Les théories du genre occupent aujourd’hui une place centrale dans les débats culturels, éducatifs, politiques et ecclésiaux. Elles prétendent offrir une meilleure compréhension de l’identité humaine et lutter contre les discriminations. Pourtant, elles reposent sur des présupposés anthropologiques incompatibles avec la foi chrétienne. Foedus adopte une position critique, confessante et responsable face aux théories du genre, en distinguant le respect dû aux personnes et le discernement nécessaire à l’égard des idéologies.
Définition générale
Par « théories du genre », Foedus désigne l’ensemble des courants intellectuels qui dissocient l’identité personnelle du sexe biologique, et qui conçoivent le genre comme une construction sociale, culturelle ou subjective, indépendante de l’ordre créé. Ces théories ne constituent pas un simple outil descriptif, mais une vision globale de l’homme, de la liberté et de la société.
Déplacement anthropologique fondamental
La rupture majeure introduite par les théories du genre est anthropologique.
L’identité humaine n’est plus reçue comme un donné, mais conçue comme un projet à construire. Le corps cesse d’être porteur de sens pour devenir une matière à interpréter, modifier ou dépasser. Cette conception inverse la relation entre nature et liberté : la liberté n’est plus l’accueil responsable du réel, mais la capacité de s’en affranchir.
Foedus affirme au contraire que l’homme est une unité corps-âme créée, et que le sexe biologique fait partie intégrante de l’identité personnelle.
Sexe, différence et ordre créé
La révélation biblique enseigne que Dieu a créé l’humanité homme et femme.
Cette différence sexuelle n’est ni accidentelle ni oppressive : elle est constitutive de l’ordre créé, porteuse de sens relationnel, familial et social.
Les théories du genre, en dissociant sexe, genre et identité, fragmentent l’être humain et rendent la différence sexuelle optionnelle, fluide ou indéterminée.
Cette fragmentation conduit à une perte de repères anthropologiques durables.
Langage, pouvoir et réalité
Les théories du genre accordent un rôle déterminant au langage et aux constructions sociales.
Si le langage influence la perception, il ne crée pas la réalité.
Lorsque le réel corporel est subordonné au discours, la vérité devient instable et dépendante des rapports de force culturels ou institutionnels.
Foedus affirme que le langage doit dire le réel, non le remplacer.
Conséquences éthiques et sociales
Les implications des théories du genre sont profondes :
– confusion de l’identité personnelle,
– fragilisation de la famille fondée sur la différence sexuelle,
– redéfinition de la parentalité et de la filiation,
– pression idéologique dans les domaines éducatif, médical et juridique,
– restriction progressive de la liberté de conscience et d’expression.
Lorsque l’idéologie devient norme obligatoire, le désaccord est assimilé à une faute morale.
Dimension pastorale et souffrance réelle
Foedus reconnaît que certaines personnes vivent une souffrance réelle liée à leur rapport au corps, à l’identité ou à l’histoire personnelle. Cette souffrance appelle écoute, respect et accompagnement.
Toutefois, reconnaître une souffrance ne signifie pas valider une théorie explicative erronée. La compassion chrétienne ne peut être fondée sur le déni du réel ou sur la redéfinition de l’anthropologie biblique.
Confusion entre personnes et idéologie
Foedus distingue fermement :
– la dignité inconditionnelle des personnes,
– et l’évaluation critique des théories du genre.
Toute personne, quelle que soit sa situation, doit être respectée comme créée à l’image de Dieu.
Mais une idéologie, même portée par des intentions de justice ou d’inclusion, doit être jugée à la lumière de la vérité.
Assimiler toute critique des théories du genre à une haine des personnes empêche tout débat rationnel et tout discernement éthique.
Impact ecclésial
Lorsque les théories du genre pénètrent l’Église, les conséquences sont prévisibles :
– relecture sélective de l’Écriture,
– relativisation de l’anthropologie biblique,
– confusion morale,
– affaiblissement de l’enseignement et de la catéchèse,
– perte de crédibilité doctrinale.
Une Église qui adopte les catégories du genre finit par juger la Bible à partir de la culture, et non l’inverse.
Position de Foedus
Foedus rejette les théories du genre comme incompatibles avec la foi chrétienne confessante.
Nous affirmons la création de l’homme et de la femme comme donnée fondatrice de l’identité humaine, l’unité du corps et de la personne, et la bonté de l’ordre créé.
Nous appelons à une attitude de vérité, de compassion et de responsabilité, sans compromission avec des idéologies qui fragmentent l’homme et dissolvent la réalité.
Finalité
Cette position vise à protéger la dignité humaine, à préserver la liberté de conscience et à offrir un cadre de discernement clair dans un contexte de forte pression culturelle. Elle cherche à unir fidélité biblique et véritable sollicitude pastorale, convaincue que seule la vérité rend réellement libre.
FAQ « Genre, sexe, identité » – pour parents et éducateurs
Quelle est la différence entre sexe et genre ?
Le sexe désigne la réalité biologique : être homme ou femme.
Le genre, dans les discours contemporains, désigne une construction sociale ou subjective de l’identité.
La foi chrétienne affirme que le sexe n’est pas neutre ni secondaire : il fait partie intégrante de l’identité personnelle.
L’identité est-elle seulement biologique ?
Non. L’identité humaine est personnelle, relationnelle, spirituelle.
Mais elle est incarnée. Le corps n’est pas un accessoire de l’identité : il en fait partie.
Dissocier radicalement identité et corps fragmente la personne.
Un enfant peut-il « se tromper » sur son identité ?
Les enfants traversent des phases normales de construction, d’imitation et de questionnement.
Cela ne signifie pas que leur corps soit erroné.
Interpréter ces phases comme une « identité de genre » figée peut créer une confusion durable.
Faut-il toujours « affirmer » le ressenti de l’enfant ?
Écouter un ressenti, oui.
Transformer un ressenti en vérité identitaire définitive, non.
Un adulte responsable aide l’enfant à habiter son corps, pas à s’en détacher.
Dire qu’il n’existe que deux sexes est-il discriminant ?
Non. C’est une affirmation biologique et anthropologique.
Reconnaître une réalité n’est pas rejeter les personnes.
La dignité humaine ne dépend pas de l’identité revendiquée, mais de l’imago Dei.
Comment parler de ces sujets sans blesser ?
Avec calme, vérité et respect.
Refuser le mensonge n’implique ni mépris ni brutalité.
Les enfants ont besoin de repères clairs, stables et bienveillants.
Que répondre à l’école ou aux institutions ?
Rappeler calmement :
– le rôle premier des parents,
– le respect de la liberté de conscience,
– la distinction entre information et endoctrinement.
La fermeté paisible est souvent plus efficace que la confrontation.
Table comparative : anthropologie biblique / théories du genre
| Axe | Anthropologie biblique | Théories du genre |
|---|---|---|
| Origine de l’identité | Don reçu dans la création | Construction personnelle ou sociale |
| Sexe | Réalité biologique signifiante | Donnée secondaire ou modulable |
| Corps | Constitutif de la personne | Support neutre à modifier |
| Différence sexuelle | Fondatrice et bonne | Optionnelle ou oppressive |
| Liberté | Vivre selon la vérité du réel | S’autodéfinir indépendamment du réel |
| Souffrance | Appelle accompagnement et vérité | Interprétée comme identité |
| Langage | Doit dire le réel | Crée la réalité |
| Famille | Fondée sur père/mère/enfant | Redéfinissable |
| Finalité | Relation, fécondité, responsabilité | Affirmation de soi |
| Risque majeur | Rigidité mal comprise | Fragmentation de la personne |
Fiche pastorale – Accompagner sans idéologie
1. Accueillir la personne, pas l’idéologie
Toute personne est créée à l’image de Dieu.
Elle doit être accueillie avec respect, sans condition préalable.
Mais l’accompagnement chrétien ne valide pas automatiquement les interprétations idéologiques de la souffrance.
2. Écouter avant d’expliquer
Beaucoup de détresses liées au genre cachent :
– anxiété,
– blessures relationnelles,
– rejet du corps,
– peur de ne pas être aimé.
L’écoute patiente est indispensable avant toute parole.
3. Ne pas confondre souffrance et identité
La souffrance est réelle.
Mais elle ne définit pas l’identité profonde de la personne.
Aider quelqu’un, ce n’est pas figer sa douleur en identité permanente.
4. Respecter le rythme, sans mentir
La vérité ne s’impose pas brutalement.
Mais elle ne peut être abandonnée.
Un accompagnement chrétien authentique avance avec patience sans renoncer à l’anthropologie biblique.
5. Refuser les solutions radicales
Les réponses médicales ou sociales irréversibles à des souffrances psychiques doivent être abordées avec une extrême prudence.
La foi chrétienne privilégie le soin, l’accompagnement, la stabilité, non la transformation radicale du corps.
6. Redonner sens au corps
Le corps n’est pas l’ennemi.
Il n’est pas une erreur à corriger.
L’accompagnement chrétien vise la réconciliation avec le corps, non son rejet.
7. Prier, espérer, persévérer
La transformation profonde est souvent lente.
Elle relève de la grâce, non de la pression.
L’Église accompagne sans promettre des solutions immédiates, mais avec une espérance réelle.
Finalité pastorale
Accompagner, ce n’est ni condamner, ni confirmer une identité construite contre le réel.
C’est marcher avec une personne vers la vérité qui libère, dans la patience, la dignité et l’espérance.
En complément :
– une lettre-type aux établissements scolaires fondée sur ces principes.
