Destruction du Temple de Jérusalem

L’Église et le peuple de Dieu

La ques­tion d’Israël trouve son point de ten­sion maxi­mal dans l’ecclésiologie. Qui est le peuple de Dieu aujourd’hui ? L’Église est-elle une paren­thèse pro­vi­soire dans l’histoire d’Israël, ou l’accomplissement orga­nique du des­sein ancien ? Cette sous-page répond fron­ta­le­ment à l’hypothèse des « deux peuples paral­lèles ».

Un seul peuple de Dieu ?

Le Nou­veau Tes­ta­ment ne parle jamais de deux peuples dis­tincts mar­chant vers deux des­ti­nées sépa­rées. Il parle d’un seul des­sein, d’une seule grâce, d’un seul salut.

Si l’on affirme deux peuples paral­lèles — l’un ter­restre, l’autre céleste — il faut expli­quer com­ment cela s’articule avec l’unité de l’alliance de grâce. L’Écriture ne pro­pose pas deux voies de salut. Elle affirme que Juifs et païens sont sau­vés de la même manière : par la foi en Jésus-Christ.

Greffe des nations (Romains 11)

Dans Romains 11, Paul uti­lise l’image de l’olivier. Les païens ne plantent pas un nou­vel arbre ; ils sont gref­fés sur l’olivier exis­tant.

Cela implique deux choses :
– les nations par­ti­cipent aux pro­messes faites aux patriarches ;
– elles ne rem­placent pas la racine.

Le tronc demeure celui de la pro­messe. L’Église n’est donc pas une réa­li­té déta­chée d’Israël, mais l’élargissement de l’alliance aux nations.

Oli­vier franc et branches natu­relles

Paul dis­tingue branches natu­relles et branches sau­vages. Cer­taines branches natu­relles ont été retran­chées « à cause de l’incrédulité ». Mais elles peuvent être regref­fées.

Le sché­ma est orga­nique, non dua­liste. Il n’y a pas deux arbres. Il n’y a pas deux éco­no­mies paral­lèles. Il y a un seul arbre, une seule racine, une seule pro­messe.

Toute lec­ture qui mul­ti­plie les peuples ou les plans risque d’introduire une dis­con­ti­nui­té que le texte ne jus­ti­fie pas.

Uni­té en Christ (Éphé­siens 2)

Éphé­siens 2 va encore plus loin. Christ « a fait des deux un seul homme nou­veau ». Le mur de sépa­ra­tion est abat­tu.

L’unité ne signi­fie pas l’effacement de l’histoire d’Israël. Elle signi­fie que l’histoire d’Israël atteint son accom­plis­se­ment dans la per­sonne du Mes­sie.

Si l’on main­tient deux peuples paral­lèles, il faut expli­quer com­ment cette affir­ma­tion apos­to­lique peut être prise au sérieux.

Répondre à l’hypothèse des « deux peuples »

L’hypothèse de deux peuples dis­tincts repose sou­vent sur une lec­ture stric­te­ment lit­té­rale des pro­messes ter­ri­to­riales et sur une sépa­ra­tion rigide entre Israël et l’Église.

Mais elle sou­lève des dif­fi­cul­tés majeures :
– deux épouses pour le Christ ?
– deux alliances finales ?
– deux espé­rances escha­to­lo­giques ?

La tra­di­tion réfor­mée répond par la conti­nui­té orga­nique : un seul peuple de Dieu, déployé dans l’histoire, accom­pli en Christ, élar­gi aux nations.

La ques­tion n’est donc pas « Israël ou l’Église ? », mais : com­ment l’Église par­ti­cipe-t-elle à l’accomplissement des pro­messes faites à Israël ?

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Cette sous-page consti­tue le pivot doc­tri­nal entre l’alliance et l’eschatologie. Sans ecclé­sio­lo­gie claire, la ques­tion d’Israël se trans­forme inévi­ta­ble­ment en débat iden­ti­taire ou géo­po­li­tique. Avec elle, elle rede­vient théo­lo­gique.