Parole et discernement

Position sur l’arminianisme

L’arminianisme est une position théologique issue du protestantisme, qui affirme la nécessité de la grâce tout en accordant un rôle décisif à la liberté humaine dans le salut. Il est largement répandu dans de nombreux courants évangéliques contemporains. Foedus adopte une position critique, confessante et argumentée à l’égard de l’arminianisme, tout en reconnaissant la foi sincère de nombreux chrétiens qui s’en réclament.

Définition générale

Par « arminianisme », Foedus désigne un ensemble de doctrines sotériologiques inspirées des thèses de Jacobus Arminius, qui remettent en cause certains points centraux de la sotériologie réformée classique, notamment :
– l’élection inconditionnelle,
– l’efficacité irrésistible de la grâce,
– la persévérance des saints.

L’arminianisme affirme une grâce prévenante universelle, rendant le salut possible pour tous, mais dépendant en dernier ressort de l’acceptation libre de l’homme.

La question décisive : la souveraineté de la grâce

La divergence fondamentale entre foi réformée confessante et arminianisme concerne la souveraineté de la grâce.
La foi réformée confesse que le salut est l’œuvre de Dieu seul, du commencement à l’achèvement. La foi elle-même est un don de Dieu, fruit de l’élection et de l’appel efficace.
L’arminianisme, tout en parlant de grâce, introduit une condition décisive : la coopération finale de la volonté humaine.

Cette différence n’est pas secondaire : elle engage la gloire de Dieu dans le salut.

Grâce prévenante et liberté humaine

L’arminianisme enseigne que Dieu accorde à tous les hommes une grâce prévenante qui restaure suffisamment la liberté pour permettre un choix réel.
Foedus considère que cette notion, absente comme telle de l’Écriture, vise à préserver la responsabilité humaine, mais affaiblit la radicalité de la chute et la nécessité d’une régénération souveraine.
La Bible décrit l’homme non comme malade, mais comme spirituellement mort, incapable de se tourner vers Dieu par lui-même.

Élection conditionnelle

Dans l’arminianisme, l’élection est généralement fondée sur la prescience de la foi humaine.
Foedus rejette cette conception : l’élection biblique n’est pas une ratification divine d’un choix humain anticipé, mais un acte libre et gracieux de Dieu, antérieur à toute réponse humaine.
Une élection conditionnelle déplace subtilement le fondement du salut de la volonté de Dieu vers celle de l’homme.

Assurance du salut

L’arminianisme introduit souvent une incertitude quant à la persévérance finale. Le salut peut être perdu par défaillance de la foi.
Foedus affirme au contraire la persévérance des saints : ceux que Dieu a élus, appelés et justifiés, il les garde jusqu’à la fin.
L’assurance du salut repose non sur la constance humaine, mais sur la fidélité de Dieu.

Conséquences pastorales

Les implications pastorales de l’arminianisme sont réelles :
– accent mis sur la décision initiale,
– répétition des appels à la conversion,
– insécurité spirituelle possible,
– tendance au moralisme ou à l’introspection anxieuse.

La foi réformée confessante cherche au contraire à conduire les croyants à une assurance paisible fondée sur l’œuvre accomplie de Christ.

Ce que Foedus reconnaît

Foedus reconnaît que de nombreux chrétiens arminiens :
– confessent sincèrement Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur,
– proclament l’Évangile avec zèle,
– manifestent une piété authentique.

Ces éléments ne doivent cependant pas masquer les failles doctrinales du système arminien sur la grâce et l’élection.

Position de Foedus

Foedus rejette l’arminianisme comme incompatible avec la sotériologie réformée confessante.
Nous affirmons la souveraineté absolue de la grâce, l’élection inconditionnelle, l’efficacité réelle de l’appel divin et la persévérance des saints.
Nous croyons que cette doctrine ne détruit ni la responsabilité humaine ni l’appel à la foi, mais les fonde solidement.

Finalité

Cette position vise à préserver la gloire de Dieu dans le salut, la certitude de l’Évangile et la consolation des croyants. Elle appelle à recevoir la grâce non comme une possibilité offerte à la liberté humaine, mais comme une œuvre souveraine qui sauve réellement et pleinement.


En complément :
– une table comparative : calvinisme réformé / arminianisme,
– une FAQ « élection, grâce et liberté »,
– une fiche pastorale sur l’assurance du salut.