La doctrine de la création n’appartient pas au passé. Elle éclaire directement les grandes questions contemporaines : bioéthique, écologie, transhumanisme, rapport au corps et à la technique. Là où la création est oubliée ou relativisée, la dignité humaine devient fragile, négociable et conditionnelle. Foedus affirme que seule une compréhension biblique de la création permet de fonder durablement la dignité de l’homme et de discerner les usages légitimes ou destructeurs du pouvoir humain.
La dignité humaine : un fondement reçu
Foedus confesse que la dignité humaine ne procède ni de l’autonomie, ni de la performance, ni de la reconnaissance sociale. Elle est donnée par Dieu lui-même, du fait que l’homme est créé à son image. Cette dignité est ontologique, égale et inaliénable. Elle ne varie pas selon l’âge, la santé, les capacités cognitives ou l’utilité sociale.
Toute société qui détache la dignité humaine de la création à l’image de Dieu finit par la redéfinir selon des critères arbitraires.
Création, corps et personne
La création biblique affirme l’unité indissociable du corps et de la personne. Le corps n’est pas un simple support interchangeable de l’identité, ni une matière première à remodeler selon le désir. Il est constitutif de la personne humaine. Toute dissociation radicale entre l’identité et le corps conduit à une déshumanisation progressive.
Cette unité fonde à la fois le respect du corps, la responsabilité morale et la limite des interventions techniques.
Bioéthique : soigner sans fabriquer
Dans le domaine bioéthique, Foedus distingue clairement :
– le soin, qui accompagne et restaure autant que possible,
– la fabrication, qui soumet la vie humaine à des critères techniques.
La création impose une limite morale : la vie humaine ne peut être ni produite, ni sélectionnée, ni éliminée selon des normes d’efficacité, de confort ou de désir.
Les pratiques qui instrumentalisent l’embryon, hiérarchisent les vies ou normalisent la suppression des plus vulnérables reposent sur une négation implicite de l’imago Dei.
Création et écologie : responsabilité sans idolâtrie
Foedus affirme la responsabilité humaine envers la création. L’homme est appelé à cultiver et garder le monde, non à le détruire. Cette responsabilité implique sobriété, discernement et respect des équilibres naturels.
Cependant, Foedus rejette toute écologie qui :
– efface la distinction entre l’homme et le reste de la création,
– sacralise la nature au détriment de la dignité humaine,
– culpabilise l’existence humaine comme intrinsèquement nuisible.
L’écologie biblique est anthropocentrée de manière responsable : la création est confiée à l’homme, non l’homme dissous dans la création.
Hiérarchie des règnes et ordre créé
La Bible enseigne une hiérarchie réelle dans la création : règne minéral, végétal, animal, humain.
Cette hiérarchie n’autorise ni exploitation aveugle ni confusion ontologique.
Assimiler l’homme à un vivant parmi d’autres, sans statut particulier, conduit à justifier tantôt l’exploitation technicienne de l’homme, tantôt sa mise à l’écart au profit d’abstractions écologiques.
La dignité humaine est unique parce que l’homme seul est porteur de l’image de Dieu.
Transhumanisme : la négation moderne de la création
Le transhumanisme représente l’une des contestations les plus radicales de la doctrine de la création.
Il repose sur plusieurs présupposés incompatibles avec la foi chrétienne :
– l’homme serait fondamentalement déficient,
– la technique pourrait corriger la condition humaine,
– la limite serait un mal à dépasser,
– l’avenir de l’homme serait post-humain.
Foedus rejette cette vision comme une réactivation contemporaine du refus de la condition créaturelle.
Limite, finitude et sagesse
La création implique la limite.
La limite n’est pas une malédiction, mais une condition de l’humanité authentique.
Refuser la limite, c’est refuser d’être créature.
La sagesse biblique n’appelle pas à dépasser l’homme, mais à le réconcilier avec Dieu.
La promesse chrétienne n’est pas l’homme augmenté, mais l’homme ressuscité.
Création, chute et compassion
Foedus reconnaît que la condition humaine est marquée par la souffrance, la maladie et la mort. Cette reconnaissance appelle à la compassion, au soin et à l’accompagnement.
Mais la compassion ne peut devenir justification de pratiques qui nient la dignité humaine ou suppriment la personne au nom du confort ou de l’efficacité.
La création fonde une éthique de la protection des plus vulnérables, non leur élimination.
Position de Foedus
Foedus affirme que la doctrine biblique de la création est le fondement irremplaçable de la dignité humaine.
Nous défendons une bioéthique du soin, une écologie responsable et une critique ferme du transhumanisme.
Nous rejetons toute vision qui réduit l’homme à une ressource biologique, à un problème écologique ou à un projet technique.
Finalité
Cette position vise à éclairer les consciences dans un monde où la puissance technique dépasse souvent la sagesse morale. Elle cherche à rappeler que la véritable humanité ne se construit ni contre la création, ni contre la limite, mais dans la reconnaissance humble de l’homme comme créature voulue, aimée et appelée par Dieu.
En complément :
– une page de synthèse générale « Création, chute, rédemption et espérance »,
– une charte éthique Foedus applicable aux débats contemporains (IA, médecine, écologie, société).
