Toute pensée repose sur des présupposés philosophiques, qu’ils soient reconnus ou non. La philosophie n’est jamais neutre : elle structure la manière de penser la vérité, la réalité, la connaissance et le bien. Foedus adopte une position philosophique claire, consciente de ses présupposés, subordonnée à la révélation biblique et attentive aux exigences de la raison.
Philosophie et théologie
Foedus distingue sans les séparer philosophie et théologie. La philosophie relève de l’usage de la raison humaine ; la théologie reçoit sa norme de la révélation divine. La philosophie ne fonde pas la foi, mais elle peut la servir ou la contredire. Lorsqu’elle se fait autonome et souveraine, elle devient concurrente de la révélation ; lorsqu’elle accepte ses limites, elle devient un outil de discernement et de clarification.
Réalisme et vérité
Foedus adopte une position réaliste. La réalité existe indépendamment de la conscience humaine et ne se réduit pas à une construction linguistique ou sociale. La vérité n’est pas créée par le sujet, mais reconnue par l’intelligence lorsqu’elle se conforme au réel. Toute philosophie qui nie la possibilité de la vérité objective conduit soit au scepticisme, soit à l’arbitraire du pouvoir.
Raison humaine et limites
La raison humaine est un don réel et précieux. Elle permet la connaissance, l’argumentation, la recherche du vrai et l’exercice du jugement. Cependant, elle est affectée par la chute : elle n’est ni autosuffisante ni infaillible. Foedus rejette à la fois le rationalisme, qui absolutise la raison, et l’irrationalisme, qui la discrédite ou la méprise.
Métaphysique et sens
Foedus affirme la légitimité d’une métaphysique réelle. Le monde n’est pas un simple ensemble de phénomènes sans profondeur ni finalité. Les questions de l’être, de la cause, de la finalité et du bien sont inévitables. Les philosophies qui excluent toute métaphysique ne font pas disparaître ces questions : elles les refoulent, au prix d’un appauvrissement du sens.
Critique du nominalisme et du constructivisme
Foedus rejette le nominalisme radical, qui dissout les réalités dans les mots et nie l’existence des natures. Il rejette également le constructivisme philosophique, qui fait de la réalité une production du langage ou du pouvoir. Ces approches fragilisent toute notion de vérité, de nature humaine et de loi morale, et rendent impossible un discours éthique cohérent.
Langage, raison et révélation
Le langage humain est imparfait mais apte à dire le vrai. Foedus affirme que le langage peut réellement signifier, sans épuiser la réalité. La révélation biblique utilise le langage humain sans se dissoudre dans le relativisme linguistique. Toute philosophie qui rend le langage incapable de vérité rend la révélation elle-même inintelligible.
Philosophie morale et loi naturelle
Foedus reconnaît l’existence d’une loi morale objective, accessible à la raison, bien que obscurcie par le péché. Cette loi naturelle fonde la possibilité d’un discours moral rationnel partagé, sans réduire l’éthique chrétienne à un simple consensus culturel. Les philosophies qui nient toute norme morale objective conduisent à l’arbitraire et à la domination.
Rapport à la modernité et à la postmodernité
Foedus ne sacralise ni la modernité ni la postmodernité. Il reconnaît les apports de la pensée moderne en matière de rigueur critique, tout en rejetant son autonomie absolue et son anthropocentrisme. Il refuse également la postmodernité, qui dissout la vérité dans le relativisme, la déconstruction permanente et la méfiance systématique envers toute norme.
Usage chrétien de la philosophie
La philosophie a une place légitime dans la formation intellectuelle, l’apologétique et le discernement culturel. Elle doit toutefois rester servante et non maîtresse. Foedus encourage un usage critique, exigeant et humble de la philosophie, capable de dialoguer, de réfuter et de clarifier, sans jamais remplacer la révélation.
Position de Foedus
Foedus adopte une position philosophique réaliste, critique et subordonnée à la révélation biblique. Nous affirmons la possibilité de la vérité, la valeur de la raison, l’existence d’une réalité objective et d’une loi morale. Nous rejetons le relativisme, le nominalisme radical, le scientisme et toute philosophie qui dissout le sens ou nie la responsabilité humaine.
Finalité
Cette position philosophique vise à former des esprits capables de penser juste, de discerner les présupposés cachés et de résister à la confusion intellectuelle contemporaine. Elle cherche à unir rigueur rationnelle, humilité intellectuelle et fidélité à la vérité.
