Introduction
La foi chrétienne ne repose pas sur une intensité spirituelle variable, mais sur des moyens institués par Dieu lui-même. L’opposition entre moyens ordinaires de la grâce et religion de l’expérience est décisive pour comprendre la stabilité ou la fragilité de la vie chrétienne.
Les moyens ordinaires de la grâce
Foedus confesse que Dieu a choisi d’agir par des moyens simples, visibles et constants :
– la prédication de la Parole,
– les sacrements,
– la prière,
– la vie ecclésiale ordonnée.
Ces moyens sont dits « ordinaires » non parce qu’ils seraient faibles, mais parce qu’ils sont réguliers, accessibles et voulus par Dieu.
Primauté de la Parole
La Parole de Dieu est le moyen premier.
Elle crée la foi, la nourrit, la corrige et la fortifie.
Elle est objective, extérieure à nous, stable.
La religion de l’expérience inverse cet ordre : elle cherche une illumination intérieure avant l’écoute humble de la Parole.
Sacrements : signes visibles de promesses objectives
Les sacrements ne mesurent pas la ferveur du croyant ; ils scellent les promesses de Dieu.
Ils ancrent la foi dans l’action de Dieu, non dans la performance spirituelle humaine.
Le piétisme et le spiritualisme tendent à les marginaliser au profit d’expériences subjectives.
Prière : réponse, non moteur
La prière chrétienne est une réponse confiante aux promesses de Dieu.
Elle n’est pas un moyen de produire un état spirituel particulier.
Lorsque la prière devient recherche d’expérience, elle se transforme en technique.
Église visible et ministères
Dieu a voulu que la grâce soit administrée dans l’Église visible, par des ministères institués.
Se détacher de l’Église au nom d’une spiritualité plus intense est une illusion récurrente.
Religion de l’expérience : logique et impasses
La religion de l’expérience :
– absolutise le ressenti,
– relativise la doctrine,
– fragilise l’assurance,
– individualise la foi,
– ouvre la porte au syncrétisme.
Elle promet l’intensité, mais produit souvent l’épuisement spirituel.
Foi stable et fidélité ordinaire
La maturité chrétienne ne se mesure pas à l’intensité des émotions, mais à la fidélité dans le temps.
Dieu agit puissamment par l’ordinaire, non par le spectaculaire.
Position de Foedus
Foedus affirme que la vie chrétienne est nourrie par les moyens ordinaires de la grâce.
Nous rejetons toute religion de l’expérience qui déplace la foi de l’œuvre objective du Christ vers l’état intérieur du croyant.
Conclusion
La vraie piété ne cherche pas à se prouver sans cesse.
Elle reçoit, elle persévère, elle demeure.
Dieu a promis d’agir par des moyens simples : c’est là que se trouve la vraie liberté spirituelle.
