Le capitalisme n’est ni un dogme religieux, ni une fatalité historique. Il est un système économique parmi d’autres, porteur de capacités réelles mais aussi de dérives profondes. La foi chrétienne ne sacralise aucun système économique, mais elle offre des critères moraux pour en discerner la légitimité, les limites et les corrections nécessaires. Foedus adopte une position critique, réformée confessante et non idéologique à l’égard du capitalisme.
Clarification préalable
Foedus distingue :
– le capitalisme comme système d’organisation économique fondé sur la propriété privée, l’échange et l’initiative,
– le capitalisme idéologique, qui absolutise le marché, le profit et la croissance comme fins ultimes.
Cette distinction est décisive. Le problème n’est pas l’économie de marché en tant que telle, mais sa transformation en vision totalisante de l’homme et de la société.
Fondements bibliques pertinents
L’Écriture reconnaît :
– la légitimité de la propriété privée,
– la valeur du travail,
– la responsabilité individuelle,
– la liberté relative d’entreprendre,
– l’échange comme réalité normale de la vie sociale.
Mais elle rappelle aussi que toute richesse est reçue en intendance, non possédée en souveraineté absolue.
L’homme n’est pas propriétaire ultime, mais gestionnaire devant Dieu.
Ce que le capitalisme peut permettre
Foedus reconnaît que le capitalisme, dans certaines conditions :
– favorise l’innovation et la créativité,
– permet la sortie de la pauvreté matérielle,
– limite la concentration du pouvoir économique dans l’État,
– respecte mieux la liberté individuelle que les économies centralisées.
À ce titre, il peut être préférable à des systèmes collectivistes qui nient la responsabilité personnelle et conduisent souvent à l’oppression.
Les dérives structurelles du capitalisme
Foedus identifie toutefois des dérives graves lorsque le capitalisme devient idéologique :
– absolutisation du profit,
– réduction de l’homme à un producteur-consommateur,
– marchandisation du corps, du temps et parfois de la vie humaine,
– destruction des solidarités naturelles (famille, communautés),
– domination de la finance déconnectée de l’économie réelle.
Un capitalisme sans limites morales tend à corroder le tissu social.
Capitalisme et anthropologie
Le capitalisme devient problématique lorsqu’il repose sur une anthropologie faussée :
l’homme est alors conçu comme un individu autonome mû par l’intérêt, sans autre finalité que l’accumulation ou la consommation.
La foi chrétienne affirme au contraire que l’homme est :
– une créature responsable,
– un être relationnel,
– appelé à servir Dieu et le prochain.
L’économie doit être ordonnée à l’homme, non l’homme à l’économie.
Justice sociale et responsabilité
Foedus rejette l’opposition simpliste entre marché et justice.
La justice ne consiste pas à abolir toute inégalité, mais à garantir :
– l’équité,
– la protection des plus faibles,
– la proportionnalité des charges et des responsabilités,
– l’accès réel aux biens fondamentaux.
Un système économique qui prospère sur l’exclusion durable ou la précarisation systémique viole la loi morale.
État, marché et régulation
Foedus refuse à la fois :
– le laisser-faire absolu,
– et l’étatisme centralisateur.
L’État a un rôle régalien légitime :
– garantir un cadre juridique juste,
– empêcher les abus manifestes,
– protéger les plus vulnérables,
– préserver les biens communs.
Mais l’État ne doit pas se substituer à l’initiative économique ni étouffer les corps intermédiaires.
Capitalisme et idolâtrie
Le danger spirituel majeur du capitalisme est l’idolâtrie de l’argent.
Lorsque la richesse devient critère de valeur, de réussite ou de dignité, elle se substitue à Dieu comme source de sécurité et de sens.
La foi chrétienne rappelle que l’homme ne vit pas de biens matériels, mais de toute parole qui vient de Dieu.
Contre le capitalisme absolu et contre l’anticapitalisme idéologique
Foedus rejette :
– le capitalisme absolu, qui sacralise le marché,
– l’anticapitalisme idéologique, qui diabolise toute propriété et toute initiative.
Ces deux positions reposent sur des abstractions et ignorent la complexité de la vie sociale réelle.
Position de Foedus
Foedus affirme que :
– l’économie doit être soumise à une norme morale,
– la propriété privée est légitime mais relative,
– le travail et l’échange sont bons,
– le profit n’est pas une fin ultime,
– la solidarité et la justice sont des exigences permanentes.
Nous appelons à une économie ordonnée au bien commun, respectueuse de la dignité humaine et consciente de la chute.
Finalité
Cette position vise à désidéologiser le débat économique. Elle cherche à rappeler que ni le marché ni l’État ne sauvent l’homme, et que toute organisation économique doit être jugée à l’aune de la justice, de la responsabilité et de la vocation humaine devant Dieu.
Complément :
– une table comparative : capitalisme / socialisme / économie biblique,
– une FAQ « argent, richesse et foi chrétienne »,
– ou une page « Travail, propriété et bien commun » pour compléter cet axe.
