Parole et discernement

Position sur le dispensationalisme

Le dispensationalisme est une lecture théologique relativement récente de l’histoire du salut, largement diffusée dans certains milieux évangéliques contemporains. Il se présente comme une interprétation littérale et fidèle de l’Écriture. Pourtant, il introduit des ruptures majeures dans la compréhension biblique de l’alliance, de l’Église, d’Israël et de l’eschatologie. Foedus adopte une position critique, confessante et argumentée face au dispensationalisme.

Définition générale

Par « dispensationalisme », Foedus désigne un système théologique qui divise l’histoire du salut en plusieurs dispensations distinctes, au cours desquelles Dieu agirait selon des principes différents. Ce système se caractérise notamment par :
– une séparation stricte entre Israël et l’Église,
– une lecture fortement littéraliste des prophéties,
– une eschatologie futuriste détaillée,
– une théologie de la promesse terrestre distincte du salut en Christ.

Origine et nouveauté historique

Le dispensationalisme apparaît au XIXᵉ siècle dans un contexte anglo-saxon marqué par le piétisme, le réveillisme et une méfiance envers la théologie historique.
Foedus souligne que cette approche est absente de l’Église ancienne, des Pères, de la Réforme et des grandes confessions de foi. Sa nouveauté historique appelle à une prudence théologique sérieuse.

Rupture avec la théologie de l’alliance

La divergence fondamentale entre la foi réformée confessante et le dispensationalisme concerne la théologie de l’alliance.
La foi réformée confesse une alliance de grâce unique, déployée progressivement dans l’histoire et accomplie en Christ.
Le dispensationalisme fragmente cette unité en multipliant les économies salvifiques, introduisant une discontinuité radicale entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Cette fragmentation affaiblit la cohérence de l’histoire du salut.

Israël et l’Église

Le dispensationalisme enseigne que Dieu poursuit deux peuples distincts :
– Israël, avec des promesses terrestres et nationales,
– l’Église, avec des promesses célestes et spirituelles.

Foedus rejette cette séparation.
L’Écriture enseigne l’unité du peuple de Dieu en Christ, composé de Juifs et de non-Juifs, greffés sur une même promesse. L’Église n’est ni un « plan B », ni une parenthèse dans l’histoire d’Israël, mais l’accomplissement de la promesse faite à Abraham.

Lecture prophétique et littéralisme

Le dispensationalisme adopte un littéralisme prophétique rigide, particulièrement concernant la terre, le temple et les événements de la fin des temps.
Foedus affirme que la lecture biblique doit être christocentrique : les promesses trouvent leur sens ultime en Christ, non dans un retour à des réalités cultuelles ou politiques antérieures.

Un littéralisme non christologique conduit à rétablir ce que le Nouveau Testament présente comme accompli ou dépassé.

Eschatologie et spéculation

Le dispensationalisme développe souvent une eschatologie détaillée et spéculative : enlèvement secret, tribulation, règne millénaire terrestre, chronologies complexes.
Foedus reconnaît la diversité des lectures eschatologiques parmi les chrétiens fidèles, mais rejette les systèmes qui transforment l’espérance biblique en calendrier apocalyptique.

L’eschatologie biblique vise la vigilance, la fidélité et l’espérance, non la curiosité chronologique.

Conséquences ecclésiales

Les effets du dispensationalisme sont visibles :
– affaiblissement de l’ecclésiologie,
– marginalisation des sacrements,
– rupture entre Ancien et Nouveau Testament,
– fascination pour l’actualité géopolitique,
– fragilisation de la prédication exégétique continue.

Lorsque la Bible est lue comme un code à déchiffrer plutôt que comme une histoire du salut à proclamer, l’Église s’appauvrit.

Ce que Foedus reconnaît

Foedus reconnaît chez de nombreux chrétiens dispensationalistes :
– un attachement sincère à l’Écriture,
– un zèle missionnaire réel,
– une espérance vive du retour du Christ.

Ces éléments ne doivent cependant pas masquer les failles structurelles du système.

Position de Foedus

Foedus rejette le dispensationalisme comme incompatible avec la théologie réformée confessante.
Nous affirmons l’unité du dessein de Dieu, l’accomplissement des promesses en Christ, la continuité de l’alliance de grâce et l’unicité du peuple de Dieu.
Nous refusons toute lecture qui fragmente l’Écriture, sépare Israël et l’Église, ou absolutise des schémas eschatologiques spéculatifs.

Finalité

Cette position vise à restaurer une lecture biblique cohérente, christocentrique et ecclésiale de l’histoire du salut. Elle appelle à une espérance sobre, enracinée dans l’œuvre accomplie du Christ et orientée vers la résurrection et la restauration finale, plutôt que vers des constructions prophétiques incertaines.


En complément :
– une table comparative : théologie de l’alliance / dispensationalisme,
– une FAQ « Israël, prophéties et fin des temps »,
– une page « Lire l’Ancien Testament en chrétien », très cohérente avec Foedus.