’une vierge
– prophète éminent
– messie
– auteur de miracles

Mais il n’est pas :
– Fils de Dieu
– crucifié réellement
– médiateur rédempteur

Il est serviteur et messager, strictement humain.

  1. Jésus dans le Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament, Jésus est :
– le Verbe fait chair (Jean 1.14)
– Fils éternel du Père
– Seigneur ressuscité
– unique médiateur

Il pardonne les péchés, reçoit l’adoration, revendique une autorité divine.

La christologie chrétienne ne repose pas sur une élévation progressive d’un prophète, mais sur une reconnaissance apostolique de sa divinité.

  1. Incarnation : impossibilité ou révélation

Pour l’islam, l’Incarnation est inconcevable. Dieu ne peut s’unir à la chair sans compromettre sa transcendance.

Pour le christianisme, l’Incarnation révèle précisément la liberté souveraine de Dieu : il s’abaisse sans cesser d’être Dieu.

Ce n’est pas une diminution de Dieu, mais l’expression suprême de sa gloire.

  1. La croix : scandale ou centre

Le Coran nie la crucifixion effective (Sourate 4.157).

Or, historiquement, la crucifixion de Jésus est attestée bien au-delà des sources chrétiennes.

Théologiquement, la croix est le cœur du salut chrétien :
– expiation
– substitution
– justification

Sans croix réelle, il n’y a pas de rédemption.

  1. Résurrection et seigneurie

Le christianisme affirme la résurrection corporelle et l’exaltation du Christ comme Seigneur universel.

L’islam reconnaît un rôle eschatologique de Jésus, mais sans seigneurie divine.

La différence porte sur son identité ontologique.

  1. Fils de Dieu : blasphème ou vérité ultime

Dans l’islam, dire que Dieu a un Fils est une atteinte à son unicité.

Dans le christianisme, le Fils est éternellement engendré, non créé, consubstantiel au Père.

La divergence est ici irréductible. Soit l’affirmation chrétienne est idolâtrique, soit le refus islamique manque la révélation centrale.

Conclusion

La christologie détermine tout :

– conception de Dieu
– nature du salut
– compréhension de la révélation
– assurance finale

On peut multiplier les points de comparaison, mais tout converge vers cette question :

Jésus est-il seulement un prophète, ou est-il le Fils éternel incarné ?

Il n’existe pas de synthèse possible entre ces deux affirmations.


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