La laïcité est souvent présentée comme une évidence républicaine neutre, alors qu’elle recouvre en réalité des conceptions très différentes et parfois contradictoires. Entre principe de non-confessionnalité de l’État et idéologie d’exclusion du religieux, la confusion est devenue structurelle. Foedus adopte une position claire, réformée confessante et politiquement responsable : nous affirmons une laïcité authentique, ordonnée à la liberté de conscience et au bien commun, et rejetons le laïcisme comme idéologie de substitution.
Clarification préalable
Foedus distingue rigoureusement :
– la laïcité comme principe politique de non-confessionnalité de l’État,
– le laïcisme comme idéologie visant à exclure toute référence religieuse ou morale transcendante de l’espace public.
Cette distinction est décisive. La première est légitime ; le second est une vision du monde concurrente des religions.
Laïcité et non-confessionnalité de l’État
Foedus affirme qu’un État non confessionnel est compatible avec la foi chrétienne.
L’État n’a pas pour mission de proclamer un credo religieux, ni d’administrer le salut.
Cette distinction entre Église et État est profondément biblique et héritée de la tradition réformée.
La laïcité, comprise ainsi, protège :
– la liberté de conscience,
– le pluralisme religieux,
– l’autonomie des institutions civiles.
Refus de la neutralité morale
Foedus rejette l’idée selon laquelle la laïcité impliquerait une neutralité morale ou axiologique.
Aucune société ne légitime ses lois sans référence à des valeurs substantielles : dignité humaine, justice, liberté, égalité, responsabilité.
Exclure toute référence morale transcendante ne rend pas l’État neutre ; cela impose une morale implicite, souvent individualiste, utilitariste ou matérialiste.
Laïcisme : une idéologie
Le laïcisme ne se contente pas de séparer l’Église et l’État ; il cherche à :
– reléguer la foi dans la sphère strictement privée,
– disqualifier toute argumentation morale fondée sur la religion,
– redéfinir la liberté comme affranchissement de toute transcendance.
Foedus considère le laïcisme comme une idéologie concurrente, dotée de ses dogmes, de ses tabous et de ses sanctions symboliques.
Laïcité et liberté de conscience
La liberté de conscience inclut :
– la liberté de croire ou de ne pas croire,
– la liberté d’exprimer ses convictions dans le débat public,
– la liberté de vivre selon sa conscience, dans le respect de l’ordre civil.
Une laïcité qui restreint l’expression publique des convictions religieuses cesse de protéger la liberté ; elle la réduit.
Laïcité et loi morale
Foedus affirme que la loi civile doit être éclairée par une conception objective du bien et du mal.
La loi morale de Dieu, notamment exprimée dans le Décalogue, offre une sagesse universelle pour penser la justice, la responsabilité et la protection des plus faibles.
Cela n’implique ni théocratie ni coercition religieuse, mais le refus d’un positivisme juridique coupé de toute transcendance.
Laïcité et pluralisme
Une société pluraliste n’exige pas le silence des convictions, mais leur confrontation pacifique et rationnelle.
Interdire toute référence religieuse dans l’espace public revient à fausser le débat en faveur d’une vision du monde particulière.
La vraie laïcité organise le pluralisme ; le laïcisme le neutralise par exclusion.
Perspective réformée
Dans la ligne de la tradition réformée, et notamment de Pierre Courthial, Foedus affirme que :
– Dieu est Seigneur de toute la réalité,
– l’État est une institution légitime mais relative,
– la loi humaine doit rendre compte d’une justice qui la dépasse.
Cette vision protège à la fois contre la sacralisation du politique et contre son absolutisation.
Laïcité et mission de l’Église
L’Église n’a pas vocation à gouverner, mais elle ne peut se taire lorsque l’ordre civil viole gravement la loi morale ou la dignité humaine.
Le silence ecclésial au nom de la laïcité est une abdication, non une vertu.
Parler publiquement n’est pas dominer ; c’est assumer une responsabilité prophétique.
Position de Foedus
Foedus affirme :
– une laïcité de non-confessionnalité respectueuse de la liberté religieuse,
– le rejet du laïcisme comme idéologie excluante,
– la légitimité d’une référence morale transcendante dans le débat public,
– la distinction claire entre Église et État sans séparation de la foi et de la vie.
Nous refusons à la fois la théocratie et l’effacement du christianisme de la cité.
Finalité
Cette position vise à restaurer une compréhension honnête et féconde de la laïcité. Elle cherche à protéger la liberté de conscience, la justice et le pluralisme réel, convaincue qu’une société qui coupe durablement ses lois de toute transcendance finit par perdre le sens même du juste et de l’humain.
En complément :– une table comparative : laïcité / laïcisme / théocratie, – une FAQ « laïcité et foi chrétienne », – ou une page « Pourquoi la neutralité morale de l’État est un mythe », très percutante pour aujourd’hui.
