La technocratie morale s’impose progressivement comme un mode dominant de régulation éthique. Les décisions morales y sont transférées à des experts, des comités ou des algorithmes, au nom de la compétence technique et de l’efficacité. Cette évolution tend à marginaliser la conscience personnelle et la loi morale objective. Foedus adopte une position claire, réformée confessante, attentive aux conséquences spirituelles, anthropologiques et politiques de cette substitution.
Clarification / définition
Par technocratie morale, on entend une organisation de la décision éthique où le jugement moral est confisqué par des instances techniques, scientifiques ou administratives, présentées comme neutres et rationnelles. Il faut distinguer cette dérive du recours légitime à l’expertise pour éclairer des situations complexes. Le problème n’est pas la compétence, mais sa transformation en autorité morale ultime.
Fondements bibliques et théologiques
L’Écriture affirme que l’homme est doté d’une conscience responsable devant Dieu et appelé à discerner le bien et le mal à la lumière de la loi divine. Dans la théologie réformée, la loi morale est objective, accessible et normative, même si son application requiert sagesse et prudence. L’autorité technique peut informer l’action, mais elle ne peut se substituer à l’obéissance morale dans le cadre de l’alliance.
Analyse des dérives et erreurs
La technocratie morale conduit à une déresponsabilisation des personnes, sommées d’obéir à des protocoles plutôt qu’à leur conscience éclairée. Elle masque des choix moraux sous un langage technique, rendant la contestation éthiquement illégitime. Elle favorise une obéissance froide, détachée de la responsabilité personnelle. Spirituellement, elle affaiblit le discernement moral et anesthésie la conscience.
Distinctions nécessaires
Foedus distingue expertise et autorité morale. Il refuse l’opposition entre compétence technique et responsabilité personnelle. Il tient ensemble usage de la raison, consultation des experts et soumission à la loi morale. Il rejette le faux dilemme entre obéissance aux normes techniques et fidélité à la conscience.
Position de Foedus
Foedus affirme que la technocratie morale est une dérive dangereuse. Foedus confesse que la conscience humaine, éclairée par la loi de Dieu, demeure irremplaçable dans le jugement moral. Foedus rejette toute organisation sociale ou politique qui substitue l’expertise technique à la responsabilité morale personnelle.
Finalité
Cette position vise à restaurer la dignité de la conscience morale et la responsabilité individuelle. Elle appelle à une sagesse incarnée, capable d’écouter les experts sans abdiquer le discernement. Elle cherche à préserver la liberté morale face aux rationalités impersonnelles. Une société qui délègue sa conscience finit par ne plus savoir pourquoi elle obéit.
Optionnel
Une fiche éthique sur conscience, loi morale et expertise.
Une table comparative entre discernement moral, technocratie et responsabilité personnelle.
