Destruction du Temple de Jérusalem

Israël et les nations

La ques­tion d’Israël ne peut être com­prise cor­rec­te­ment si elle est iso­lée des nations. Dès l’origine, l’élection n’est jamais un enfer­me­ment eth­nique ; elle est orien­ta­tion mis­sion­naire. Cette sous-page arti­cule la dimen­sion biblique, uni­ver­selle et poli­tique de la pro­messe, afin d’éviter toute eth­ni­ci­sa­tion du des­sein de Dieu.

Élec­tion en vue de béné­dic­tion (Genèse 12.3)

La pro­messe faite à Abra­ham contient en elle-même son ouver­ture : « En toi seront bénies toutes les familles de la terre. » L’élection d’Israël n’est pas une fin en soi. Elle est ins­tru­men­tale.

Si l’on abso­lu­tise l’élection comme pri­vi­lège exclu­sif, on tra­hit son orien­ta­tion. Si l’on dis­sout l’élection dans une uni­ver­sa­li­té vague, on tra­hit aus­si le texte.

La ten­sion biblique est claire : par­ti­cu­la­ri­té choi­sie en vue d’une béné­dic­tion uni­ver­selle.

Israël et uni­ver­sa­li­té

Les pro­phètes annoncent la venue des nations à Sion. Le psaume 2 parle des extré­mi­tés de la terre. Ésaïe voit les peuples affluer vers la lumière.

Le Nou­veau Tes­ta­ment radi­ca­lise cette dyna­mique : la mis­sion aux nations n’est pas une inno­va­tion tar­dive, mais l’accomplissement du pro­jet ini­tial.

L’universalité ne rem­place pas Israël ; elle en révèle la voca­tion pro­fonde.

Res­pon­sa­bi­li­té des nations

Les nations ne sont pas neutres dans l’histoire biblique. Elles sont jugées pour leur injus­tice, mais elles sont aus­si appe­lées à la conver­sion.

Dans Romains 11, les croyants issus des nations sont aver­tis contre l’arrogance. Ils ne portent pas la racine ; la racine les porte.

Toute théo­lo­gie des nations qui oublie­rait cette dette spi­ri­tuelle ris­que­rait de repro­duire l’orgueil dénon­cé par l’apôtre.

Dis­tinc­tion théo­lo­gie / géo­po­li­tique

Il est indis­pen­sable de dis­tin­guer le plan théo­lo­gique et le plan poli­tique.

La pro­messe abra­ha­mique ne peut être iden­ti­fiée sans média­tion à des confi­gu­ra­tions éta­tiques contem­po­raines. Inver­se­ment, les réa­li­tés poli­tiques modernes ne sont pas étran­gères à la pro­vi­dence de Dieu.

La confu­sion com­mence lorsqu’on trans­forme une lec­ture théo­lo­gique en pro­gramme diplo­ma­tique, ou lorsqu’on abso­lu­tise une posi­tion géo­po­li­tique en dogme biblique.

Cette sec­tion vise pré­ci­sé­ment à empê­cher l’ethnicisation de la pro­messe : le salut ne se confond ni avec un ter­ri­toire, ni avec une nation, ni avec un pro­jet poli­tique.

La dyna­mique biblique demeure : un Dieu sou­ve­rain choi­sit un peuple par­ti­cu­lier pour bénir toutes les nations, et ras­semble ces nations dans l’obéissance de la foi.

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